Réglementation
Les échanges centralisés sous une surveillance accrue à l’échelle mondiale alors que les régulateurs enquêtent sur leurs opérations

Les échanges centralisés opérant au sein des pays de manière autonome pourraient bientôt appartenir au passé. Avec l’adoption croissante des actifs numériques par le grand public, la portée et l’influence de ces plateformes n’ont fait que croître au fil du temps, rendant essentiel de garantir aux investisseurs des protections appropriées. Voici quelques développements récents qui le soulignent, alors que les autorités mondiales cherchent à maîtriser les échanges centralisés.
États-Unis
Coinbase en particulier a reçu des assignations de la Securities and Exchange Commission (SEC), demandant une documentation concernant ses “…processus de cotation des actifs, la classification de certains actifs cotés, ses programmes de staking, ainsi que ses produits stablecoin et générateurs de rendement.” Ces assignations ont été confirmées par Coinbase elle‑même dans son rapport trimestriel le plus récent.
Bien que Coinbase indique qu’il est trop tôt pour déterminer quel type d’effet durable cette enquête aura sur ses opérations, certains investisseurs ont déjà commencé à se préparer au pire. Notamment, l’actionnaire de longue date de Coinbase, Ark Investment Management, a récemment réduit son exposition à la société en invoquant l’incertitude de la situation.
Kraken, quant à lui, fait l’objet d’une enquête sur ses propres pratiques, non pas de la part de la SEC, mais du United States Office of Foreign Assets Control (OFAC). Alors que Coinbase fait face à des questions concernant d’éventuelles violations de titres, Kraken ressent la pression en raison de son prétendu service à une clientèle dans des pays sanctionnés par les États‑Unis, tels que l’Iran, la Syrie et Cuba.
Inde
L’échange indien populaire, WazirX, a récemment fait la une lorsque la Directorate of Enforcement (ED) a annoncé qu’elle menait une enquête sur la plateforme concernant un prétendu blanchiment d’argent. L’ED a décidé de geler les actifs de l’échange, invoquant la décision consciente de WazirX de ‘obscurcir la propriété de l’échange crypto’ en donnant des ‘réponses contradictoires et ambiguës pour échapper à la surveillance des autorités de régulation indiennes’. En plus de cette affirmation, l’ED indique que non seulement WazirX n’a pas produit les dossiers appropriés relatifs à ses opérations, mais la société a refusé de fournir les détails KYC de 16 entreprises soupçonnées d’avoir blanchi des fonds via sa plateforme.
Maintenant que le marteau est tombé sur WazirX, il semble que l’ED soit prête à commencer à tenir responsables les échanges similaires opérant dans le pays pour leurs actions passées également. Les médias locaux rapportent que plus de 10 échanges font l’objet d’une enquête pour ne pas avoir respecté les normes AML, entraînant le blanchiment de sommes importantes de capitaux.
Ouzbékistan
Parallèlement en Ouzbékistan, la National Agency of Perspective Projects (NAPP) vient de publier une déclaration indiquant qu’elle interdit aux échanges d’actifs numériques qui n’ont pas satisfait à certaines exigences d’opérer sur son territoire.
À ce jour, les échanges suivants sont confirmés comme étant bloqués.
- Binance
- Bybit
- FTX
- HTX
La NAPP note que seuls les échanges bloqués manquent d’une licence appropriée ; ceux qui souhaitent servir les citoyens de l’Ouzbékistan doivent maintenir leurs opérations/serveurs à l’intérieur de ses frontières. Le temps dira si ces échanges peuvent parvenir à un accord avec la NAPP, ou s’il est plus simple de simplement fermer leurs portes pour le moment dans le pays. Pour l’instant, Binance en particulier indique qu’elle a engagé un dialogue avec la NAPP afin de se conformer.
Canada
Aux États‑Unis, la plateforme d’échange et de prêt en difficulté, Celsius, fait l’objet d’une enquête par divers régulateurs. Ces actions se sont désormais propagées vers le Canada où il est censé que non seulement l’Ontario Securities Commission (OSC) enquête sur Celsius, mais que l’Autorité des marchés financiers (AMF) le fait également.
Avant son effondrement et le dépôt de son dossier de faillite, Celsius maintenait une forte présence au Canada. Cet effondrement a été ressenti par bien plus que des centaines d’utilisateurs de la plateforme, le plus grand gestionnaire de fonds de pension du Québec ayant récemment participé à une levée de fonds de 400 M USD pour la société.
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