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Perturbations à l’horizon – 5 actions pour résister à la tempête imminente

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Perturbations sont des opportunités

Dans notre article précédent « Perturbations à l’horizon – Les 10 principales préoccupations du Canada pour le futur proche », nous avons détaillé les 10 principales perturbations susceptibles de déstabiliser la société canadienne (et occidentale), en raison de leur forte probabilité et de la gravité des risques associés.

Nous avons ensuite commenté certaines technologies les plus susceptibles d’aider à résoudre ou, du moins, à gérer ces perturbations.

Cela signifie également que ce qui constitue un risque pour la société sera une opportunité commerciale pour l’entreprise qui possède les bonnes technologies et innovations au bon moment.

Cela est doublement important pour les investisseurs, qui doivent à la fois protéger leurs portefeuilles des perturbations et se positionner pour profiter de la croissance et de l’innovation.

Top 5 actions prospérant grâce aux perturbations

La liste n’est pas exhaustive et tente de représenter un large éventail de technologies pour faire face aux perturbations à venir. Les technologies sélectionnées pour créer cette liste étaient:

  • Énergies renouvelables et carburants verts.
  • Véhicules électriques et batteries à l’échelle utilitaire.
  • Énergie nucléaire de quatrième génération.
  • Biotechnologie avancée.
  • IA.

1. Aker Horizons ASA (AKH.OL)

Aker Horizons est une filiale du groupe Aker et se concentre sur l’énergie verte. Le groupe Aker est un important conglomérat norvégien axé sur les énergies renouvelables et les activités maritimes/offshore.

Aker Horizon est la société holding de plusieurs filiales, dont la capture du carbone, l’hydrogène vert et les énergies renouvelables.

Source: Aker

L’entreprise est particulièrement active dans la génération d’hydrogène et d’ammoniac vert, avec pour objectif de décarboniser le transport maritime arctique, notamment en Norvège.

Aker Horizons peut gérer l’intégration verticale complète de l’hydrogène vert & de l’ammoniac, des éoliennes offshore à la génération d’hydrogène jusqu’à la production d’ammoniac vert.

Elle travaille également sur des projets tels que le valorisation des déchets en énergie en France, une usine de biomasse en Allemagne et la capture du carbone au Moyen‑Orient (Arabie Saoudite et Émirats Arabes Unis).

Cela en fait une action intéressante pour les investisseurs cherchant une exposition au secteur de l’énergie verte dans son ensemble, avec un positionnement fort sur l’ammoniac vert & le transport maritime, mais aussi d’autres énergies vertes diversifiées.

Sa position en Europe lui donne également l’avantage de se diversifier face aux perturbations spécifiques à l’Amérique du Nord.

2. Contemporary Amperex Technology Co., Limited (300750.SZ)

Le chinois CATL est de loin le plus grand fabricant de batteries au monde si l’on juge par le volume de batteries. En 2022, il a produit près de la moitié des batteries mondiales en GWh.

Il possède également certaines des batteries lithium fer phosphate les plus avancées, qui pourraient constituer une solution pour créer des batteries moins chères et « suffisamment denses » pour les véhicules électriques à bas coût.

L’expertise de CATL en chimie des batteries s’étend également à d’autres options. Notamment, la remarquable batterie sodium‑ion de 160 Wh/kg annoncée en 2021. Remplacer le lithium par du sodium abondant et bon marché offre une alternative au lithium, dont le prix a été très volatile et élevé ces dernières années. Et pour les applications nécessitant encore du lithium, CATL investit également 1,4 milliard de dollars pour développer la production de lithium en Bolivie.

Mais en ce qui concerne les performances des batteries, CATL est à la pointe du progrès. D’abord, il a annoncé une batterie ultra‑durable de 330 Wh/kg « million miles » qui se charge à 80 % en 5 minutes et est prête pour la commercialisation. Cette batterie devrait être utilisée par Tesla (TSLA ) à l’avenir et deviendra la nouvelle norme pour les véhicules électriques haute performance.

Il a également récemment annoncé une batterie « condensée » record de 500 Wh/kg, suffisamment dense pour alimenter les véhicules électriques longue distance et les avions. Il affirme aussi avoir trouvé un moyen de rendre les batteries plus performantes par temps froid, mais cela reste une faiblesse de la technologie et un problème pour les véhicules électriques dans les pays froids.

Des leaders du secteur des VE comme Tesla et BYD, ou de nouveaux entrants ambitieux comme Toyota, pourraient chercher à développer leur propre technologie de batterie comme avantage unique. Mais le reste de l’industrie automobile, y compris les constructeurs allemands, américains et japonais, recherchent des partenaires pour rester compétitifs dans la course aux batteries avancées. Cela inclut notamment Ford, Nio, BAIC, Volvo & BMW, Honda et Mercedes Benz.

CATL possède le volume de production nécessaire pour profiter au maximum des économies d’échelle dans la fabrication de batteries. Son important volume de ventes alimente directement son expertise scientifique et un vaste budget R&D, permettant davantage de percées. En n’étant pas un constructeur automobile, il constitue également un meilleur partenaire pour la plupart de l’industrie que ses concurrents directs comme BYD et Tesla.

Pour l’instant, l’entreprise s’est principalement concentrée sur les VE. Elle pourrait se tourner vers les batteries à l’échelle utilitaire à mesure que la production d’énergie renouvelable de la Chine augmente et que la technologie mûrit.

Dans l’ensemble, cela constitue un argument convaincant pour que CATL reste le leader mondial de la production de batteries. Cependant, les tensions croissantes entre les États‑Unis et la Chine ne doivent pas être totalement oubliées, et son action pourrait se retrouver au cœur de la lutte de pouvoir entre les deux plus grandes économies du monde.

3. BWX Technologies, Inc.

BWXT Graphique du prix

Avant les configurations actuelles de petits réacteurs modulaires, ou SMR (décrits dans notre article « Mise à jour sur les SMR (Small Modular Reactor) – Toujours l’avenir de l’énergie nucléaire »), les réacteurs nucléaires étaient de gigantesques bâtiments.

À l’exception d’un petit créneau de marché qui s’est avéré très rentable: l’énergie nucléaire pour les navires tels que les porte‑avions, les sous‑marins et d’autres systèmes militaires.

C’est le cœur de l’entreprise américaine BWXT, qui a livré plus de 400 réacteurs pour la propulsion nucléaire navale au cours de ses plus de 60 ans d’histoire. Elle est également active dans des segments de la chaîne d’approvisionnement de l’énergie nucléaire, ayant fourni 315 générateurs de vapeur pour des centrales nucléaires.

Source: BWXT

Une partie clé des revenus de BWXT provient des services réguliers et de la maintenance des réacteurs existants, avec un planning prévu jusqu’en 2053 pour divers porte‑avions nucléaires et sous‑marins en exploitation.

L’entreprise est également la seule accréditée à produire de l’uranium de haute qualité à plus de 20 %. Ce type de combustible est nécessaire pour les soi‑disant micro‑réacteurs, encore plus petits que les SMR. Ils peuvent alimenter de nombreuses applications, comme les systèmes spatiaux de la NASA et les sites militaires isolés. BWXT s’aventure également dans le domaine de la médecine nucléaire, espérant capter une partie des revenus annuels de 500 M$ du secteur.

Enfin, BWXT travaille également sur la conception d’un SMR en partenariat avec GE Energy. Avec GE comme l’un des principaux concurrents sur le marché naissant des SMR mondiaux, incluant déjà des contrats convenus avec l’Estonie et le Canada, cela crée une nouvelle opportunité de croissance pour BWXT.

Cela devrait combiner l’expertise de BWXT dans les réacteurs nucléaires compacts avec la réputation, la portée commerciale, l’échelle et la chaîne d’approvisionnement profonde de GE Energy.

BWXT a été pionnier dans la miniaturisation des réacteurs nucléaires et devrait grandement bénéficier de la tendance à la montée des SMR. Elle devrait également profiter du renforcement militaire de la marine américaine en réaction aux défis croissants de la Russie et de la Chine.

Enfin, elle est rentable et possède des revenus prévisibles, offrant une bien plus grande sécurité que les entreprises spéculatives qui n’ont que des conceptions à montrer et aucun réacteur en exploitation.

4.  Bayer Crop Science  (BAYRY)

Bayer Crop Sciences, faisant partie de Bayer Global (également une entreprise pharmaceutique), se concentre sur les innovations autour des semences, des caractères et de la protection des cultures.

Les innovations de Bayer ont aidé ses scientifiques en biotechnologie à réaliser des améliorations ciblées de l’ADN des plantes.

Depuis sa fusion avec Monsanto, elle est également leader des cultures OGM et de la gestion des mauvaises herbes. Cette fusion a entraîné le problème de poursuites très coûteuses liées à RoundUp, ce qui a fait chuter le cours de l’action de l’entreprise dans les années qui ont suivi la fusion.

Elle contrôle la majeure partie du marché traditionnel des semences OGM et travaille également à l’utilisation de CRISPR pour la prochaine génération de semences de maïs, soja, blé, etc.

Les avantages de la protection des cultures, selon Bayer, sont énormes. Le mécanisme de protection des cultures préserve environ 30 % des rendements agricoles mondiaux, soit l’équivalent de 550 millions de tonnes de nourriture pouvant nourrir plus de 2 milliards de personnes.

Source: Bayer

Bayer passe des OGM traditionnels à travers un partenariat avec Gingko Bioworks (DNA), l’une des plus grandes entreprises de biologie synthétique. Ce partenariat se concentre sur le développement d’alternatives biologiques aux engrais chimiques via l’édition génétique de micro‑organismes.

Elle est leader en matière de variété de semences et d’édition génétique des plantes, avec plus de 500 nouvelles variétés de cultures dans son pipeline (et 250 nouvelles enregistrements de cultures en 2022).

Toutes ces initiatives seront essentielles pour maintenir la production alimentaire face à la croissance démographique mondiale, ainsi que pour gérer les effets du changement climatique, de la pollution et de l’érosion des sols sur les rendements agricoles.

De plus, des rendements agricoles élevés réduiront également la pression sur l’écosystème, en limitant la tendance à la déforestation et à la destruction des zones humides pour obtenir davantage de terres fertiles cultivées.

L’entreprise est également leader dans l’intégration de la technologie à l’agriculture. Par exemple, Bayer a signé un partenariat avec Microsoft (MSFT ) pour combiner le système de gestion de données Azur du géant technologique avec l’expertise de Bayer dans l’utilisation de données provenant de satellites, de capteurs de terrain, de drones, d’équipements agricoles et de capteurs de sol afin de créer des fermes véritablement modernes et connectées.

Source: Bayer

Grâce à son leadership dans les OGM (traditionnels et édition génétique avancée), la sélection de variétés de plantes et l’intégration du big data à l’agriculture, Bayer peut jouer un rôle transformateur dans la création d’une agriculture durable à haut rendement.

Dans ce processus, elle a nettoyé son image publique défavorable héritée de l’acquisition de Monsanto.

5. Microsoft

MSFT Graphique du prix

Microsoft est le plus ancien des géants technologiques, avec une position dominante depuis les années 1990. À ce jour, il domine toujours des marchés hérités importants tels que les systèmes d’exploitation PC (Windows) et les logiciels d’entreprise (Office, Outlook, etc.).

C’est également une entreprise capable de suivre les nouvelles tendances technologiques, avec une activité solide dans le cloud computing.

Quelle entreprise sera le leader de la révolution IA reste encore très incertain. Ce qui semble certain, c’est que Microsoft jouera un rôle dans cette industrie, grâce à sa relation avec OpenAI, le créateur de la première sensation LLM (Large Language Model) ChatGPT.

Microsoft ne possède pas OpenAI mais a droit à jusqu’à 49 % des bénéfices de la branche à but lucratif d’OpenAI. Microsoft a ajouté à la collaboration avec OpenAI un partenariat avec la société LLM Mistral AI (Mistral AI a été fondée en avril 2023 et était déjà valorisée à 2 milliards de dollars huit mois plus tard).

Microsoft possède également GitHub, dont le service d’assistance à la programmation IA, GitHub Copilot, prospère et génère des revenus à un rythme annuel de 100 millions de dollars.

Copilot est également déployé sur Office 365 et Microsoft Cloud, omniprésent dans de nombreux systèmes informatiques d’entreprise, avec des versions personnalisées pour les divisions individuelles, comme par exemple une version de Copilot dédiée aux services financiers ou Microsoft Sales Copilot.

Microsoft déploie également l’IA pour les sciences fondamentales, via son programme AI4Science. Par exemple, son IA générative MatterGen « permet une conception de matériaux guidée par les propriétés ». Elle est déjà utilisée pour découvrir de nouveaux matériaux de batterie, par exemple.

Source: Microsoft

Microsoft est le partenaire de choix pour d’autres méga‑entreprises souhaitant exploiter l’IA dans leurs activités. Par exemple, le secteur pharmaceutique et agroalimentaire Bayer a signé un partenariat avec Microsoft pour combiner le système de gestion de données Azur du géant technologique avec l’expertise de Bayer dans l’utilisation de données provenant de satellites, de capteurs de terrain, de drones, d’équipements agricoles et de capteurs de sol afin de créer des fermes véritablement modernes et connectées.

Microsoft a également signé, au début de 2024, une collaboration couvrant l’IA avec de nombreuses autres entreprises, dont Vodafone, Adobe (ADBE ), Coca‑Cola, Siemens, Rockwell Automation (ROK ), Shell et McKinsey.

Safety First?

L’IA a été régulièrement évoquée dans le rapport « Perturbations à l’horizon » à la fois comme source de risque (confiance du public, cybersécurité, mobilité sociale descendante), au point d’apparaître parmi les 10 principaux risques (« L’intelligence artificielle se déchaîne »).

Elle a également été mentionnée comme source d’opportunité pour éviter les perturbations (biodiversité, cybersécurité, système de santé).

Avec OpenAI à la pointe du développement de l’IA, il convient de noter que Microsoft exerce une influence clé pour apporter davantage de sécurité et de sûreté à l’organisation, cherchant à éviter toute association avec des effets négatifs de l’IA. Par exemple, « OpenAI soutenu par Microsoft crée un nouveau comité de sécurité lors de la formation du prochain modèle d’IA ».

Cette approche quelque peu conservatrice et « old school/corporate » pourrait porter ses fruits, Microsoft devenant l’« acteur IA responsable » dans un contexte où les inquiétudes grandissent quant aux conséquences de la révolution IA.

Jonathan est un ancien chercheur en biochimie qui a travaillé dans l'analyse génétique et les essais cliniques. Il est maintenant analyste boursier et rédacteur financier, spécialisé dans l'innovation, les cycles de marché et la géopolitique dans sa publication 'The Eurasian Century'.