Espace

Mission Artemis II : lancement de la NASA et remise à zéro du programme spatial

mm

Le 1er avril, la mission Artemis II est lancée avec 4 astronautes pour orbiter la Lune pendant 10 jours. Elle fait suite à la mission Artemis I, qui a testé le lanceur SLS (Space Launch System) et le vaisseau spatial Orion, ce qui rend le vol habité sûr.

Artemis II fait partie d’un programme plus vaste qui organise non seulement le retour de l’humanité à la surface de la Lune, mais aussi l’établissement d’une base lunaire permanente avec des astronautes américains (et leurs alliés), cherchant à devancer les plans similaires de la Chine et de la Russie dans ce qui devient une nouvelle course spatiale vers la Lune et Mars.

Cependant, le lancement espéré et la réalisation de la mission Artemis II interviennent quelques jours après que la NASA a annoncé une remise à zéro complète du programme Artemis. Le long programme a été miné par des retards et des dépassements de coûts, et cette réinitialisation vise à résoudre les problèmes accumulés.

Cela fait d’Artemis II une étape essentielle dans ce qui promet de devenir une phase plus transformatrice de l’exploration spatiale, avec une base lunaire plus ambitieuse que prévue initialement, et même des projets de propulsion nucléaire pour explorer Mars à l’avenir.

Aperçu du programme Artemis

Artemis est le programme global de la NASA visant à revenir sur la Lune plus d’un demi‑siècle après la dernière fois qu’un être humain a foulé le satellite de notre planète.

Bien qu’il soit en cours de redéfinition, le concept de base demeure : il s’articule autour de missions successives, chacune repoussant les capacités de la NASA sur la Lune, rétablissant les compétences perdues après 50 ans sans vol lunaire et créant de nouvelles technologies et infrastructures pour une exploration plus avancée que jamais, y compris l’utilisation des ressources locales.

  • Artemis I était essentiellement un test en vol pour vérifier le composant central du lanceur SLS et le véhicule spatial lointain Orion.
  • Artemis II sera le premier vol habité du programme Artemis et préparera le terrain pour les futurs alunissages.
  • Artemis III prévoyait un alunissage habité, mais cela pourrait changer et être reporté à Artemis IV (voir les explications ci‑dessous).
  • Artemis IV & V et les missions ultérieures verront des alunissages habités et l’établissement d’une base lunaire habitée en permanence.
    • Initialement, cela devrait se faire avec une poignée d’astronautes, mais cela pourrait évoluer avec le temps vers une colonie plus grande, plus proche d’une station spatiale en Antarctique que d’une petite mission spatiale.

Artemis II expliqué

Aperçu d’Artemis II

Artemis II était initialement envisagée pour un lancement entre 2019 et 2021, mais les retards massifs du programme global ont rendu cette date irréaliste. Elle a été reprogrammée pour 2023 puis 2025, mais les inquiétudes persistantes concernant le bouclier thermique du vaisseau et le système de survie ont conduit à la décision prudente de reporter le lancement au 1er avril 2026.

Le lancement sera visible depuis la plupart de la Floride, selon les conditions du ciel.

Source: NASA

L’objectif principal d’Artemis II est de valider toutes les fonctions du vaisseau Orion et sa sécurité avec des astronautes à bord, y compris l’interface d’équipage, les systèmes de guidage et de navigation. Orion comprend un système d’abort de lancement qui permettra aux astronautes de retourner sur Terre en cas de problème pendant le vol vers l’orbite du SLS.

Source: NASA

La trajectoire utilisée volera à 4 600 miles (environ 7 400 km) au‑delà de la Lune avant de revenir sur Terre, car ce chemin plus complexe économise du carburant en utilisant la gravité terrestre pour le ramener. Cette trajectoire, bien sûr, donne également à la mission plus de temps pour observer la Lune, tester l’équipement et réaliser des expériences scientifiques.

Les astronautes

La mission Artemis II sera crewée par quatre astronautes aux profils très expérimentés :

  • Reid Wiseman : commandant de la mission, né à Baltimore, vétéran de la Marine depuis 27 ans, pilote, père et ingénieur. Il a précédemment séjourné à bord de l’ISS pendant une mission de 165 jours en 2014.
  • Victor Glover : né en Californie et pilote d’essai sur le F/A‑18, il cumule plus de 3 000 heures de vol sur plus de 40 aéronefs. Il sera le pilote de la mission et a déjà été pilote de la mission Crew‑1 de SpaceX pour l’ISS (expédition 64). Il sera le premier astronaute noir à faire le tour de la Lune.
  • Christina Koch : ingénieure, mission specialist 1 d’Artemis II, née dans le Michigan. Elle est devenue astronaute en 2013 et détient le record du vol spatial féminin le plus long, avec 328 jours à l’ISS. Elle a également participé à la première sortie spatiale entièrement féminine.
  • Jeremy Hansen : Canadien, ancien pilote de chasse, élevé dans une ferme en Ontario. Il a participé à plusieurs expériences simulant des vols de plusieurs jours sous terre et dans un habitat sous‑marin, et est le mission specialist 2 d’Artemis II.

Source: NASA

L’équipage portera de nouveaux combinaisons spatiales, conçues pour résister au niveau de radiation plus élevé de l’environnement cislunaires. Les niveaux d’exposition réels seront testés pendant cette mission et aideront à garantir la sécurité des futures missions plus longues.

Vous pouvez voir le compte à rebours du lancement d’Artemis II dans ces flux en direct de la NASA.

Science d’Artemis II

Santé et radiations

La première partie de l’expérience scientifique menée sur Artemis II portera sur la surveillance avancée de la santé des astronautes, car c’est la distance la plus grande parcourue par un humain depuis la Terre depuis un demi‑siècle.

Cette plus grande distance signifie que les astronautes ne seront plus protégés par la magnétosphère terrestre, le gigantesque champ magnétique qui nous protège des radiations cosmiques et solaires.

Ainsi, six capteurs de radiation à l’intérieur d’Orion, collectivement appelés Hybrid Electronic Radiation Assessors et fabriqués en Tchéquie, sont l’un des aspects les plus importants de la mission, les données recueillies étant essentielles pour estimer les risques de futures missions plus longues, y compris les séjours sur la surface lunaire.

La détection des radiations sera également améliorée par rapport aux résultats préliminaires d’Artemis I, grâce à une mise à jour du capteur allemand modèle M‑42, qui offre six fois plus de résolution pour distinguer les différents types d’énergie.

« Ensemble, ces études permettront aux scientifiques de mieux comprendre le fonctionnement du système immunitaire dans l’espace lointain, d’en apprendre davantage sur le bien‑être global des astronautes avant une mission vers Mars, et d’aider les chercheurs à développer des moyens d’assurer la santé et le succès des membres d’équipage. »
Steven Platts, scientifique en chef de la recherche humaine à la NASA

Le bien‑être, l’activité, les cycles de sommeil et les interactions des astronautes seront surveillés par les dispositifs portables ARCHeR (Artemis Research for Crew Health and Readiness). Des évaluations psychologiques, ainsi que des tests des mouvements de la tête, des yeux et du corps, feront également partie de l’analyse.

Des biomarqueurs immunitaires dans le sang et la salive seront régulièrement prélevés chez les quatre astronautes tout au long de la mission. Notamment, cette étude examinera comment les virus dormants se réactivent dans le corps des astronautes en espace, un problème connu pour les vols de longue durée et une préoccupation pour la colonisation spatiale à long terme.

Enfin, Artemis II transportera AVATAR (A Virtual Astronaut Tissue Analog Response), un dispositif « organ‑on‑a‑chip ». De la taille d’une clé USB, il imite le fonctionnement de tissus tels que le cerveau, le cœur, le foie ou des dizaines d’autres organes. Il aidera à étudier les effets d’une radiation accrue et de la microgravité sur les tissus humains.

Observation lunaire

Après une longue période de peu de missions lunaires, et aucune mission habitée depuis plus de 50 ans, l’observation de la Lune sera une autre priorité d’Artemis II, notamment le côté caché de la Lune (parfois à tort appelé « côté sombre »), qui est toujours invisible depuis la Terre.

Selon l’heure exacte du lancement, il est possible que l’équipage soit le premier à voir certaines zones du côté caché de la Lune. À cette distance, la Lune apparaîtra de la taille d’un ballon de basket tenu à bout de bras.

« Artemis II est une occasion pour les astronautes de mettre en pratique les compétences scientifiques lunaires qu’ils ont développées lors de l’entraînement. C’est également une opportunité pour les scientifiques et les ingénieurs du contrôle de mission de collaborer en temps réel, en s’appuyant sur des années de tests et de simulations réalisées conjointement. »
Kelsey Young, responsable de la science lunaire d’Artemis II à la NASA, à la tête d’une équipe de scientifiques spécialisés dans les cratères d’impact, le volcanisme, la tectonique et la glace lunaire.

Un point d’intérêt particulier se situe au pôle Sud lunaire, alors que toutes les missions Apollo historiques étaient concentrées autour de l’équateur lunaire. Cependant, les pôles sont des sites bien plus intéressants pour une base permanente, avec davantage de ressources en eau et de petites zones bénéficiant d’une lumière solaire permanente.

Charge utile d’Artemis II : CubeSats

En plus d’Orion, la mission Artemis II transportera également des CubeSats, de petites démos technologiques de la taille d’une boîte à chaussures, ainsi que des expériences scientifiques. Ils ont été produits par des partenaires de la NASA en Allemagne, en Corée du Sud, en Arabie Saoudite et en Argentine.

L’expérience aidera à mieux comprendre les conditions et les effets des missions au‑delà de la magnétosphère terrestre :

  • Les effets des radiations sur les tissus humains.
  • Comment l’environnement spatial affecte les composants électriques pour les futurs véhicules lunaires ?
  • Méthodes de blindage et communications à longue portée.
  • Observations de la météo spatiale.

Source: NASA

Météo spatiale

Comme Artemis II volera en dehors du champ magnétique protecteur de notre planète, il sera également dans une position idéale pour étudier la météo spatiale, c’est‑à‑dire les conditions des particules et des radiations émises par notre Soleil.

Ainsi, l’équipe pourra suivre les éjections de masse coronale et les éruptions solaires, phénomènes violents pouvant causer des dommages radiatifs aux tissus vivants et aux électroniques, notamment les satellites en orbite comme le GPS et les satellites Internet tels que Starlink.

Réinitialisation d’Artemis par la NASA

Redesign d’Artemis

Comme indiqué, le programme Artemis a subi de nombreux retards, Artemis II étant finalement plusieurs années plus tard que prévu initialement.

Un nouveau plan révisé dévoilé fin février 2026, faisant partie d’une restructuration plus large du programme spatial lointain de la NASA, ajoute une nouvelle mission Artemis en 2027 et décale l’objectif d’alunissage habité à Artemis IV au lieu de III.

Dans ce nouveau design, Artemis III servira de démonstration technologique critique en orbite terrestre basse en 2027, testant les opérations d’amarrage avec les atterrisseurs lunaires commerciaux.

« Tout ce qui concerne cette mission vise à réduire les risques avant de placer nos astronautes à la surface. Je préférerais de loin que les astronautes testent les systèmes intégrés du lander et d’Orion en orbite terrestre basse plutôt que sur la Lune. »
Jared Isaacman – Administrateur de la NASA

Après le premier alunissage d’Artemis IV en 2028, un second alunissage sous Artemis V pourrait suivre plus tard la même année, avant que l’agence ne passe à un rythme soutenu de missions lunaires. Cela placerait les États‑Unis légèrement en avance sur la Chine, qui prévoit son propre alunissage habité au plus tard en 2030.

Dans l’ensemble, la préoccupation principale est que l’architecture précédente a tenté d’accomplir trop de choses trop rapidement dans l’espace et sur la Lune, tout en fonctionnant avec un cadence de lancement trop lente pour garantir la fiabilité.

« Lancer une fusée aussi importante et complexe que le SLS tous les trois ans n’est pas une voie vers le succès. Quand vous lancez tous les trois ans, vos compétences s’atrophient, vous perdez la mémoire musculaire. »
Jared Isaacman – Administrateur de la NASA

Ainsi, après des années où le SLS était menacé d’être remplacé par un Starship modifié de SpaceX, il semble que le nouveau plan soit de standardiser la configuration du Space Launch System (SLS) et de le lancer plus souvent, même si la fusée n’est pas réutilisable et reste coûteuse.

Le SLS est toutefois testé et prouvé fiable pour les vols habités, ce qui dépasse ce que les fusées super‑lourdes des entreprises privées peuvent encore affirmer. Cela nécessitera également une préparation plus rapide des plateformes de lancement.

Le calendrier de lancement plus rapide imitera de plus près la façon dont le premier vol vers la Lune a été accompli, avec un lancement presque tous les trois mois pendant les programmes Mercury, Gemini et Apollo.

Destin incertain du Lunar Gateway

Une partie clé du design initial de la mission Artemis était le Lunar Gateway, une station spatiale semblable à l’ISS qui aurait été la première à orbiter un autre corps céleste que la Terre, en orbite autour de la Lune.

Nous avons présenté en détail le projet dans « Lunar Gateway : construire la première étape vers les étoiles ».

Cependant, le destin du Lunar Gateway est désormais incertain. À la place, la NASA envisage d’investir 20 milliards de dollars pour développer une base beaucoup plus grande sur la Lune, et abandonne complètement le Gateway.

Dans ce nouveau design, les astronautes passeront directement d’Orion aux atterrisseurs lunaires.

« L’agence prévoit de mettre le Gateway en pause sous sa forme actuelle et de recentrer les efforts sur les infrastructures qui permettent des opérations de surface soutenues. Malgré les défis liés à certains matériels existants, l’agence réutilisera les équipements applicables et tirera parti des engagements des partenaires internationaux pour soutenir ces objectifs. »
Jared Isaacman – Administrateur de la NASA

De nombreux équipements prévus pour la station Gateway, comme les quartiers d’habitation, les systèmes de survie, l’espace de chargement et les sas, pourraient être réaffectés à cette plus grande base lunaire, dont les plans exacts restent indéterminés. Mais il est déjà décidé qu’elle sera située au pôle Sud de la Lune.

D’autres équipements, comme le Power and Propulsion Element (PPE), pourraient être réutilisés dans d’autres missions, d’autant plus que beaucoup de ces éléments sont déjà conçus ou construits, notamment par les partenaires de la NASA comme l’ESA (Europe), la JAXA (Japon) et la CSA (Canada).

Ce nouveau plan, sans le Lunar Gateway, devrait se dérouler en trois phases :

  • Phase 1 : Test : envoi fréquent de rovers, d’instruments et de démonstrations technologiques qui font progresser la mobilité, la génération d’énergie (y compris nucléaire), les communications, la navigation et les opérations de surface.
  • Phase 2 : Établissement d’une infrastructure précoce : infrastructure semi‑habitable pour des opérations astronautiques récurrentes à la surface, ainsi qu’un rover pressurisé, et potentiellement d’autres charges utiles scientifiques, rovers et capacités d’infrastructure/transportation d’autres agences spatiales.
  • Phase 3 : Permettre une présence humaine de longue durée
  • Exploiter des systèmes d’atterrissage humains capables de transporter du cargo (HLS), potentiellement privés, pour livrer des infrastructures plus lourdes nécessaires à une présence humaine continue sur la Lune et à une base permanente hors‑Terre.

Au‑delà de la Lune

Alors que la Lune reste la priorité claire de la NASA, l’agence, peut‑être pour la première fois depuis des décennies, envisage de nouveaux objectifs ambitieux à l’échelle du programme Apollo et au‑delà de la Lune.

« Si nous concentrons les ressources extraordinaires de la NASA sur les objectifs de la Politique spatiale nationale, éliminons les obstacles inutiles qui freinent le progrès et libérons la main‑d’œuvre et la puissance industrielle de notre nation et de nos partenaires, alors le retour sur la Lune et la construction d’une base sembleront pâles comparés à ce que nous serons capables d’accomplir dans les années à venir. »
Jared Isaacman – Administrateur de la NASA

Un élément de ce type est le développement d’une mission spatiale à propulsion nucléaire vers Mars, le Space Reactor‑1 Freedom. Le SR‑1 réutiliserait un bus spatial presque construit, développé par la NASA, le Power and Propulsion Element.

Prévu pour un lancement en 2028, le réacteur nucléaire utilisera l’énergie nucléaire pour alimenter des propulseurs ioniques électriques à haute efficacité. Il sera utilisé pour livrer la charge Skyfall composée de trois hélicoptères de type Ingenuity vers Mars en un temps record.

Ce n’est pas la première tentative de propulsion nucléaire, mais la première qui semble réellement déterminée à la concrétiser.

« Pendant six décennies, les États‑Unis ont investi plus de 20 milliards de dollars dans des dizaines de programmes spatiaux nucléaires et n’ont fait décoller qu’un seul réacteur — le SNAP‑10A en 1965. Il n’a jamais quitté l’orbite. Des milliards dépensés, des décennies perdues. Le SR‑1 met fin à ce schéma. Une fenêtre de lancement vers Mars en décembre 2028 impose des décisions que des décennies d’études n’ont jamais prises. »

L’énergie nucléaire sera également utilisée sur la Lune, avec le Lunar Reactor‑1 (LR‑1), un système de puissance de surface à fission conçu pour garder la base lunaire opérationnelle pendant les périodes d’obscurité.

Enfin, en plus de la Lune et de Mars, la NASA acquerra un module central détenu par le gouvernement qui se fixera à l’ISS vieillissante. Cela sera suivi par des modules commerciaux qui seront validés individuellement à l’aide des capacités de la Station spatiale internationale, puis détachés pour un vol libre.

Plus tard, l’ISS sera finalement abandonnée, et la NASA utilisera l’expérience accumulée et les tests pour choisir la bonne technologie afin de construire le successeur de l’ISS en orbite terrestre basse.

Au‑delà d’Artemis II

En supposant que la mission Artemis II se déroule comme prévu, elle constitue le tremplin avant le retour des astronautes américains et des nations partenaires sur la Lune.

Mais cette fois, la présence humaine sur notre satellite n’est pas une visite courte, et se situe au sommet de nos capacités techniques actuelles, à l’apogée de la Guerre froide avec l’URSS.

Au lieu de cela, le premier alunissage habité sera la première étape d’une stratégie prudente et délibérée visant à établir la toute première présence permanente hors‑Terre de l’humanité, en tirant parti de nouveaux matériaux, de l’IA et de l’automatisation.

À long terme, l’expérience accumulée avec cette base lunaire sera très précieuse pour d’autres missions habitées potentielles dans l’espace lointain, notamment Mars.

C’est également la nouvelle stratégie adoptée par SpaceX de placer la Lune avant Mars, avant son introduction en bourse prévue, annoncée quelques jours avant la refonte publique de la mission Artemis par la NASA, ce qui laisse entendre que la société bientôt publique prévoit de jouer un rôle intégral dans cet effort. Très probablement, le Starship HLS, un vaisseau Starship repensé pour l’alunissage lunaire et le ravitaillement en orbite terrestre basse, sera la principale contribution de l’entreprise.

Investir dans le programme Artemis

Lockheed Martin

(LMT )

Lockheed Martin est l’une des plus grandes entreprises aérospatiales et de défense au monde, que nous avons détaillée en novembre 2025 dans « Lockheed Martin (LMT) Spotlight : un leader en défense et aérospatiale ». Les armes ne sont cependant pas tout ce que l’entreprise fait.

Lockheed est le contractant principal pour la conception, le développement, les essais et la production du vaisseau Orion. Cela inclut Callisto, un système d’assistance IA contrôlé par la voix, en partenariat avec Alexa d’Amazon (AMZN ).

Alors que le programme devrait être intensifié grâce à des lancements moins chers et plus fréquents du premier S, puis du Starship, cela pourrait stimuler la production d’Orion également.

En lien avec Artemis, Lockheed a annoncé avoir achevé les tests critiques d’un prototype de panneau solaire lunaire qui peut fonctionner au pôle Sud de la Lune.

L’entreprise est active dans d’autres programmes spatiaux, comme les satellites météorologiques GOES‑R, la collecte d’échantillons d’astéroïdes par OSIRIS‑REx, la sonde Jupiter JUNO, et un gilet de protection contre les radiations, AstroRad.

En bref, c’est une entreprise profondément ancrée dans le programme lunaire de la NASA.

Au‑delà des activités spatiales, Lockheed est à l’origine d’avions comme les hélicoptères Black Hawk ou les F‑16, ainsi que d’équipements avancés comme le F‑35, les avions radar volants, ou des avions logistiques comme le C‑5 Galaxy & C‑130J Super Hercules.

Il produit également certains des systèmes de missiles les plus importants de l’armée américaine, comme le JAASM, le Javelin, le ATACMS et le HIMARS, en très forte demande suite à l’épuisement des stocks dû au conflit en Ukraine.

C’est également un fournisseur important de systèmes de défense anti‑missile comme le système naval AEGIS et le THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) contre les missiles balistiques.

Alors que les activités militaires et les stocks de missiles s’épuisent plus rapidement que prévu, Lockheed est probablement l’un des bénéficiaires des conflits en Ukraine et en Iran, en plus de la demande croissante pour le F‑35 et d’autres avions.

Du spatial à la défense, Lockheed Martin est à l’avant‑garde de l’innovation américaine et semble garder son avantage bien plus tranchant que de nombreux concurrents grands contractants de défense.

L’entreprise devrait bénéficier des itérations ultérieures du programme Artemis, ainsi que de nombreuses autres missions d’exploration lointaine et axées sur Mars à long terme, avec même un réacteur à fusion nucléaire en cours de développement en partenariat avec la start‑up Helicity Space, dans laquelle Lockheed a investi en 2024.

Dernières nouvelles et développements des actions Lockheed Martin (LMT)

Jonathan est un ancien chercheur en biochimie qui a travaillé dans l'analyse génétique et les essais cliniques. Il est maintenant un analyste boursier et écrivain financier avec un focus sur l'innovation, les cycles de marché et la géopolitique dans sa publication The Eurasian Century.