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La préparation technologique pourrait remodeler les rendements des marchés émergents

Historiquement, la croissance économique des marchés émergents a été liée aux investissements étrangers qui stimulent la productivité de ces pays en apportant usines, meilleures pratiques commerciales et modernisation globale.
Cela a constitué une force majeure du développement dans les marchés émergents et pour l’économie mondiale, et de plus en plus de pays s’industrialissent, l’exemple le plus impressionnant étant la Chine, qui est passée en quelques générations d’une économie agraire à un leader mondial de la technologie et de la fabrication.
Cependant, les résultats ne sont pas toujours aussi simples.
Les bénéfices des investissements étrangers dépendent de la présence, dans le pays hôte, d’infrastructures, d’une main‑d’œuvre qualifiée, d’une capacité nationale de R&D et de financement suffisants pour absorber la technologie importée.
Ce facteur peut être synthétisé sous le terme de « préparation technologique ».
Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Nottingham Malaysia, de l’Université islamique internationale de Malaisie, de l’Université de Bahreïn et de l’Université Katip Çelebi (Turquie) examine l’effet de la préparation technologique sur la croissance économique durable issue des investissements étrangers.
Ils ont constaté que les effets des investissements étrangers sont modulés par la préparation technologique, et que leurs effets de débordement varient selon le niveau de revenu. Parmi de nombreux facteurs, la préparation en R&D est le principal catalyseur pour améliorer les rendements des investissements étrangers.
Ils ont publié leurs résultats dans *International Review of Economics & Finance*1, sous le titre « Towards sustainable economic growth: The role of Technology Readiness and Foreign Direct Investment ».
La question du développement durable
PIB & IDE
Le PIB (Produit Intérieur Brut) est de plus en plus considéré comme une mesure inadéquate du développement, car il ne tient pas compte du capital invisible (humain, connaissances) et peut être trompeur lorsqu’il compte des activités de développement qui sont finalement polluantes ou destructrices, et donc non durables à long terme.
En conséquence, une compréhension plus approfondie des facteurs menant à une croissance économique durable est nécessaire. Cela intéresse bien sûr les décideurs, mais aussi les investisseurs, qui souhaitent évaluer correctement les perspectives économiques d’un pays ou d’une région sur un horizon de 5 à 10 ans.
Une raison clé du sous‑développement a été le manque d’accès à la technologie permettant des gains de productivité. Il est donc logique que les investissements directs étrangers (IDE), qui jouent un rôle particulièrement important dans le comblement du fossé technologique entre économies avancées et économies en développement, constituent un facteur majeur de croissance économique dans les économies en développement.
« Les IDE sont définis comme un investissement transfrontalier dans lequel une entité résidente d’une économie acquiert un intérêt durable et un degré d’influence significatif sur une entreprise résidente d’une autre économie. »
Capacité d’absorption & préparation technologique
Mais bien sûr, les investissements étrangers ne sont productifs que dans la mesure où l’économie locale peut les exploiter. Les ressources naturelles, les sources d’énergie disponibles, la main‑d’œuvre et les infrastructures sont toutes nécessaires à la productivité de l’investissement. L’ensemble de ces éléments peut être décrit comme la « capacité d’absorption » de l’économie qui reçoit les IDE.
Lorsqu’il s’agit de transfert de technologie, un concept plus efficace est la préparation technologique. Elle évalue si un pays possède les infrastructures, le capital humain, l’écosystème d’innovation, la base industrielle et les systèmes financiers nécessaires pour gérer l’absorption de nouvelles technologies.
C’est pourquoi l’Indice de préparation technologique de l’UNCTAD a été créé. Il couvre cinq composantes théoriquement fondées et empiriquement distinctes :
- Déploiement des TIC.
- Développement des compétences.
- Activité de R&D.
- Fabrication de haute technologie et prestation de services numériques.
- Accès au financement.
Évaluation de la préparation technologique
Collecte des données
Les chercheurs ont utilisé la base de données des pays répertoriés dans le Frontier Technology Readiness Index, élaboré par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), puis l’ont subdivisée selon les niveaux de revenu définis par la Global Financial Development Database (GFDD). Cela couvre la période 2009‑2019 pour 154 pays.
L’efficacité technique a été estimée à l’aide de l’Indice de productivité Malmquist (MPI) comme indicateur de durabilité économique.
D’autres données ont également été intégrées à l’étude :
- L’inflation d’un pays a été mesurée par le logarithme de l’indice des prix à la consommation.
- L’ouverture commerciale a été mesurée par le ratio de la somme des exportations et importations au PIB.
- L’Indice de développement humain, issu du Human Development Report, représente la qualité et la disponibilité du capital humain.
- Le contrôle du niveau de corruption, car une corruption moindre réduit le coût de faire des affaires dans le pays.
Effets des IDE
Le premier résultat de l’étude montre que les IDE étaient négativement associés à l’efficacité globale sur l’échantillon complet.
Ainsi, les flux de capitaux et de main‑d’œuvre liés aux IDE ne génèrent pas automatiquement un PIB réel plus élevé. Cela suggère également que de nombreuses économies hôtes sont inefficaces pour exploiter les IDE et les économies d’échelle qui les accompagnent afin de stimuler la croissance.
Cela confirme des études antérieures indiquant que les IDE, en eux‑mêmes, tendent à approfondir la dépendance économique, politique et sociale, entraînant finalement des effets de débordement négatifs.
Cependant, la préparation technologique atténue l’impact négatif des IDE sur l’efficacité globale dans les pays hôtes.
Ainsi, bien que l’effet moyen des IDE soit mitigé, ils sont plus susceptibles d’améliorer l’efficacité globale dans les pays disposant de fortes capacités d’absorption.
« Par conséquent, ils peuvent tirer parti des IDE de multinationales (MNC) pour progresser vers une frontière technologique supérieure. Ce dynamisme soutient une innovation et une invention accrues, toutes deux essentielles au maintien d’une croissance économique à long terme. »
Quelle partie de la préparation technologique est importante ?
Le premier constat de l’étude est que la préparation industrielle n’a pas modéré de façon significative la relation entre les IDE et l’efficacité économique sur l’échantillon complet. Les chercheurs estiment que cela pourrait être dû au fait qu’un horizon temporel plus long est souvent nécessaire pour observer des résultats mesurables, les entreprises locales devant d’abord acquérir, assimiler et mettre en œuvre les technologies concernées.
Un autre résultat important est que le facteur clé permettant à la préparation technologique de transformer les IDE en un gain d’efficacité est l’activité locale de R&D. Cet effet modérateur est plus prononcé dans les pays à revenu moyen‑bas qu’en ceux à revenu faible.
« La préparation en termes d’activité domestique de R&D facilite l’apprentissage et l’absorption des connaissances provenant d’entreprises étrangères en amont et constitue ainsi une condition seuil cruciale pour traduire les flux d’IDE en amélioration de l’efficacité économique. »
Un autre facteur est la disponibilité du financement, car les fonds disponibles facilitent l’absorption, l’adaptation et l’adoption des technologies étrangères par les entreprises et les talents locaux.
L’infrastructure TIC a également renforcé la relation entre les IDE et l’efficacité économique. Son importance variait selon le groupe de revenu, renforçant la conclusion générale qu’aucune composante unique de la préparation technologique n’agit de façon indépendante.
Le revenu des pays compte
L’étude a également constaté que les IDE ont globalement le moindre impact positif dans le groupe des pays à revenu le plus bas. Cela concorde avec la littérature antérieure, qui postule qu’un seuil minimum de développement technologique et institutionnel est requis avant que les pays puissent pleinement bénéficier des IDE.
Il est intéressant de noter que l’effet des IDE varie de modéré à faible pour les pays à revenu moyen‑haut. Dans ce cas, une grande partie du transfert technologique de base et de la diffusion des connaissances provenant des investisseurs étrangers a probablement déjà eu lieu, de sorte que le bénéfice additionnel des nouveaux flux d’IDE est moindre.
Ce constat montre que le bénéfice le plus fort des IDE se concentre sur les pays à revenu moyen‑bas, surtout s’ils disposent des ressources financières, des compétences et de la capacité de R&D nécessaires pour exploiter l’accès aux nouvelles technologies.
Une situation intéressante concerne les pays à revenu élevé. Ceux‑ci tendent également à neutraliser presque complètement l’effet négatif des IDE sur l’efficacité. Dans ce cas, des bases technologiques et institutionnelles plus solides sont les facteurs les plus déterminants.
Un autre élément à prendre en compte est que les IDE vers les pays « riches » ont tendance à combler une lacune locale en capacité technologique et ne sont généralement pas motivés par la recherche de main‑d’œuvre ou d’énergie moins coûteuses. Ainsi, ces IDE se traduiront probablement directement par une production locale accrue et l’acquisition de nouvelles capacités technologiques.
Enseignements pour les investisseurs
Peut‑être l’information la plus importante de cette étude pour les investisseurs est que les IDE n’aident pas toujours la productivité ou l’efficacité d’un pays. S’ils sont mal gérés, ils peuvent même avoir des effets globaux négatifs. Les investisseurs ne doivent donc pas juger les engagements d’investissement uniquement à la lumière de leur valeur monétaire.
Un autre point crucial est que les pays à revenu faible sont les moins capables d’intégrer des technologies complexes. Dans ce cas, les IDE orientés vers des processus plus simples sont plus susceptibles de produire des résultats positifs.
Une approche plus affinée consistera à examiner les dépenses de R&D du pays, car c’est le facteur déterminant pour amplifier les effets positifs des IDE. L’accès au financement disponible, ainsi que l’infrastructure informatique, seront également déterminants. Paradoxalement, la capacité industrielle existante n’est pas un facteur majeur.
Ainsi, lors d’une analyse macroéconomique et de l’identification de pays ou de régions prometteurs, les investisseurs doivent examiner les IDE sous cet angle, en évaluant correctement non seulement la capacité d’un pays à attirer les investissements étrangers, mais aussi s’il possède les bases nécessaires pour les exploiter efficacement.
Investir dans les infrastructures IT & IA
Microsoft Corporation
MSFT Graphique du prix
En tant que leader des logiciels B2B, des infrastructures technologiques et de l’IA, Microsoft (MSFT ) est le type d’entreprise le plus susceptible de bénéficier de la croissance économique mondiale.
C’est également elle-même un moteur majeur d’investissements étrangers, avec d’importantes dépenses destinées à renforcer la capacité technologique à l’étranger. Par exemple, elle a récemment annoncé d’importants investissements dans l’infrastructure IA à travers le monde : $30B au Royaume‑Uni, $15B aux Émirats arabes unis, €4B en Allemagne et $1,7B en Indonésie.
Globalement, l’entreprise vise 50 milliards de dollars d’investissements dans le Sud mondial d’ici la fin de la décennie afin de soutenir l’adoption locale de l’IA. Elle suivra un programme en cinq volets pour stimuler l’impact de l’IA.

Source: Microsoft
Parallèlement, son programme Elevate for Educators en Inde vise à former 2 millions d’enseignants et à équiper 8 millions d’étudiants de compétences IA essentielles.
En plus de ces initiatives, Microsoft a étendu son réseau d’infrastructures cloud Azure locales, de connectivité et de centres de données ainsi que l’IA en général.
Elle a également construit un vaste réseau international de partenariats de recherche, d’écosystèmes développés et d’opérations d’ingénierie locales, agissant à la fois comme IDE direct et comme facilitateur d’autres IDE dans un pays donné.
Enfin, la capacité de cloud computing de l’entreprise permet aux sociétés locales de déployer et de développer des capacités avancées.
Cependant, les investisseurs doivent garder à l’esprit, comme le montre l’étude, que tous les investissements étrangers ne porteront pas leurs fruits, ni pour le pays récepteur ni pour les actionnaires de l’entreprise. Le secteur du numérique et de l’IA est un marché de plus en plus concurrentiel, et les entreprises chinoises s’infiltrent dans les pays les plus pauvres avec des modèles d’IA open source qui pourraient concurrencer efficacement l’approche plus fermée du logiciel et de l’IA des entreprises américaines (à l’exception de Meta).
Néanmoins, ces initiatives devraient aider Microsoft à s’implanter ou à consolider sa présence sur de nouveaux marchés à forte croissance, et à puiser dans les talents mondiaux. Ainsi, Microsoft peut servir d’exemple investissable d’une société associant capitaux étrangers, infrastructures et compétences pour accroître à la fois ses profits et le développement économique.
(Vous pouvez également en savoir plus sur Microsoft dans notre rapport d’investissement dédié à l’entreprise)
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Étude référencée
1. Sok-Gee Chan, et al. Towards sustainable economic growth: The role of Technology Readiness and Foreign Direct Investment. International Review of Economics & Finance. 27 août 2026. Article: 105779. 10.1016/j.iref.2026.105779











