Leaders d’opinion
Évolutions des tendances dans les réseaux alimentés par des jetons: Partie 1

par Mara Schmiedt, Responsable Stratégie Globale et Développement Commercial, ConsenSys Codefi
Résumé
- Le contrôle réglementaire s’est intensifié, ce qui a conduit les premières distributions de jetons à se dérouler lors de tours privés d’investisseurs accrédités. Des propositions telles que le Safe Harbor représentent une première étape vers des orientations réglementaires formelles qui comblent le fossé entre régulation et décentralisation progressive
- Les fournisseurs d’infrastructure et de capitaux privés évoluent de plus en plus vers des modèles d’affaires natifs du Web 3.0, positionnés de façon unique pour soutenir le démarrage précoce et la participation continue dans les réseaux décentralisés
- La voie vers le Proof of Stake passe de sa longue phase de recherche et de mise en œuvre initiale à une phase de croissance
Depuis 2016, une variété de modèles de lancement de jetons et de réseaux a été déployée afin d’accroître la participation au réseau et de développer leurs communautés respectives. À ce jour, on compte +4000 tentatives, essais et échecs pour distribuer efficacement et équitablement des jetons aux utilisateurs qui renforcent la participation dans un réseau décentralisé, tout en évitant une concentration de détentions qui entrave la sécurité.
Ces tentatives ont-elles conduit à un plan d’or pour la bonne façon de lancer un réseau ? La vérité est qu’il n’existe pas de modèle archétypal « une taille unique », mais une chose est certaine : à mesure que l’industrie mûrit, les lancements de jetons évolueront de plus en plus et coïncideront avec les lancements réels de réseaux. Quoi de plus fructueux que des jetons utilitaires avec une véritable utilité ?
Quel est le panorama actuel ? Jetons un œil aux tendances de l’écosystème et à leur évolution dans le temps à la lumière des récents développements réglementaires, techniques et de l’émergence de nouveaux acteurs sur le terrain alimenté par les jetons.
Tendance 1: Le paysage réglementaire
QUI EST AUTORISÉ À VENDRE QUOI, À QUI ET QUAND…
Le paysage autrefois prolifique des ventes de jetons ouvertes à tous, qui attirait utilisateurs précoces, spéculateurs, innovateurs et escrocs, appartient au passé et a connu des changements récents à mesure que les régulateurs rattrapent l’innovation.
« Il est pendant la phase de développement que les questions concernant la frontière titres/non‑titres semblent les plus difficiles à résoudre. » – Hester Pierce, Commissaire de la SEC
On peut soutenir qu’avec un réseau pleinement fonctionnel, il y a moins besoin d’accords juridiques complexes et restrictifs lorsque l’ambiguïté peut être atténuée en veillant à ce que les jetons soient réellement utilisés plutôt que simplement achetés. Cela nécessite toutefois la disponibilité d’un réseau pleinement opérationnel.
Dans le but de répondre aux préoccupations de conformité imminentes, les premières distributions de jetons se déroulent donc de plus en plus lors de tours privés d’investisseurs accrédités. Certains ont souligné que ces développements récents sapent ce que les protocoles open‑source cherchaient à atteindre dès le départ : placer les jetons entre les mains d’utilisateurs dont les incitations sont alignées sur la maximisation de l’utilité du réseau, plutôt que sur des investisseurs et entreprises privées cherchant le profit maximal.
Trouver un modèle de financement viable, conforme et distribué pour financer le développement d’un réseau qui sera décentralisé, tout en veillant à ce que les jetons aboutissent aux mains de participants à long terme, représente un défi continu à deux volets. Des propositions comme le Safe Harbor et la mise en place proactive de normes rigoureuses et leaders du secteur constituent une première étape vers la réduction potentielle du fossé entre régulation et décentralisation.
Tendance 2: L’essor du Proof of Stake
…ET POURQUOI 2020 EST UNE ANNÉE MONUMENTALE POUR L’AVENIR DU PROOF OF STAKE
Au 16 septembre 2020, la capitalisation boursière cumulative des crypto‑actifs pouvant être mis en jeu s’élève à 35,7 milliards de dollars, avec plus de la moitié (~52 %) de cette valeur actuellement verrouillée dans le staking.

Source: Stakingrewards.com, 2020
Les réseaux Proof‑of‑Stake (PoS) utilisent les récompenses de staking, créées par le protocole, comme mécanisme incitatif pour garantir que les utilisateurs participent honnêtement à la validation des activités sur la chaîne.
Aujourd’hui, il s’agit des chaînes Proof‑of‑Stake qui font leur entrée sur le marché. Avec des blockchains de couche 1 telles que Tezos et Cosmos, ainsi que des solutions de couche 2 comme Matic et Loom lancées en 2019, la longue phase de recherche sur la route du PoS passe enfin de la mise en œuvre genesis à la croissance. En 2020, le lancement tant attendu d’eth2 et des solutions de couche 2 DPoS alimentées par Ethereum telles que SKALE marquent un moment décisif pour l’avenir de l’adoption du Proof‑of‑Stake.
De plus, les développements récents des systèmes Proof‑of‑Stake révèlent l’importance de concevoir et d’optimiser le lancement initial du réseau afin d’atteindre les taux de participation souhaités et d’assurer une viabilité à long terme. Dans ce contexte, il est crucial que les protocoles Proof‑of‑Stake purs ou délégués distribuent les jetons de manière à ce qu’un nombre suffisant d’acteurs différents puissent les mettre en jeu et faire fonctionner des nœuds pour sécuriser le réseau. Une distribution pauvre et disproportionnée entre les acteurs individuels peut nuire à la sécurité du réseau ou influencer la perception générale de la légitimité de la gouvernance du réseau.
Ceci est un article en deux parties. La partie 2 est disponible ici.












