Durabilité
Le monde a des capacités limitées de stockage du carbone

Une étude récente1 présentée par l’International Institute for Applied Systems Analysis met en lumière de nombreuses limites de la technologie de capture du carbone en termes de capacité et de possibilités. Le rapport examine une variété de facteurs au-delà de l’approche traditionnelle.
Plus précisément, il se penche sur des questions telles que les exigences de conservation de l’environnement, les répercussions d’un échec, la perception du public et la géopolitique entourant l’utilisation de bassins qui traversent les frontières internationales. Voici ce que vous devez savoir.
CO₂ et son rôle dans le réchauffement climatique
Le dioxyde de carbone reste l’un des plus grands contributeurs au réchauffement climatique. À mesure que le CO2 se retrouve piégé dans l’atmosphère, il empêche la chaleur de s’échapper, aggravant les émissions de CO₂ et créant un cercle vicieux. Malheureusement, le CO2 est un sous‑produit de la combustion des combustibles fossiles et d’autres activités essentielles à la vie quotidienne. Ainsi, la pollution au CO2 continue d’atteindre des records.
Une autre étude a révélé qu’en 2025, les concentrations mensuelles de CO2 ont atteint un niveau record de 430 ppm (parties par million). La même étude a montré que le relâchement des normes industrielles aux États‑Unis a fait grimper les taux d’émission mondiaux, malgré une baisse provenant des fabricants chinois.
Atteindre les émissions nettes de CO₂ zéro
Conscients de l’importance de contrôler les émissions de CO2 pour préserver l’environnement, les scientifiques, les gouvernements et les institutions se sont réunis pour proposer des moyens d’atteindre des émissions nettes de carbone nulles. Les émissions nettes zéro désignent un point où la quantité de nouveau carbone produit est égale à la quantité de carbone retirée de l’atmosphère.
Notamment, l’Accord de Paris est l’exemple parfait de gouvernements qui s’engagent à lutter contre les émissions de CO2. Cet accord vise à ce que les pays mettent en place des méthodes de réduction et de capture du CO₂ afin de garantir que la hausse de la température mondiale ne dépasse pas 2 °C (3,6 °F) au‑delà des niveaux préindustriels, tout en s’efforçant de limiter l’augmentation à 1,5 °C (2,7 °F).
Capture et stockage du carbone (CCS)
La capture et le stockage du carbone (CCS) est l’un des aspects fondamentaux de l’Accord de Paris. Les méthodes de capture du carbone existent sous de nombreuses formes, des systèmes de capture directe de l’air aux stratégies à base d’eau qui combinent le CO2 avec d’autres molécules pour créer des options plus sûres. Il existe même des batteries de prochaine génération en cours de développement qui utilisent le CO2.
Une fois le CO2 capturé, il est d’abord compressé puis transporté vers un site de stockage. L’emplacement le plus courant pour stocker le CO2 se trouve profondément sous terre dans des bassins spécifiques, notamment des formations basaltiques et des veines de charbon non exploitables.
Plus précisément, ces sites de stockage du CO2 doivent avoir une profondeur minimale d’environ 800 m à 1 500 m (0,8–1,5 km). Ces restrictions sont mises en place pour éviter la déstabilisation du substratum rocheux, ce qui pourrait entraîner une activité sismique accrue dans certaines zones.
Il est à noter que l’Accord de Paris prévoit que les émissions de CO2 soient stockées pendant des siècles dans ces formations rocheuses comme moyen viable de réduire les émissions. Ainsi, de nombreuses études ont déjà cherché à localiser des sites géologiquement stables pour le stockage du CO2.
Problèmes des méthodes actuelles de CSC
Il existe plusieurs problèmes avec cette approche de la pollution au CO2. Tout d’abord, chaque étude à ce jour a été réalisée en supposant qu’il existe d’énormes quantités d’espace de stockage pour les déchets de CO2. Plus précisément, les experts ont identifié potentiellement 10 000–40 000 GtCO2 de sites de stockage possibles.
Cependant, la véritable capacité est bien moindre. D’une part, toutes les estimations précédentes n’avaient pas tenu compte des vulnérabilités pouvant rendre le site inutilisable ou imprudent au minimum. Des aspects cruciaux tels que l’activité sismique, qui pourrait entraîner d’importantes fuites, n’avaient jamais été envisagés.
Les entreprises ont investi des milliards dans la technologie de capture du carbone, et beaucoup la présentent comme une solution sûre au problème de la pollution au CO2. Malgré ces investissements massifs, très peu de CO2 a été capturé et stocké à ce jour.
Les critiques soutiennent qu’trop d’accent a été mis sur cette technologie et que le même effort consacré à la prévention serait plus logique. Ils invoquent les coûts, les données passées et les conflits liés à l’utilisation de bassins internationaux comme options de stockage du CO2 comme principaux inconvénients.
Étude sur le stockage limité du carbone
Conscients du besoin de plus de transparence, l’International Institute for Applied Systems Analysis a publié l’étude A Prudent Planetary Limit for Geologic Carbon Storage dans la revue scientifique Nature. Cette étude pionnière explore en profondeur les sites de stockage de CO2 proposés, révélant que le monde possède beaucoup moins de capacité de stockage de CO2 que ce qui était initialement pensé.
Depuis des années, les défenseurs de la capture du CO2 ont promu les affirmations industrielles de grande capacité de stockage sûr du CO₂. Cette étude démystifie ces mythes, démontrant qu’il faudra combiner prévention et stockage pour se rapprocher des émissions nettes zéro.
Vous ne pouvez pas stocker le CO₂ n’importe où
L’article examine chaque bassin potentiel de stockage de CO2 afin de déterminer s’il constitue réellement un dépôt judicieux pour ce sous‑produit nocif. L’étude a introduit le concept de « potentiel prudent », faisant référence à l’équilibre entre sécurité et capacités.

Source – Nature
L’objectif de la recherche est de minimiser les risques pour les personnes et l’environnement. De plus, les scientifiques souhaitent aider le public à comprendre que le stockage du CO₂ n’est pas illimité. Il faut imposer un plafond à chaque site en tenant compte de facteurs clés, notamment l’ingénierie, la sécurité et d’autres aspects vitaux de l’équation.
Zones environnementales sensibles
L’une des premières étapes de l’étude a consisté à exclure les zones environnementales sensibles. Vous ne pouvez pas stocker des polluants dans des lieux qui pourraient subir une perte catastrophique en cas de fuite. Un exemple parfait de cette stratégie consiste à exclure les régions arctiques et antarctiques.
Élimination des zones sismiquement actives
Un autre aspect crucial examiné par les scientifiques était l’activité sismique de chaque bassin. Les sites proches des plaques tectoniques ou des tremblements actifs ont été éliminés. Il n’est pas logique d’essayer de verrouiller le CO2 dans des formations rocheuses qui finiront par fuir à cause de séismes et de tremblements. Surtout que toute fuite pourrait être catastrophique pour les terres et les ressources en eau.
Calculs volumétriques
L’équipe a ensuite entrepris de calculer le volume de chaque site restant. Cette étape a nécessité l’examen de données cruciales, notamment la profondeur de la formation cible, le volume total des pores, l’intégrité du scellement et le type de bassin.
Guide pour les décideurs politiques
Enfin, le groupe discute de la manière dont des politiques intelligentes peuvent aider à améliorer les stratégies de retrait et de prévention du CO2. L’article explique que chaque nation doit commencer à travailler sur un plan de stockage géologique du carbone et sur la réduction des émissions de combustibles fossiles dès que possible.
Méthodologie de l’étude: Test de la capacité mondiale de stockage du carbone
Dans le cadre de l’étude, les scientifiques ont examiné les aspects cruciaux des plans actuels de stockage du CO2. Ils ont mené plusieurs tests, dont une analyse spatiale explicite. Cette stratégie les a aidés à identifier et à exclure les zones de stockage présentant des risques potentiels.
Résultats: Vraie capacité mondiale de stockage du CO₂
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| Source de l’estimation | Capacité de stockage (GtCO₂) | Hypothèses clés |
|---|---|---|
| Estimations industrielles précédentes | 10,000–40,000 | Suppose que tous les bassins géologiques sont utilisables |
| Étude Nature (2025) | ~1,460 | Exclut les zones sismiques, les zones sensibles, l’intégrité de scellement médiocre |
Les résultats des tests de l’article pourraient aider à orienter l’élaboration de futures politiques et plus encore. L’équipe a réussi à déterminer la limite planétaire pour le stockage géologique du carbone tant pour les bassins onshore que offshore. Plus précisément, ils ont établi qu’une limite planétaire prudente d’environ 1 460 Gt de stockage de CO2 était possible.
Ces données contredisent les rapports antérieurs qui plaçaient la capacité de stockage du CO2 à 10 fois ce chiffre, soit environ 11 800 Gt de stockage théorique. Elles montrent également qu’il n’est possible d’atteindre une réduction de la température mondiale de 0,7 °C qu’en s’appuyant exclusivement sur la capture du CO2. En conséquence, l’objectif principal de l’article est de démontrer que les gens devraient commencer à considérer le stockage géologique du carbone comme une ressource mondiale limitée.
Implications et avantages de l’étude
Cette étude apporte de nombreux avantages. D’une part, elle fixe des objectifs réalistes pour les initiatives de capture du CO2 qui ne prenaient pas en compte les facteurs limitatifs. En offrant au monde une vision plus transparente des capacités de capture du CO2, elle permet aux scientifiques de se concentrer sur des méthodes supplémentaires et des stratégies de prévention.
Utilisation optimale
L’article met en évidence les industries qui bénéficieraient le plus des initiatives de capture du CO2 et celles qui doivent être intégrées dans la stratégie de réduction. Plus précisément, l’article cite les industries difficiles à décarboniser comme la production de ciment, l’aviation et l’agriculture comme des domaines prioritaires pour l’intégration des méthodes de CSC.
Aperçu de la localisation
Cette étude est la première à examiner sérieusement les facteurs géographiques et géopolitiques de chaque site. Elle montre que la capacité de stockage du CO2 est inégale, certains pays comme les États‑Unis, la Russie, la Chine, le Brésil et l’Australie disposant de bassins de stockage massifs, tandis que d’autres n’en ont aucun.
Cadre juridique
Un autre avantage majeur de cette étude est qu’elle pourrait aider à façonner la législation entourant l’utilisation de bassins en eaux internationales et d’autres zones juridiquement douteuses. Ce cadre juridique devra examiner des détails critiques tels que les limites juridictionnelles, les obligations de suivi à long terme et les responsabilités financières.
Applications réelles et calendrier
L’application principale de cette étude est d’accroître la transparence sur les méthodes de CSC. Les scientifiques souhaitent que les nations comprennent que la meilleure approche combine prévention et stratégies de nettoyage. Ce n’est qu’ainsi que les émissions mondiales de CO2 pourront commencer à diminuer.
Calendrier de l’étude sur le stockage limité du carbone
Vous pouvez vous attendre à ce que cette étude ait un effet immédiat sur la communauté de la capture du CO2. La science présentée dans cet article aidera à guider les futures approbations de sites de dépôt de CO2 et pourra être considérée comme une carte pour les pays cherchant à jouer leur rôle.
Les développements clés résultant de cette étude pourraient inclure l’amélioration des routes de transport du CO2, le développement de pipelines transfrontaliers et la rationalisation des corridors d’expédition afin d’acheminer les déchets vers les hubs d’injection plus rapidement.
Chercheurs de l’étude sur le stockage limité du carbone
L’International Institute for Applied Systems Analysis a organisé l’étude sur le stockage limité du carbone. L’article cite Matthew J. Gidden, Siddharth Joshi, John J. Armitage, Alina‑Berenice Christ, Miranda Boettcher, Elina Brutschin, Alexandre C. Köberle, Keywan Riahi, Hans Joachim Schellnhuber, Carl‑Friedrich Schleussner et Joeri Rogelj comme principaux contributeurs.
Avenir de l’étude sur le stockage limité du carbone
Les ingénieurs chercheront désormais à mettre leur article entre les mains des législateurs et des environnementalistes afin d’inspirer une approche plus réaliste du problème de la pollution au CO2. Ils espèrent combiner le stockage du CO₂ avec la prévention et d’autres stratégies de capture pour obtenir des résultats.
Investir dans le secteur du stockage du CO2
Plusieurs entreprises sont impliquées dans l’industrie de la capture du CO₂. Ces sociétés vont des géants du gaz aux entreprises cherchant à créer de nouvelles méthodes de capture, comme la réutilisation du CO₂ capturé dans des stratégies de fabrication. Voici une entreprise qui mène la charge en matière d’innovation.
Chevron
Chevron (CVX ) est entrée sur le marché en 1879 sous le nom de Pacific Coast Oil Company pour fournir des produits pétroliers fiables aux États‑Unis. Notamment, l’entreprise a connu plusieurs fusions, dont avec Standard Oil Company of California en 1906, Texaco en 2001 et Unocal Corporation en 2005. Cette dernière a conduit à un changement de nom en Chevron Corp.
Chevron a été une force pionnière dans l’industrie pétrolière américaine pendant des décennies. Pendant longtemps, l’entreprise a exploité la plus grande raffinerie de Californie. Elle possède actuellement des opérations aux États‑Unis, à Bahreïn et en Arabie Saoudite.
CVX Graphique du prix
Au début des années 2000, l’entreprise a commencé à se concentrer sur les carburants renouvelables et les initiatives à faible teneur en carbone. Cette orientation a permis à la société de diversifier ses produits en biocarburants marins, dispositifs de capture du CO2 et lubrifiants avancés.
Aujourd’hui, Chevron produit environ 3,1 million de barils équivalents pétrole par jour. Elle est reconnue comme l’un des principaux fournisseurs mondiaux de pétrole et a déclaré des revenus annuels de plus de 246 milliards de dollars. Tous ces facteurs font de CVX une action intéressante pour ceux qui cherchent à accéder à un leader de l’innovation en capture du CO2 et plus encore.
Dernières nouvelles et performances de l’action CVX (CVX)
Étude sur le stockage limité du carbone | Conclusion
Sauver le monde du réchauffement climatique nécessitera plus qu’une approche unique. Ainsi, les sciences comme la capture et le stockage du CO2 ne sont qu’un des nombreux outils que les environnementalistes devront maîtriser pour faire une réelle différence. Cette étude montre que la simple capture et le stockage du CO2 ne suffisent pas. Ce n’est qu’en les combinant avec des mesures préventives pertinentes que toute stratégie pourra fournir des résultats significatifs.
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Références:
1. Gidden, M. J., Joshi, S., Armitage, J. J., Christ, A., Boettcher, M., Brutschin, E., Köberle, A. C., Riahi, K., Schellnhuber, H. J., Schleussner, C., & Rogelj, J. (2025). Une limite planétaire prudente pour le stockage géologique du carbone. Nature, 645(8079), 124-132. https://doi.org/10.1038/s41586-025-09423-y












