Biotechnologie
Une nouvelle étude affirme que l’espérance de vie cessera d’augmenter – Est‑ce vrai ?

Le rêve d’une vie (quasi) éternelle
Le but central de la médecine a toujours été d’augmenter la durée de vie, souvent raccourcie par les accidents ou les maladies, avec un objectif secondaire tout aussi important de préserver la santé dans un sens plus large.
L’idée de l’immortalité m’a toujours fasciné, initialement censée n’être obtenue que dans les mythes, par la volonté des dieux ou des moyens occultes.
Il n’est donc pas surprenant que, lorsque la médecine moderne a commencé à réaliser de véritables miracles, comme guérir des infections mortelles (antibiotiques), prévenir les épidémies (vaccins) ou réaliser des interventions salvatrices telles que la chirurgie cardiaque et les greffes d’organes, on s’attende à ce qu’un jour elle augmente drastiquement la durée de vie humaine au‑delà de ses limites naturelles.
Au cours du XXe siècle, l’espérance de vie à la naissance dans les pays à revenu élevé a augmenté d’environ 30 ans, renforçant l’espoir d’une jeunesse éternelle imminente.
Dans nos mythes modernes issus de la science‑fiction, on s’attend à ce que les traitements de « rajeunissement » ou le génie génétique puissent remodeler radicalement le corps humain et augmenter les durées de vie.
La question est donc de savoir si cette tendance peut se poursuivre et si atteindre 100 ou 150 ans deviendra considéré comme normal à l’avenir.
Pas si vite
Une nouvelle étude, publiée dans Nature Aging, sous le titre « Implausibility of radical life extension in humans in the twenty-first century », pourrait remettre en cause ce scénario optimiste. Les auteurs sont des chercheurs de l’Université de l’Illinois, de l’Université d’Hawaï, de l’Université Harvard et de l’Université de Californie.
Dans cet article, les auteurs analysent des données de 1990 à 2019 relatives au taux de mortalité et à l’espérance de vie. Ils affirment avoir constaté une forte baisse du taux d’amélioration depuis 1990. Cela conduit au fait que la survie jusqu’à 100 ans est peu susceptible de dépasser 15 % pour les femmes et 5 % pour les hommes.
Et pire encore, les chercheurs déclarent que nous ne devrions pas attendre une grande amélioration de l’espérance de vie à l’avenir.
L’exception du XXe siècle
Pendant la majeure partie de l’histoire humaine, l’espérance de vie à la naissance est restée globalement stable, n’augmentant que très lentement d’environ 1 an tous les un ou deux siècles depuis l’époque de l’Empire romain. Mais au XXe siècle, elle a soudainement changé radicalement, avec 3 ans de vie ajoutés par décennie, soit un taux de variation annuel de 0,3 an, phénomène décrit comme « extension radicale de la vie ».
Si l’amélioration de la technologie médicale est souvent créditée pour cela, un autre facteur peut‑être encore plus important a été une meilleure assainissement et santé publique, comme le traitement de l’eau, l’approvisionnement alimentaire propre et les hôpitaux publics.
Une hausse globale de la prospérité liée à la Révolution industrielle a également conduit à une meilleure nutrition, de meilleures conditions de travail, des habitations et transports plus sûrs, et des corps globalement en meilleure forme qu’auparavant.
Taux décroissants
Au cours des dernières décennies, le taux de changement de l’espérance de vie a commencé à ralentir, se rapprochant d’un taux beaucoup plus lent de 0,2, et continue de baisser ces dernières années vers seulement 1 an chaque décennie.
Le déclin le plus prononcé a été observé aux États‑Unis en raison d’une mortalité croissante chez les personnes d’âge moyen de 2010 à 2019 (prise de poids, liée au diabète et à l’insuffisance cardiaque, ainsi que la consommation de drogues, sont probablement en cause) et du Covid‑19 en 2020.

Source: Nature
Un autre phénomène, davantage d’ordre statistique, consiste à ralentir le taux de progrès dès le départ. La plupart des faibles niveaux d’espérance de vie étaient dus à la mort d’enfants en bas âge.
Cela signifie qu’un tel décès évité a un impact mathématique énorme sur l’espérance de vie moyenne (ajoutant des décennies de vie à un individu) comparé à l’augmentation de quelques années de vie d’une personne âgée.
Ainsi, plus le temps passe, plus une réduction majeure des décès toutes causes confondues est nécessaire pour améliorer l’espérance de vie moyenne globale. Donc, bien que cela puisse être très impactant au niveau individuel, cela se montre beaucoup moins lorsqu’on regarde l’espérance de vie moyenne nationale.

Source: Nature
Est‑ce encore possible ?
Cet effet statistique, combiné à une amélioration limitée des taux de survie au‑delà de 80‑100 ans, rend une augmentation radicale de l’espérance de vie à l’avenir très difficile, du moins pour les pays développés.
« Si l’espérance de vie à la naissance devait hypothétiquement atteindre 110 ans, les taux de mortalité à tous les âges, toutes causes confondues, jusqu’à 150 ans (par exemple, des décennies au‑delà de la distribution de survie observée chez les humains) devraient être 88 % plus bas que le taux de mortalité observé à 109 ans au Japon en 2019. »
Ainsi, éliminer la plupart des causes de décès aujourd’hui représente un défi sérieux pour la médecine moderne.
« Atteindre une espérance de vie à la naissance de 110 ans à tout moment dans le futur nécessite que 70 % des femmes survivent jusqu’à 100 ans. »
Cela montre également que pour augmenter l’espérance de vie, une approche radicalement différente est requise par rapport à auparavant.
Les progrès précédents ont été réalisés en supprimant les décès « prématurés » dus aux maladies infectieuses et aux accidents évitables. De nouveaux progrès devront être réalisés en combattant le vieillissement lui‑même.
Que peut‑on encore faire ?
Cette analyse statistique prouve‑t‑elle que l’espérance de vie est condamnée à stagner à partir de maintenant, à peine améliorée ?
Seulement si nous ignorons le développement radical très réel de la biotechnologie des dernières années. Nous avons déjà exploré cela dans « Aging is a Part of Life—That Doesn’t Mean We Can’t Put Up a Fight ». Et il existe plus d’une révolution médicale prometteuse à l’horizon ou déjà en cours.
Thérapies par cellules souches
Au cœur de la plupart des maladies liées au vieillissement et du décès se trouve la lente détérioration des tissus, entraînée par le vieillissement des cellules du corps.
Nous savons pertinemment qu’une cellule « vieille » peut redevenir jeune d’un point de vue métabolique et génétique. C’est en fait un phénomène qui se produit à chaque génération, la première cellule des nouveaux embryons étant « réinitialisée » en ce qui concerne le vieillissement.
C’est également ce que les chercheurs et les médecins font lorsqu’ils produisent des cellules souches à partir de tissus existants.
Une gamme croissante de thérapies utilise cette même technique pour guérir des maladies. Cela inclut, par exemple le diabète, l’insuffisance cardiaque et rénale, et même le cancer. Vous pouvez en savoir plus sur les entreprises qui poussent cette technologie dans « 5 Best Stem Cell Companies to Invest In ».
Génie génétique
Il existe un argument selon lequel le vieillissement est quelque chose qui a évolué plutôt que d’être simplement un sous‑produit des dommages accumulés (la théorie de l’évolvabilité, contrairement aux autres théories sur l’évolution du vieillissement).
Dans ce contexte, le vieillissement est perçu comme un mécanisme sélectionné par l’évolution. Et si tel est le cas, c’est un mécanisme qui pourrait être désactivé, une idée qui a gagné en popularité au cours des 10 dernières années.

Source: Nature.com
Réduire ou potentiellement annuler complètement le programme génétique du vieillissement pourrait être réalisé par quelques méthodes que nous comprenons déjà partiellement :
- Le rajeunissement épigénétique ramène l’ADN de la cellule à son état « jeune ».
- La réinitialisation des télomères, annulant l’effet du vieillissement sur la structure des chromosomes.
- La suppression et/ou le silençage des gènes liés au vieillissement, principalement via la technologie CRISPR.
En ce qui concerne la modification génétique des personnes pour la longévité, le seuil d’autorisation par la FDA sera probablement très élevé. Pour l’instant, seules les maladies mortelles dues à des gènes déficients ont été autorisées pour une thérapie génique basée sur CRISPR.
Ainsi, cela pourrait ne pas être seulement une tâche techniquement difficile mais aussi une qui devra faire face à un environnement réglementaire complexe et exigeant.
Neurobiologie
Il semble que même lorsque le corps résiste, notre cerveau souffre du vieillissement au‑delà d’un certain point. À mesure que la population vieillit, des maladies comme la démence ou la maladie d’Alzheimer deviennent plus répandues.
Nous ne pouvons qu’imaginer qu’une espérance de vie beaucoup plus élevée entraînerait un problème encore plus important concernant le déclin cognitif. Ainsi, de meilleurs traitements seront nécessaires.
(Nous avons discuté dans « The Next Blockbuster Therapies: Curing Neurological Disorders» quelles technologies et entreprises associées pourraient aider)
IA
L’IA est désormais le principal centre d’intérêt du monde technologique, avec des centaines de milliards de dollars d’investissements. Et cela est maintenant reconnu par 2 des 3 prix Nobel STEM en 2024.
Elle pourrait également avoir un impact considérable sur la biotechnologie, et donc sur le vieillissement. Un rôle majeur sera de gérer le flot de données créé par les nouvelles techniques multi‑omiques qui nous offrent de nouvelles perspectives sur le fonctionnement des cellules vivantes.
Plus directement, par exemple, l’IA pourrait prédire la maladie d’Alzheimer, aidant à démarrer les traitements tôt. L’IA pourrait également être profondément intégrée dans les interfaces cerveau‑ordinateur, aidant à atténuer les affections neurologiques comme la maladie de Parkinson.
Investir dans la longévité
La longévité est pour l’instant un marché à peine émergent, principalement touché par des thérapies dans d’autres domaines biotechnologiques, comme les thérapies contre le cancer, la recherche sur les cellules souches, etc.
Cela reste néanmoins peut‑être le produit biotechnologique/pharmaceutique ultime, avec pratiquement tout le monde sur Terre comme consommateur potentiel, au moins pendant des décennies jusqu’à ce que tout le monde puisse être génétiquement modifié dès la naissance pour en bénéficier.
Vous pouvez investir dans des entreprises liées à la longévité via de nombreux courtiers, et vous trouverez ici, sur securities.io, nos recommandations pour les meilleurs courtiers aux États‑Unis, Canada, Australie, Royaume‑Uni, ainsi que de nombreux autres pays.
Si vous n’êtes pas intéressé à choisir des entreprises de longévité, vous pouvez également regarder les ETF tels que Global X Aging Population ETF (AGNG), ARK Genomic Revolution ETF (ARKG), ou Vanguard Health Care ETF (VHT) qui offriront une exposition plus diversifiée afin de capitaliser sur l’industrie croissante de la longévité via les soins de santé et la biotechnologie.
Ou vous pouvez consulter notre article sur le « Top 5 Companies Offering Solutions to Increased Human Longevity ».
Entreprise de longévité
Longeveron
LGVN Graphique du prix
LGVN Graphique du prix
Longeveron travaille sur les thérapies cellulaires pour réparer les tissus endommagés, les maladies dégénératives et les effets du vieillissement.
Sa principale technologie est Lomecel‑B™. Ce sont des cellules prélevées sur la moelle osseuse de donneurs, sélectionnées, puis produites en masse. Ce sont des cellules multipotentes appelées cellules signalantes médicinales (MSC) avec la capacité de réparer les tissus endommagés et/ou inflammés.

Source : Longeveron
Le pipeline de l’entreprise se concentre sur 3 applications différentes pour Lomecel‑B :
- Hypoplastic Left Heart Syndrome (HLHS), un défaut congénital de naissance.
- Maladie d’Alzheimer.
- Fragilité liée au vieillissement, un état pro‑inflammatoire chronique de bas niveau distinct des effets normaux du vieillissement.
Les premiers résultats d’essais cliniques semblent indiquer une augmentation du taux de survie pour le HLHS, une amélioration dose‑dépendante de la fragilité liée au vieillissement, ainsi qu’une amélioration de la cognition et de la qualité de vie chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer.
Lomecel est une méthode basée sur les cellules souches visant à inverser le vieillissement ou à régénérer les tissus endommagés. Cette approche semble réussie et montre que le vieillissement pourrait être au moins partiellement corrigé par le remplacement des cellules endommagées par des cellules souches « fraîches ».
Et contrairement à une focalisation exclusive sur l’augmentation de la longévité ou la thérapie génique, les maladies ciblées par Longeveron sont susceptibles d’intéresser fortement la FDA, ce qui pourrait faciliter l’obtention d’une autorisation finale à l’avenir.











