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Pourquoi les États‑Unis pourraient avoir beaucoup moins de banques d’ici 2055

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L’agence bancaire traditionnelle n’est pas sur le point de disparaître, mais le système qui la soutient devient plus petit, plus concentré et de plus en plus numérique. Une nouvelle étude1 examinant près de neuf décennies de données bancaires américaines estime que, dans son scénario de base, le pays ne pourrait compter que 1 482 banques et 40 901 agences d’ici 2055.

Cela représenterait un changement frappant par rapport aux environ 4 000 banques et 70 000 agences utilisées comme point de départ de l’étude pour 2025. Pourtant, l’histoire la plus importante n’est pas le nombre exact de bâtiments qui pourraient subsister. C’est la logique économique changeante du secteur bancaire.

Les logiciels permettent aux institutions financières de servir davantage de clients sans maintenir une présence dans chaque communauté. Les grandes banques peuvent répartir les coûts de technologie, de cybersécurité et de conformité sur des bases de dépôts plus larges. Les entreprises fintech peuvent séparer les services individuels, tels que les paiements ou le crédit, du panier bancaire traditionnel. Les stablecoins et la finance décentralisée ajoutent une autre couche potentielle de concurrence.

Ensemble, ces forces suggèrent que l’avenir ne sera pas clairement partagé entre banques et entreprises technologiques. Le secteur bancaire devient lui-même une activité technologique, tandis que les sites physiques passent de simples centres de transaction à des lieux de conseil, de gestion de relations et de décisions financières complexes.

La consolidation bancaire américaine a commencé avant la banque numérique

L’étude, menée par Todd Feldman et Chris Yost‑Bremm, analyse les données de la Federal Deposit Insurance Corporation couvrant la période de 1934 à 2023. Sa tendance la plus persistante est la diminution du nombre d’institutions bancaires.

En 1934, les États‑Unis comptaient environ 14 146 banques et seulement 3 000 agences. En 2009, le nombre de banques était tombé à environ 7 000, tandis que le réseau d’agences s’était étendu à près de 83 000 sites. Moins de banques exploitaient davantage de sites.

Cette distinction est importante car elle empêche la banque numérique de recevoir trop de crédit pour la consolidation. Le nombre d’institutions a commencé à diminuer de façon notable dans les années 1980, bien avant que les smartphones et les plateformes fintech modernes ne deviennent courants. La déréglementation, la bancarisation interétatique, les fusions, les économies d’échelle, les défaillances et la hausse des coûts de conformité ont tous contribué à cette tendance.

Entre 1984 et 2023, le nombre de banques américaines a diminué de 72,16 % alors que le nombre d’agences a augmenté de 68,16 %. Ce n’est que plus tard que les deux indicateurs ont commencé à baisser simultanément. De 2007 à 2023, le nombre de banques a chuté de 45,44 % et les agences ont diminué de 7,93 %.

L’industrie a donc traversé deux transformations distinctes. La première a remplacé de nombreuses banques indépendantes par de plus grands réseaux. La seconde réduit désormais la quantité d’infrastructure physique requise par ces réseaux.

Ce que les scénarios bancaires révèlent

Les chercheurs ont utilisé des simulations de Monte Carlo pour explorer comment le système pourrait évoluer sur 30 ans. Ils ont exécuté 10 000 simulations pour les scénarios conservateur, de base et agressif, en appliquant différents taux de contraction annuels aux banques et aux agences.

Scénario Banques en 2025 Banques en 2055 Agences en 2025 Agences en 2055
Conservateur 4,000 2,180 70,000 54,819
Base 4,000 1,482 70,000 40,901
Agressif 4,000 1,000 70,000 27,874

Ces chiffres sont des scénarios, pas des prévisions. Le cas de base suppose que les banques se contractent à un taux annuel moyen de 3,25 % et les agences de 1,75 %. Le cas agressif porte ces taux à 4,5 % et 3 % respectivement. De petites différences, cumulées sur trois décennies, produisent des résultats très différents.

L’article a également testé la capacité des modèles de tendance historiques à prédire la période 2001‑2023. Le modèle bancaire a produit une erreur moyenne absolue en pourcentage de 17,64 %, tandis que le modèle d’agences a atteint 22,76 %. Cette performance plus faible des agences montre pourquoi les totaux de 2055 ne doivent pas être traités comme des objectifs d’une précision calendaire.

La conclusion utile est directionnelle: à moins que la création de nouvelles banques ne s’accélère ou que les modèles de services physiques ne changent de façon substantielle, les États‑Unis devraient compter moins d’institutions et moins d’agences.

La finance numérique modifie l’économie de la distribution

L’adoption du numérique renforce cette orientation en séparant l’activité financière du lieu physique. L’enquête nationale sur les ménages bancarisés de la FDIC a révélé qu’en 2023, près de la moitié des ménages bancarisés aux États‑Unis accédaient principalement à leurs comptes via la banque mobile. Un client qui dépose des chèques, transfère des fonds, demande un crédit et gère ses investissements à distance a moins de raisons de se rendre au guichet.

Cela ne rend pas les agences inutiles. Cela modifie les activités qui justifient leur coût. Les entreprises à forte intensité de liquidités, les clients plus âgés, les décisions de crédit complexes, la gestion de patrimoine et la banque commerciale basée sur la relation peuvent encore tirer profit d’un accès physique. L’agence du futur fonctionnera donc davantage comme un centre de conseil et d’acquisition que comme un guichet de transactions à fort volume.

Trois capacités deviennent de plus en plus importantes à mesure que cette transition progresse:

  • Plateformes numériques capables d’acquérir et de servir les clients efficacement
  • Sites physiques concentrés sur les marchés où le conseil soutient la croissance
  • Échelle suffisante pour absorber les dépenses de conformité, de sécurité et de technologie

Ce modèle aide à expliquer pourquoi les fermetures et les ouvertures d’agences peuvent se produire simultanément. Le total du secteur peut diminuer tandis que des banques individuelles investissent dans des villes prometteuses, déplacent des bureaux ou remplacent des sites hérités par des formats modernes. Selon une analyse récente, le réseau américain s’est contracté de 14,8 % entre 2017 et 2025, mais le rythme des fermetures d’agences bancaires a commencé à ralentir en 2025.

Les stablecoins élargissent la frontière concurrentielle

L’étude inclut les applications DeFi, la valeur totale verrouillée et la capitalisation boursière de Tether comme indicateurs de la croissance de la finance numérique. Les applications DeFi sont passées de 20 en 2018 à 1 100 en 2024, tandis que la capitalisation boursière de Tether est passée d’environ 2 milliards de dollars à plus de 139 milliards de dollars.

Ces chiffres témoignent de la croissance, mais ils ne prouvent pas que la DeFi ou les stablecoins ont entraîné la disparition des banques ou des agences. L’article évite explicitement d’avancer cette causalité. Ses données sur les actifs numériques couvrent une période bien plus courte que ses données bancaires, et la DeFi reste volatile. La valeur totale verrouillée est passée à 180 milliards de dollars en 2021, est tombée à 40 milliards en 2022, puis s’est redressée à 87 milliards en 2024.

L’interprétation la plus défendable est que les stablecoins élargissent la frontière de la concurrence. Ils peuvent déplacer de la valeur à toute heure, soutenir des transactions programmables et connecter les utilisateurs aux marchés basés sur la blockchain. Securities.io a déjà examiné comment les restrictions de rendement des stablecoins affectent le crédit bancaire, montrant que les décideurs considèrent déjà les dépôts et les dollars numériques comme des parties d’un système de plus en plus interconnecté.

Les banques sont également capables d’adopter l’infrastructure sous‑jacente. Les dépôts tokenisés, le règlement sur blockchain, la garde et les services de stablecoins régulés pourraient permettre aux institutions établies d’intégrer des fonctionnalités développées en dehors du secteur bancaire. Des initiatives récentes impliquant des banques canadiennes adoptant la blockchain montrent que le résultat probable est une convergence plutôt qu’un remplacement complet.

La Banque de Montréal propose aux investisseurs une stratégie bancaire hybride

Pour les investisseurs cherchant à s’exposer à cette transition, la Banque de Montréal offre un exemple pertinent de la façon dont un grand acteur peut combiner l’échelle numérique avec une expansion physique sélective. BMO est cotée à la Bourse de Toronto et à la Bourse de New York sous le symbole BMO.

La banque a considérablement renforcé sa présence aux États‑Unis grâce à l’acquisition en 2023 de Bank of the West. Plus récemment, BMO a annoncé des projets d’ouverture d’environ 150 centres financiers sur cinq ans, dont plus de 130 en Californie. Cette expansion peut d’abord sembler contredire une étude prévoyant moins d’agences. En réalité, elle illustre la réallocation stratégique qui se produit sous les totaux nationaux.

BMO ne cherche pas à recréer le réseau d’agences uniformément réparti d’hier. Elle concentre les investissements physiques sur les marchés en croissance où le conseil local, les relations commerciales et l’acquisition de clients peuvent justifier la dépense, tandis que les canaux numériques gèrent les activités routinières. Cette approche hybride pourrait aider les grandes institutions à gagner des clients même si l’empreinte globale du secteur se contracte.

BMO Graphique du prix

Le cas d’investissement comporte toujours les risques bancaires habituels, notamment les pertes de crédit, la sensibilité aux taux d’intérêt, la réglementation, les coûts d’intégration et la concurrence pour les dépôts. Un nombre décroissant de banques ne garantit pas que chaque grande institution surperforme. L’échelle n’est précieuse que lorsque la direction la transforme en meilleur service, technologie efficace, souscription disciplinée et croissance rentable de la clientèle.

L’avenir de la banque est concentré, pas sans banque

La contribution la plus importante de l’étude n’est pas son estimation précise de 1 482 banques en 2055. C’est la perspective historique montrant que la signification d’une banque peut évoluer même lorsque ses fonctions économiques essentielles demeurent.

Les clients auront toujours besoin de dépôts sécurisés, de création de crédit, de services de paiement et d’expertise financière. Ce qui pourrait disparaître, c’est l’hypothèse selon laquelle chaque service nécessite une institution distincte ou un bâtiment à proximité. La distribution numérique permet à moins d’organisations d’atteindre davantage de personnes, tandis que les sites physiques deviennent des outils ciblés plutôt que des infrastructures par défaut.

Cette transition crée des opportunités pour les entreprises fintech, les réseaux d’actifs numériques, les fournisseurs de technologies bancaires et les institutions établies capables de se moderniser. Elle soulève également des questions de politique publique concernant la concurrence, l’accès rural, la concentration systémique et ce qui se passe lorsqu’un nombre réduit d’institutions dépendantes de la technologie porte une plus grande part du système financier.

Les États‑Unis pourraient effectivement compter beaucoup moins de banques et d’agences d’ici 2055. Les gagnants, cependant, ne seront pas nécessairement les entreprises qui éliminent le plus rapidement la banque physique. Ce seront les institutions qui comprennent quels services appartiennent à un écran, lesquels bénéficient encore d’une relation humaine, et comment unir les deux canaux de manière économique.

Références:

1. Feldman, T., & Yost-Bremm, C. (2026). Finance numérique et l’évolution de la composition des banques. Next Research, 102392. https://doi.org/10.1016/j.nexres.2026.102392

Daniel est un ardent défenseur du potentiel de la blockchain pour perturber la finance traditionnelle. Il a une passion profonde pour la technologie et explore toujours les dernières innovations et gadgets.