Matières premières

Top 10 des métaux pour batteries et actions minières d’énergie renouvelable

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Les métaux sont le nouveau pétrole

La révolution de l’énergie verte vise à remplacer les combustibles fossiles par les énergies renouvelables. Cela réduira drastiquement le besoin d’extraction de charbon, de pétrole et de gaz. Cependant, les véhicules électriques, les panneaux solaires et les éoliennes nécessitent des matériaux spécifiques pour être construits.

Source: Rio Tinto

Par exemple, une adoption massive des véhicules électriques nécessitera une quantité énorme de minéraux, notamment le graphite, le cuivre, le lithium, le silicium, le cobalt, le manganèse, le nickel et les terres rares. La demande de cuivre passerait de 110 000 tonnes en 2020 à 3 119 000 tonnes en 2040 dans le scénario de développement durable. Même dans le scénario plus modéré des « politiques déclarées », la demande de cuivre augmenterait à 951 000 tonnes, soit 8,6 fois plus.

Il en va de même pour tous les aspects de la transition énergétique. Des réseaux électriques plus robustes nécessiteront du cuivre et de l’aluminium (les plus gros câbles de lignes électriques sont en aluminium). Les éoliennes requièrent des aimants puissants riches en terres rares. Chaque panneau solaire contient, en moyenne, 20 g d’argent en plus du polysilicium et du cuivre. Et, bien sûr, les batteries à l’échelle du réseau électrique nécessiteront également beaucoup de métal. Globalement, les véhicules électriques, le stockage d’énergie et les réseaux électriques seront les principaux moteurs de la demande de minéraux pour l’énergie propre d’ici 2040.

Quel métal ?

Comme de nombreux métaux seront très demandés en raison de la transition énergétique, il peut être un peu déroutant pour les investisseurs de savoir lequel choisir.

Le premier à considérer est le cuivre. En effet, c’est le seul métal hautement conducteur qui soit à la fois bon marché et suffisamment abondant pour être utilisé à grande échelle dans les batteries et les applications de réseau. Ainsi, que la demande provienne des véhicules électriques, des batteries à l’échelle des services publics, de l’amélioration du réseau ou de la production d’énergie (solaire et éolienne), tous nécessiteront davantage de cuivre.

Source: Macro Trends

Un autre est le lithium. La plupart des compositions de chimie de batterie alternatives pour les véhicules électriques diffèrent du lithium‑ion classique mais utilisent encore beaucoup de lithium. Cela inclut les batteries lithium‑fer‑phosphate (LFP) et la plupart des conceptions de batteries à état solide.

En ce qui concerne les batteries, deux autres métaux importants sont le nickel et le graphite. Les deux sont utilisés en grande quantité, même dans les chimies de batterie avancées.

Le cobalt, cependant, est un matériau que la plupart des batteries et des entreprises de véhicules électriques s’efforcent activement de réduire ou d’éliminer complètement. Il ne s’agit donc peut‑être pas d’une bonne idée d’investissement à long terme, du moins si c’est le seul métal produit par l’entreprise.

Enfin, il faut prendre en compte le rôle prépondérant de la Chine dans la chaîne d’approvisionnement des énergies renouvelables et des véhicules électriques, le pays étant responsable d’une grande partie (et parfois presque de la totalité) du raffinage de ces métaux. Ainsi, examiner le graphite, les métaux des terres rares et d’autres métaux importants constitue également une option.

Source: Visual Capitalist

Top 10 des métaux pour batteries et actions minières d’énergie renouvelable

Cette liste vise à offrir une exposition large aux actions minières actives dans les métaux importants pour les batteries et les énergies renouvelables. Elle cherche également à réduire les risques géopolitiques pour les investisseurs occidentaux, ces métaux étant de plus en plus utilisés comme arme dans les guerres commerciales États‑Unis‑Chine. Il s’agit donc d’une liste partielle, privilégiant les actions grandes et liquides plutôt que les mineurs plus spéculatifs, plus petits ou en phase d’exploration (mineurs juniors).

1. BHP Group Limited

BHP Graphique du prix

BHP est la plus grande société minière de la planète et possède les plus importantes réserves de cuivre, avec plus de 180 Mt (millions de tonnes) contenues dans ses gisements. L’entreprise exploite également du potasse (engrais), du nickel et du minerai de fer.

Source: BHP

En 2023, BHP a terminé la cession de ses mines de charbon métallurgique dans le but de se recentrer sur les métaux à vocation renouvelable.

Elle travaille également d’arrache‑pied à la décarbonation de ses opérations quotidiennes, étant déjà l’une des sociétés minières parmi les moins intensives en carbone et l’une des plus rapides à réduire cette intensité. Une empreinte carbone plus faible sera principalement obtenue en décarbonant l’électricité utilisée dans ses mines (éolien + solaire) et en éliminant les moteurs diesel au profit d’équipements électriques, d’abord avec des chariots (câbles au-dessus des camions) puis des batteries.

Source: BHP

En raison de son engagement profond envers la transition énergétique, BHP pourrait être un choix facile pour les investisseurs cherchant une exposition au secteur minier et à des opérations minières qui deviendront progressivement moins sensibles aux prix du pétrole.

2. Rio Tinto Group

RIO Graphique du prix

Rio Tinto est la deuxième plus grande société minière du monde. Une grande partie de son activité repose sur le minerai de fer. Mais c’est également un très grand producteur de cuivre et d’aluminium, avec de solides projets d’expansion de la production de cuivre.

Notamment, elle développe la mine d’Oyu Tolgoi en Mongolie. Cette mine est le plus grand projet de l’histoire de la Mongolie. Rio Tinto a récemment finalisé l’acquisition complète de la mine, en devenant le seul propriétaire privé (66 %) aux côtés du gouvernement mongol (34 %).

Rio Tinto devrait fournir 25 % des volumes de croissance de l’approvisionnement mondial en cuivre au cours des cinq prochaines années.

Rio Tinto est également un leader de l’innovation dans l’extraction du cuivre grâce à sa filiale Nuton, dont la nouvelle technologie permet un taux de récupération du cuivre beaucoup plus élevé à partir du minerai extrait.

La production d’aluminium de Rio Tinto est à faible émission de carbone, grâce à l’utilisation de l’hydroélectricité pour raffiner la bauxite en alumine puis en aluminium.

L’entreprise est également active dans le lithium, avec l’acquisition récente du projet Ricon en Argentine, et malgré l’annulation / gel (temporaire ?) du projet lithium Jadar en Serbie.

Source: Rio Tinto

L’entreprise est un acteur majeur du cuivre et cherche à profiter de la demande croissante de lithium et d’aluminium à faible émission de carbone. Néanmoins, son activité principale reste à ce jour le minerai de fer. Ainsi, les investisseurs devront également se familiariser avec ce marché et évaluer les risques potentiels d’une récession ou d’une baisse de la demande d’acier provenant des secteurs chinois des infrastructures et de la construction.

3. Glencore plc (GLNCY)

Glencore est une grande société minière dans le cuivre, le nickel, le cobalt, l’argent, l’or, le zinc, le plomb et le chrome.

Elle est également productrice de charbon (thermique et métallurgique), commerçante / commercialisatrice de charbon, de pétrole et de gaz (y compris 6 millions de barils de pétrole vendus quotidiennement), et recycleuse.

Source: Glencore

Les bénéfices de Glencore proviennent en grande partie de ses produits énergétiques, notamment le charbon, qui reste très demandé à l’échelle mondiale en raison de la crise énergétique mondiale qui s’est intensifiée depuis le début de la guerre en Ukraine.

Source: Glencore

La plupart des investissements de l’entreprise, soit 2,5 milliard de dollars de CAPEX au premier semestre 2023, sont consacrés au cuivre, suivis du charbon et du zinc. Elle a également récemment acquis des actifs miniers en bauxite (aluminium) auprès de Norsk Hydro, du cuivre auprès de Pan‑American Silver, et du cuivre + nickel auprès de Polymet Mining.

Source: Glencore

L’entreprise distribue un dividende généreux (presque 10 % de rendement au moment de la rédaction de cet article). Ce dividende pourrait ne pas être durable si le prix du charbon ou du cuivre baisse, mais il reflète néanmoins une politique à long terme de redistribution de liquidités aux actionnaires.

L’activité importante dans le charbon peut poser problème à certains investisseurs recherchant un placement respectueux du climat.

En même temps, cela peut offrir une diversification au cas où la demande croissante d’énergie dans le monde nécessiterait davantage d’énergies renouvelables et que le charbon resterait demandé.

Il convient également de noter que le charbon métallurgique est essentiel à la production d’acier, composant important des éoliennes.

4. Southern Copper Corporation

SCCO Graphique du prix

Southern Copper (SCCO ) est une filiale de GrupoMexico Mineria, qui détient 88,9 % de la société, les 11,1 % restants étant flottants en bourse. L’entreprise elle‑même est approximativement répartie aux deux tiers sur ses actifs mexicains et au tiers sur ses actifs péruviens.

Les mines de l’entreprise sont exceptionnellement riches en minerai, avec une durée de vie de la mine parmi les plus longues du secteur, mesurée en décennies, même après l’expansion de la production prévue pour 2028. Ainsi, bien que Southern ne soit peut‑être pas le plus grand producteur de cuivre (il est le 5ᵉ), la société possède l’un des actifs en cuivre les plus riches au monde. Enfin, elle possède certaines des mines les moins coûteuses à exploiter, aux côtés de Vale et Glencore.

Le cuivre constitue la majeure partie de la production de Southern Copper, suivi du molybdène. 86 % de la production mondiale de molybdène est utilisée dans la production d’acier, le reste étant employé par l’industrie chimique.

La qualité remarquable des actifs miniers de Southern Copper signifie qu’il y a très peu de risque géologique pour les actionnaires de l’entreprise.

Cependant, il existe un certain risque géopolitique, le Pérou ayant récemment connu des manifestations massives contre d’autres mines de cuivre, comme la méga‑mine de cuivre Las Bambas. De nouvelles réglementations sur l’exploitation minière au Mexique pourraient également constituer un risque. À proximité, des protestations violentes à l’échelle nationale contre une extension de mine au Panama ont également eu lieu en octobre 2023.

Ainsi, bien que l’action Southern Copper puisse être très attrayante du point de vue des réserves de cuivre, des coûts de production et du rendement du dividende, les investisseurs pourraient souhaiter diversifier leur exposition, ce qui est valable pour toutes les actions minières.

5. Freeport-McMoRan Inc.

FCX Graphique du prix

Freeport est une grande société de cuivre qui produit également du molybdène et de l’or. L’entreprise exploite dans les Amériques (Arizona, Nouveau-Mexique, Pérou et Chili) et en Indonésie.

L’entreprise exploite des mines mais construit également une opération de fonderie massive (raffinage du minerai) en Indonésie, d’un coût de 3,6 milliard de dollars et qui sera mise en service en 2024.

Chaque région représente approximativement un tiers de la production de l’entreprise (l’Indonésie légèrement au-dessus de l’Amérique du Nord, qui elle-même dépasse l’Amérique du Sud).

L’entreprise souhaite réduire son empreinte carbone en passant les besoins énergétiques de son exploitation indonésienne du charbon au GNL et à d’autres projets d’électricité renouvelable.

Freeport a réduit agressivement sa dette nette grâce aux prix élevés du cuivre ces dernières années et redistribue des liquidités aux actionnaires principalement via des rachats d’actions.

Source: Freeport

Freeport est à la pointe de l’innovation dans le secteur, étant notamment la première mine américaine dotée d’un système de transport entièrement autonome (camions autonomes).

Grâce à sa base d’actifs diversifiée et à ses mines aux États‑Unis, Freeport‑McMoRan présente moins de risque juridique que la plupart des sociétés minières. Cela se traduit toutefois par une prime sur le cours de l’action, mais peut en faire un bon choix pour les investisseurs souhaitant profiter de la hausse des prix du cuivre tout en réduisant les risques.

6. Albemarle Corporation

ALB Graphique du prix

Albemarle est la plus grande entreprise de lithium au monde, avec des sites de production en Australie, au Chili, en Argentine et aux États‑Unis. L’entreprise produit également du brome.

L’entreprise a augmenté régulièrement sa production et ses ventes, les ventes nettes prévues pour 2023 devant être trois fois supérieures à celles de 2021. Elle développe rapidement sa capacité de raffinage pour la tripler d’ici 2027 par rapport à 2022. Elle prévoit de pouvoir tripler sa production de lithium d’ici 2030.

Source: Albemarle

Grâce à son envergure, Albemarle peut produire du lithium à un coût relativement bas et constitue un partenaire clé pour la plupart des fabricants de véhicules électriques et des producteurs de batteries, 80 % de ses produits étant vendus via des contrats à long terme.

En raison de sa large portée géographique, Albemarle bénéficie des tendances mondiales d’électrification et rend l’investissement dans le lithium plus simple. Elle présente un profil relativement sûr selon les standards de l’industrie minière, la plupart de ses mines se situant dans des juridictions « sûres » comme l’Australie et les États‑Unis.

7. Sociedad Química y Minera de Chile S.A.

SQM Graphique du prix

SQM est la deuxième plus grande société d’extraction de lithium au monde, avec ses actifs au Chili, le lithium représentant la majeure partie de l’activité de l’entreprise. Elle est également le leader du marché dans la production de nitrate de potassium d’origine naturelle et vend des produits chimiques spécialisés tels que l’iode, le chlorure de potassium, l’acide borique et les chlorures de magnésium.

(FCX )

Source: SQM

En avril 2023, l’entreprise a dû faire face à une initiative du Chili menaçant de nationaliser partiellement l’industrie du lithium du pays. Au-delà du choc initial, les détails supplémentaires du plan ont précisé que le pays souhaitait toujours attirer des investissements étrangers privés.

Plus précisément, la société nationale du lithium Coldeco renégocie un contrat avec SQM, et d’autres gisements de lithium seront proposés à l’exploitation. Le contrat existant sera néanmoins respecté et restera en vigueur jusqu’en 2030.

Comme les négociations sont en cours, très peu d’informations sont disponibles, et il est difficile de prévoir l’avenir à long terme de SQM. Néanmoins, le Chili est un pays fortement dépendant du secteur minier pour son économie, et la réaction initiale contre les plans de nationalisation, affectant non seulement la confiance dans le lithium mais dans l’ensemble du secteur minier, a contraint le gouvernement à limiter ses ambitions (pour l’instant ?).

La combinaison d’une baisse modérée des prix du lithium et de la menace de nationalisation a fortement affecté le cours de l’action, l’entreprise se négociant à la fin 2023 à près de 50 % en dessous de son pic de fin 2022.

Cela peut être perçu soit comme le reflet du réel risque pesant sur l’entreprise, soit comme une opportunité d’attirer des investisseurs prêts à prendre le risque et à percevoir un rendement de dividende à deux chiffres élevé en récompense.

Comme pour tous les investissements dans le lithium, les investisseurs devront se familiariser avec le paysage des véhicules électriques (demande et potentiel de chimies innovantes comme les batteries sodium‑ion, qui n’utilisent pas de lithium) et s’attendre à ce que la forte volatilité des prix du lithium persiste dans un avenir prévisible.

8. Norsk Hydro ASA (NHYDY)

Bien que l’aluminium ne soit pas directement un métal de batterie, il devient un métal de plus en plus important dans le monde moderne. Cela s’explique en partie par son utilisation pour construire des véhicules et des infrastructures plus légers, améliorant l’efficacité énergétique et réduisant l’empreinte carbone, tout en étant 100 % recyclable.

Il est également important car la plupart des lignes aériennes à haute tension sont en fait fabriquées en aluminium plutôt qu’en câbles de cuivre à tension plus faible. Ainsi, les investissements dans des réseaux électriques plus robustes devraient augmenter la demande d’aluminium. Les fermes solaires nécessitent beaucoup d’aluminium pour leurs structures. Ainsi, bien que la transition verte n’ait généré que 6 millions de tonnes de demande sur un total de 97 millions de tonnes en 2022, cette demande devrait plus que doubler d’ici 2030.

Source: Norsk Hydro

L’aluminium est également un métal qui nécessite d’énormes quantités d’énergie pour raffiner la bauxite et produire de l’aluminium.

Grâce à son recours à l’hydroélectricité en Norvège et au recyclage, Norsk Hydro est l’un des fournisseurs d’aluminium avec l’empreinte carbone la plus faible. L’entreprise prévoit également de changer de combustible et d’améliorer ses opérations pour l’améliorer davantage d’ici 2025. Elle vise la neutralité carbone d’ici 2050 ou plus tôt.

Source: Norsk Hydro

Enfin, Norsk Hydro bénéficie également du fait que la Russie, autrefois fournisseur clé de l’Europe, a été largement exclue des marchés occidentaux de l’aluminium.

L’entreprise investit dans les énergies vertes, avec Havrand Hydro, un projet d’hydrogène vert, et REIN Hydro, fournisseur de solutions d’énergie verte aux entreprises industrielles. Elle a également investi dans la capacité de production de batteries dans l’UE, détenant notamment 30 % du producteur de matériaux d’anodes en graphite synthétique Vianode et 50 % du recycleur de batteries EV Hydrovolt.

L’orientation de Norsk Hydro vers l’hydroélectricité norvégienne et des opérations à faible émission de carbone en fait une société minière solide pour gérer la transition verte. Ses produits en aluminium seront également très demandés par les consommateurs et les entreprises engagés dans la transition verte et prêts à payer une prime pour de l’aluminium à faible émission de carbone. Il en va de même pour l’hydrogène vert, qui devrait, à long terme, remplacer le charbon de cokage dans la fabrication d’acier à faible empreinte carbone.

Source: Norsk Hydro

9. Lynas Rare Earths Limited (LYSCF)

Les métaux des terres rares ne sont pas techniquement rares sur Terre, bien qu’ils soient souvent difficiles à obtenir car ils se trouvent principalement à très faibles concentrations plutôt que sous forme de gisements denses ou de pépites comme la plupart des autres métaux.

Les métaux des terres rares sont essentiels à l’informatique et aux technologies renouvelables, notamment en constituant une partie vitale des aimants permanents nécessaires aux éoliennes, ainsi qu’aux moteurs électriques (y compris pour les véhicules électriques) ou aux armements avancés.

Actuellement, la plupart de la production de terres rares, et surtout le raffinage, est assurée par la Chine. Récemment, la Chine a commencé à « weaponiser » ce quasi‑monopole, notamment en limitant les exportations de germanium et de gallium, deux métaux des terres rares importants pour l’industrie des semi‑conducteurs, en représailles aux sanctions commerciales américaines sur les technologies de semi‑conducteurs.

Lynas est un mineur de terres rares avec des mines en Australie. L’entreprise construit également une installation de traitement afin de réaliser davantage d’opérations de raffinage en Australie plutôt que de les expédier à des partenaires en Chine, la Kalgoorlie Rare Earths Processing Facility étant presque terminée (voir le lien pour la vidéo en accéléré de la construction) ainsi que des installations en Malaisie, et un projet prévu pour être opérationnel au Texas d’ici 2025‑2026.

Source: Lynas

Les terres rares sont désormais considérées comme un actif stratégique, la dépendance à l’approvisionnement chinois étant perçue comme un risque critique. Cela signifie que la production de Lynas pourrait commander une prime en cas de crise internationale ou si la Chine décide de restreindre davantage l’exportation d’autres métaux des terres rares. Cela représente également un secteur de marché de matières premières souvent non corrélé à d’autres métaux comme le cuivre ou le lithium.

10. Syrah Resources Limited

Alors que la majeure partie des efforts de R&D sur la technologie des batteries se concentre sur la partie cathode (actuellement principalement composée de lithium), la partie anode est largement considérée comme un problème « résolu », reposant sur les propriétés électriques uniques du graphite. Comme le graphite est beaucoup moins cher que le lithium, il est peu probable que cette partie de la technologie des batteries subisse des modifications importantes dans un avenir proche.

C’est également un secteur où la Chine domine. Cela peut poser problème, car la Chine a annoncé en octobre 2023 des restrictions sur les exportations de graphite. En contrôlant la plupart des étapes de production du graphite, la Chine pourrait fortement impacter les plans de la plupart des fabricants de véhicules électriques hors de Chine.

Source: Syrah

Cette mesure devrait profiter à Syrah, car l’entreprise produit son graphite au Mozambique (avec une durée de vie de la mine de 50 ans) et est sur le point d’achever une usine de matériau d’anode actif (AAM) aux États‑Unis, la première du pays.

Syrah est la plus grande entreprise intégrée de graphite naturel au monde et le premier fournisseur intégré présent en dehors de la Chine. Son exploitation de graphite est la plus grande hors de Chine, avec une teneur bien plus élevée et des réserves plus importantes que celles de ses concurrents.

Source: Syrah

Le graphite n’est pas nécessairement une ressource rare mais il est néanmoins très demandé par rapport à la production en raison du boom des véhicules électriques. Le problème est aggravé par le processus de déglobalisation et les tensions commerciales entre les États‑Unis et la Chine, poussant les fabricants occidentaux à rechercher des fournisseurs plus fiables dans des pays tiers neutres.

L’entreprise a fortement investi dans l’expansion de sa production, et il semble que le timing soit favorable, avec une intégration verticale complète prévue pour 2024. Ce contexte mondial profite à Syrah, qui a signé deux accords d’achat avec Tesla. Il est probable que d’autres fabricants occidentaux de véhicules électriques et de batteries se tournent également vers Syrah pour sécuriser des approvisionnements en graphite non chinois le plus rapidement possible.

Jonathan est un ancien chercheur en biochimie qui a travaillé dans l'analyse génétique et les essais cliniques. Il est maintenant analyste boursier et rédacteur financier, spécialisé dans l'innovation, les cycles de marché et la géopolitique dans sa publication 'The Eurasian Century'.