Entretiens
Samir Vasavada, cofondateur et PDG de Vise – Série d’interviews

Samir Vasavada est le cofondateur et PDG de Vise, un gestionnaire d’actifs propulsé par la technologie qui utilise l’intelligence artificielle pour aider les conseillers financiers à créer, gérer et expliquer des portefeuilles personnalisés à leurs clients.
Vous avez rencontré votre cofondateur à l’âge de 12 ans, pourriez‑vous partager quelques détails sur ces débuts et quelles ont été les premières applications sur lesquelles vous avez collaboré ?
Il est toujours agréable de se remémorer ces débuts. Lorsque Runik et moi nous sommes rencontrés lors de cours d’été à l’université à l’âge de 12 ans, nous n’étions que deux enfants partageant une passion pour la technologie et une curiosité pour le monde. Nous avons été attirés par l’ambition de l’autre et avons commencé à collaborer sur de petits projets technologiques. L’une de nos premières applications était un jeu simple, et bien qu’elle ne fût en aucun cas révolutionnaire, elle a été notre première expérience de création à partir de zéro. Nous étions conquis.
Après cela, vous avez tous deux commencé à conseiller des institutions financières sur le fonctionnement de l’IA ; comment en êtes‑vous arrivés là et quelles ont été certaines de vos plus grandes leçons tirées de ce chapitre de votre vie ?
Au fil du temps, nos intérêts ont évolué, passant de la simple création d’applications à la recherche d’une nouvelle méthode évolutive pour les développer, et nous avons commencé à percevoir le potentiel de l’IA. Nous étions fascinés par ses capacités et avons plongé profondément dans ses subtilités. Au moment où nous étions en deuxième année de lycée, nous avions acquis une compréhension solide du potentiel de l’IA et avons commencé à conseiller des institutions financières. Ce fut une décision audacieuse, mais nous croyions en la valeur que nous pouvions apporter. La plus grande leçon de ce chapitre ? Restez toujours adaptable. Le monde de la finance est complexe, et l’IA évolue constamment. Nous devions constamment apprendre, itérer et nous adapter pour garantir que nous offrions de la valeur.
Comment êtes‑vous alors passés à la création d’une application logicielle pour les conseillers financiers qui est devenue la première version de Vise ?
Reconnaissant le rôle essentiel des relations dans le conseil, il m’est apparu clairement que le logiciel pouvait approfondir de manière significative l’interaction client‑conseiller. Dans un monde où la personnalisation devient rapidement un pilier de tous les aspects de nos vies, Runik et moi avons perçu un besoin évident de solutions sur‑mesure pendant nos journées de conseil. Cette prise de conscience a donné naissance à l’idée de Vise. En tirant parti de la technologie, nous avons cherché à renforcer la capacité du conseiller à comprendre et à répondre aux besoins individuels des clients, posant ainsi les bases de la première version de Vise. Le parcours, de l’identification de cette lacune à la création d’une solution, a été difficile mais extrêmement gratifiant.
Quelle importance le sentiment du marché et des actions a‑t‑il parmi les points de données analysés pour les ordres d’achat ou de vente ?
Les sentiments à court terme du marché et des actions peuvent influencer la dynamique des prix. Cependant, chez Vise, nous élaborons des stratégies sur le long terme, en envisageant une longévité de portefeuille de 20 à 30 ans alignée sur les objectifs de retraite. En s’inspirant de la perspective de Benjamin Graham, « À court terme, le marché est une machine à voter, mais à long terme, c’est une machine à peser », nous privilégions le choix d’entreprises fondamentalement solides grâce à une recherche détaillée des facteurs. Nous analysons une multitude d’éléments, y compris, mais sans s’y limiter, les actifs d’une entreprise, dûment ajustés pour les aspects intangibles tels que les investissements en recherche et développement et les logiciels, par rapport à la valorisation actuelle de l’entreprise sur le marché.
Vise propose des portefeuilles personnalisés, pouvez‑vous décrire ce que ce terme signifie et pourquoi il est précieux pour les investisseurs ?
Au cœur de ce que Vise propose se trouve la compréhension que l’approche « taille unique » n’est plus viable dans le paysage financier moderne. L’intelligence artificielle alimente la personnalisation dans de nombreux aspects de nos vies, offrant des expériences sur‑mesure dans le commerce électronique, le divertissement et même dans nos commandes quotidiennes de café.
La personnalisation dans l’investissement a déjà connu une croissance incroyable, les plus grands et les plus rapides conseillers étant à l’avant‑garde. Selon Bloomberg, 51 % des clients de conseillers financiers utilisent un modèle personnalisé ou modifié. Cependant, bien que le secteur financier tente de s’adapter, avec des centaines d’ETF créés chaque année pour répondre à ce besoin, il n’atteint toujours pas une véritable personnalisation en raison des limites inhérentes aux approches traditionnelles.
C’est là que la technologie, et plus spécifiquement l’intelligence artificielle, devient un facteur de changement, offrant une solution robuste au dilemme de la personnalisation. Chez Vise, nous avons exploité une technologie d’IA de pointe pour développer une plateforme permettant aux conseillers de s’adapter rapidement et intelligemment aux besoins changeants des clients et aux dynamiques du marché. Ce faisant, nous veillons à ce que les conseillers puissent créer et gérer des portefeuilles véritablement personnalisés, conçus pour dépasser largement ce que les ETF peuvent offrir.
Les portefeuilles personnalisés consistent à élaborer des stratégies d’investissement finement ajustées aux objectifs financiers, à la tolérance au risque et aux préférences de chaque client, offrant un service qui ne se limite pas à la vente de titres et de produits, mais qui trace une voie vers la sécurité et la prospérité financières. La valeur pour les investisseurs peut être immense, se traduisant par des stratégies plus réactives, adaptatives et, en fin de compte, plus efficaces pour répondre à leurs besoins et aspirations individuels.
Pouvez‑vous évoquer certaines des options de personnalisation, comme l’investissement dans des secteurs et sous‑secteurs spécifiques ?
Chez Vise, nous proposons des personnalisations de portefeuille basées sur diverses dimensions, y compris les stratégies fiscales individuelles et les gains en capital actuels afin d’optimiser les avantages fiscaux. Les clients peuvent mettre en avant les entreprises qu’ils souhaitent continuer à investir, permettant ainsi un portefeuille qui reflète leur confiance dans la croissance spécifique de ces sociétés et leurs positions éthiques. Nous pouvons appliquer des restrictions pour éviter une surexposition à certains secteurs ou sous‑secteurs, favorisant ainsi un portefeuille équilibré avec une plus grande résistance à la volatilité du marché. De plus, nous permettons aux clients de composer leurs portefeuilles de manière éthique en leur offrant la possibilité de restreindre les investissements dans les « actions du péché » ou même les entreprises ayant des antécédents de prêts prédateurs. Les conseillers peuvent exploiter leur compréhension des tendances des marchés de capitaux pour créer une stratégie d’allocation d’actifs personnalisée. Enfin, nous facilitons la personnalisation au niveau de la stratégie, englobant des facteurs tels que la tolérance au risque et les objectifs financiers afin de favoriser des portefeuilles réellement alignés sur les besoins individuels des clients.
Quels sont certains des défis liés à l’automatisation de la gestion financière avec l’IA ?
Souvent, les personnes arrivent dans les services financiers avec l’idée de vouloir être disruptives. Cependant, réussir dans la gestion de patrimoine nécessite un équilibre entre la compréhension du secteur et des approches traditionnelles de la gestion de patrimoine d’une part, et les nouvelles idées et technologies d’autre part. Un exemple d’obstacle est la navigation dans le cadre réglementaire, qui n’évolue pas aussi rapidement que la technologie – évidemment pour de bonnes raisons. Chez Vise, nous travaillons dur pour surmonter ces défis, en réunissant le meilleur des deux approches.
Quelle est votre vision pour l’avenir de l’investissement personnalisé avec l’IA ?
Selon nous, le monde de la gestion de patrimoine tend vers un paradigme Wealth 3.0, où la personnalisation à grande échelle n’est plus un avantage mais la norme. Il s’agit d’aller au-delà des solutions « taille unique » et d’offrir des solutions de portefeuille soigneusement élaborées et alimentées par une technologie de pointe. L’IA occupe une place centrale dans cette transition, non seulement comme outil mais comme catalyseur, renforçant la capacité d’offrir un niveau de personnalisation auparavant inimaginable et ce, à une échelle qui répond aux exigences d’un large éventail de clients. L’avenir que nous imaginons chez Vise est celui où l’IA permet aux conseillers financiers de fournir non seulement des solutions personnalisées mais profondément personnelles, en concevant des stratégies aussi uniques que chaque individu, favorisant des relations plus solides et, en fin de compte, obtenant de meilleurs résultats d’investissement.
Merci pour cette excellente interview, les lecteurs qui souhaitent en savoir plus devraient visiter Vise.












