Réglementation

Les commissions républicaines de la Chambre des représentants envisagent une refonte du marché des actifs numériques dans un nouveau projet de loi de surveillance

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Un groupe de républicains de la Chambre des représentants des États‑Unis a officiellement présenté jeudi un projet de loi de surveillance des cryptomonnaies destiné à apporter plus de clarté au secteur des actifs numériques en matière de protection des investisseurs. La soumission de 212 pages, dont le projet avait été présenté le mois dernier, vise à établir un cadre réglementaire guidant l’enregistrement provisoire des entreprises de cryptomonnaies auprès des autorités compétentes.

Modifications de la version préliminaire de juin

La version mise à jour est restée concentrée sur les rôles réglementaires de la Securities and Exchange Commission (SEC) et de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC). Elle proposait que la SEC et la CFTC détiennent des pouvoirs conjoints d’élaboration de règles, c’est‑à‑dire formuler et publier des règles relatives aux actifs numériques qui guident les entités exploitant des plateformes de négociation. La première autorité se concentrera sur les titres liés aux actifs numériques, tandis que les marchés de matières premières numériques tels que les bourses et les courtiers‑déposants seront placés sous la supervision de la seconde.

Le projet de loi a également défini un nouveau régime de divulgation pour les émetteurs d’actifs numériques ainsi qu’un processus d’orientation clair pour les actifs numériques qui commencent comme titres mais évoluent en matières premières.

« Actuellement, ni la CFTC ni la SEC n’ont l’autorité d’enregistrer et de réguler les entités engagées dans des transactions au comptant d’actifs numériques qui ne sont pas des titres, ou de matières premières numériques. La CFTC ne dispose que du pouvoir de poursuivre ces entités si elle estime que l’entité a commis une fraude ou une manipulation liée à une transaction au comptant d’actif numérique non titrisé, ou de matière première numérique, » ont justifié les républicains de la Chambre dans le document explicatif.

Les commissions des Services financiers et de l’Agriculture de la Chambre devraient délibérer sur le projet de loi la semaine prochaine et décider de son avancement vers le vote en séance plénière. La commission des Services financiers sera la première à se prononcer mercredi, tandis que la commission de l’Agriculture débatera de son champ d’application le lendemain. Malgré les recommandations pour une surveillance conjointe du secteur où la SEC et la CFTC ont des compétences indépendantes, le projet de loi devrait rencontrer une opposition au Congrès.

Les démocrates de la Chambre ont, par le passé, demandé que la SEC dispose d’une autorité plus étendue que celle prévue par le projet de loi de jeudi. Il convient de noter que les dernières initiatives républicaines s’alignent sur le Responsible Financial Innovation Act (RFIA) bipartite, dont la proposition a été soumise au Sénat mercredi dernier.

Le gouvernement britannique ne prévoit pas de réglementer les cryptomonnaies comme des jeux d’argent, avertit d’un désalignement

Parallèlement au Royaume‑Uni, le ministère des Finances a rejeté une proposition introduite en mai, visant à réglementer les activités de négociation de cryptomonnaies comme des jeux d’argent.

Le secrétaire économique du Trésor britannique, Andrew Griffith, a exprimé son désaccord avec la recommandation de « les activités de trading et d’investissement de détail dans des actifs cryptographiques non adossés comme des jeux d’argent plutôt que comme un service financier » présentée par le comité sélectif du Trésor du Parlement. Le comité avait précédemment suggéré en mai que des actifs tels que le Bitcoin et l’Ether sont des actifs non adossés dépourvus de valeur intrinsèque et comportent des risques importants pour le public.

Considérer l’activité de trading de cryptomonnaies comme du jeu d’argent, a déclaré Griffiths, est en contradiction avec les orientations existantes des organismes de normalisation mondiaux et de l’Union européenne. En octobre dernier, le UK Financial Stability Board a publié des lignes directrices pour la régulation du secteur des actifs numériques dans un document consultatif et a récemment détaillé d’autres normes. Par ailleurs, l’International Organization of Securities Commissions (IOSCO) a présenté en mai le premier ensemble de règles au monde pour le secteur des cryptomonnaies.

Le secrétaire économique a également souligné que réglementer l’industrie sous l’égide du jeu d’argent ne traite pas de manière exhaustive les risques tels que manipulation de marché, dispositifs prudentiels inadéquats et lacunes dans les pratiques de gestion des risques financiers fondamentaux.

Après l’approbation du mois dernier par la Chambre haute du Parlement britannique, le roi Charles a donné son assentiment à un projet de loi intégrant les cryptomonnaies et les stablecoins dans le champ des règles de paiement fin juin. La Financial Services and Markets Bill Act donne aux régulateurs les moyens d’exercer une surveillance sur les actifs numériques et d’autres systèmes financiers. Ce texte législatif majeur a connu des amendements lors de son examen au Parlement – notamment des dispositions visant à considérer les cryptomonnaies comme une activité réglementée et à superviser les publicités des fournisseurs locaux de services cryptographiques.

Cette semaine, la Financial Conduct Authority du Royaume‑Uni a indiqué qu’elle prévoit d’élaborer les exigences prudentielles pour les entreprises de cryptomonnaies. Le régulateur a indiqué dans son rapport annuel publié jeudi qu’il consultera sur les règles après avoir reçu le feu vert du Trésor et du Parlement pour les mettre en œuvre.

Sam est un spécialiste de contenu financier avec un intérêt aigu pour l'espace blockchain. Il a travaillé avec plusieurs entreprises et médias dans les domaines de la finance et de la cybersécurité.