Informatique

Centres de données quantiques stratosphériques: le prochain cloud

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A high-altitude cirrus cloud shape

Et si « cloud computing » devenait littéral ? Les scientifiques explorent le déploiement d’ordinateurs avancés dans la stratosphère pour résoudre l’un des problèmes fondamentaux de l’informatique quantique.

Si déployée, cette méthode unique pour résoudre le problème peut réduire les coûts de refroidissement et changer complètement la façon dont nous connaissons et pensons au « cloud computing ».

TL;DR
    • Les ordinateurs quantiques nécessitent un refroidissement extrême, et les systèmes cryogéniques actuels rendent les centres de données quantiques coûteux, énergivores et difficiles à mettre à l’échelle.

    • Des chercheurs de la KAUST proposent d’installer des processeurs quantiques sur des dirigeables à haute altitude, en utilisant les températures naturellement froides de la stratosphère pour réduire la demande de refroidissement jusqu’à 21 %.

  • Ces plateformes aériennes s’appuieraient sur l’énergie solaire, des liaisons optiques en espace libre et des ballons relais pour se connecter aux centres de données terrestres tout en offrant une capacité de calcul flexible et mobile.

  • Les premiers modèles suggèrent que cette approche pourrait supporter davantage de qubits avec des taux d’erreur plus faibles, ouvrant la voie à un avenir où l’informatique quantique et le cloud convergent littéralement dans les nuages.

Le coût croissant du refroidissement des centres de données quantiques

Cooling Quantum Data Centers

Ordinateurs quantiques sont un type d’ordinateur qui utilise la mécanique quantique pour effectuer des calculs complexes bien plus rapidement que les ordinateurs classiques.

Contrairement aux ordinateurs classiques, qui stockent et traitent les données sous forme de bits (c’est‑à‑dire zéro ou un), les ordinateurs quantiques utilisent des qubits qui peuvent exister dans plusieurs états simultanément, un phénomène appelé superposition, et peuvent également être liés entre eux, un phénomène appelé enchevêtrement. Ces propriétés permettent aux ordinateurs quantiques d’explorer de nombreuses possibilités simultanément.

Avec les qubits comme unité de données fondamentale, les ordinateurs quantiques peuvent réaliser des calculs parallèles avancés et bénéficier d’une capacité de stockage nettement accrue. Cependant, les qubits sont très sensibles au bruit environnemental, tel que la chaleur, les vibrations et les interférences électromagnétiques.

Ils sont simplement très fragiles et, en conséquence, sont maintenus à des températures extrêmement basses pour prévenir les erreurs causées par le bruit et assurer un bon fonctionnement.

La plupart des systèmes quantiques fonctionnent réellement à des températures aussi basses que quelques millikelvins à 10 K.

Ainsi, bien que les centres de données quantiques (QDC) aient le potentiel de accomplir une tâche deux fois plus rapidement qu’un centre traditionnel un, ils consomment dix fois plus d’énergie en raison de l’utilisation de systèmes de refroidissement cryogénique énergivores.

En conséquence, il est nécessaire d’examiner les aspects thermodynamiques des QDC afin de réduire la consommation énergétique du refroidissement de ces centres de données.

Certaines des principales techniques de refroidissement utilisées dans les centres de données pour les puces quantiques comprennent le refroidissement laser, la réfrigération par dilution et la réfrigération à tube à impulsion, avec des technologies avancées telles que l’effet magnétocalorique (phénomène où les matériaux magnétiques se réchauffent lorsqu’un champ magnétique est appliqué et se refroidissent lorsqu’il est retiré) dans les supersolides, qui gagne également en popularité.

Une autre technique consiste à immerger les circuits quantiques dans le fluide cryogénique rare hélium‑3, qui devient un superfluide à des températures extrêmement basses et présente des propriétés quantiques uniques.

Cependant, atteindre et maintenir des environnements cryogéniques pour les qubits exige des coûts et une énergie considérables, constituant un obstacle majeur à l’adoption et à la mise à l’échelle de l’informatique quantique dans cette technologie émergente.

Cela nécessite des approches d’ingénierie innovantes pouvant permettre une informatique quantique haute performance.

Une étude de chercheurs de la KAUST a fait exactement cela en proposant le déploiement de processeurs quantiques sur des plateformes à haute altitude (HAP) stratosphériques. Les processeurs seront hébergés sur des dirigeables volant dans la stratosphère à une altitude d’environ 20 kilomètres (12,4 miles), où la température ambiante est de -50 °C (environ -58 °F).

En tirant parti de ces conditions naturellement froides, les chercheurs visent à réduire de manière significative les besoins en refroidissement des QDC et à permettre une informatique quantique durable et haute performance.

Transformer les dirigeables en centres de données cryogéniques alimentés par l’énergie solaire

Turning Airships Into Solar-Powered Cryogenic Data Centers

La nouvelle proposition des chercheurs de la King Abdullah University of Science and Technology (KAUST), publiée dans la revue npj Wireless Technology1, détaille un cadre novateur pour déployer des ordinateurs quantiques dans la stratosphère en utilisant des dirigeables, ou ballons.

Il montre également que leur approche unique d’informatique quantique verte et déployable de manière flexible dans la haute atmosphère offre une efficacité énergétique supérieure. De plus, le système offre de meilleures performances computationnelles que les centres de données traditionnels au sol.

« En opérant au-dessus des nuages et des systèmes météorologiques, le dirigeable a accès à une irradiance solaire prévisible et sans obstruction. »

– Auteur principal, Basem Shihada de la KAUST

Afin de tirer parti des conditions froides de la stratosphère, l’équipe propose des plateformes à haute altitude habilitées à l’informatique quantique (QC-HAP). Ces dirigeables stratosphériques hébergeront les dispositifs quantiques enfermés dans des cryostats pour maintenir la température cryogénique requise.
Oui, les cryostats restent nécessaires pour maintenir les états quantiques, mais à une telle altitude, les températures ambiantes naturellement basses réduisent drastiquement l’énergie requise pour le refroidissement cryogénique. 
Glissez pour faire défiler →

Paramètre Centre de données quantiques terrestre Dirigeable QC‑HAP stratosphérique
Température ambiante ~20–25 °C au niveau du sol, nécessite des piles cryogéniques profondes ≈ −50 °C à ~20 km d’altitude, allégeant la charge cryogénique
Demande d’énergie de refroidissement Élevée, dominée par les réfrigérateurs à dilution et les refroidisseurs à tube à impulsion Les modèles suggèrent jusqu’à ~21 % de demande de refroidissement inférieure par rapport aux QDC terrestres
Source d’énergie principale Électricité du réseau, souvent provenant de sources fossiles et renouvelables mixtes Solaire à haute irradiance plus batteries lithium‑soufre pour la nuit
Capacité de qubits & erreurs Limité par la puissance de refroidissement et le bruit ; taux d’erreur plus élevés à grande échelle Les modèles indiquent ~30 % de qubits supplémentaires avec des taux d’erreur plus faibles dans certaines architectures
Connectivité Fibre et réseaux classiques ; les liaisons quantiques restent expérimentales Liaisons optiques en espace libre avec secours RF et relais ballon pour un accès longue portée
Flexibilité de déploiement Emplacements fixes, cycles de construction pluriannuels et CAPEX Flotte mobile pouvant déplacer la capacité vers les zones de forte demande ou les régions éloignées

De plus, les dirigeables seront équipés de panneaux solaires pour convertir la lumière du soleil en énergie électrique et de batteries lithium‑soufre afin d’assurer un fonctionnement fluide pendant la nuit et par temps perturbé.

Selon le document, les rayons cosmiques, particules à haute énergie produites par le soleil, auraient un impact négligeable sur la fiabilité des systèmes d’informatique quantique stratosphériques, confirmant la viabilité de la plateforme dans la stratosphère. 

Les QC‑HAP positionnés dans le ciel seront reliés aux centres de données quantiques au sol.

Pour cela, les HAP enverront des informations encodées en ondes lumineuses via la communication optique en espace libre (FSO). En cas de conditions nuageuses, les liaisons radiofréquence serviront de secours.

Pour prévenir la dégradation du signal et la décohérence lors du passage des données à travers l’atmosphère, l’équipe propose d’utiliser des plateformes intermédiaires portées par des ballons à des altitudes plus basses comme stations de relais.

L’avantage des QC‑HAP réside dans leur capacité à être déplacés où ils sont nécessaires, que ce soit dans les zones de forte demande ou les régions éloignées. Ce déploiement flexible étend la couverture de l’informatique quantique, atténue les goulets d’étranglement computationnels et réduit la latence.

De plus, ils peuvent être reliés entre eux pour augmenter la puissance de calcul globale, formant « une flotte dynamique capable de fournir des services de calcul quantique à la demande et évolutifs dans le monde entier », a déclaré la co‑auteure de l’étude, Wiem Abderrahim, actuellement chercheuse à l’Université de Carthage en Tunisie.

Cette architecture de constellation multi‑HAP évolutive peut surmonter les limitations énergétiques individuelles et améliorer les avantages computationnels.

Selon les calculs des chercheurs, leur solution alimentée par le solaire pourrait réduire la demande de refroidissement de 21 % par rapport à des centres d’informatique quantique équivalents au sol.

Les chercheurs ont appliqué l’approche à deux formes majeures d’informatique quantique en fonction de leur maturité, stabilité, évolutivité et temps de cohérence. La réduction de la demande de refroidissement varie selon l’architecture des qubits, chaque type fonctionnant dans une plage de température cryogénique différente.

Une approche utilise des qubits basés sur des ions piégés refroidis à environ 4 K (environ –269 °C). Celle-ci a tiré le plus d’avantages du concept QC‑HAP. L’autre utilise des circuits supraconducteurs fonctionnant à des températures entre 10 et 20 mK.

Leur analyse montre également que ces HAP dotés de la technologie quantique supportent 30 % de qubits supplémentaires par rapport aux QDC terrestres tout en maintenant des taux d’erreur plus faibles, surtout lorsqu’ils exploitent des capacités matérielles avancées.

Outre les qubits, les économies d’énergie réalisées par le système quantique stratosphérique dépendent également de l’architecture du centre de données, selon l’étude.

Bien que puissant, ce concept futuriste est encore loin d’une mise en œuvre pratique, nécessitant des avancées significatives du matériel d’informatique quantique, comme des systèmes robustes d’identification et de correction des erreurs, notamment pendant la transmission.

Il existe également les caractéristiques uniques de l’environnement stratosphérique, telles que les variations saisonnières de l’irradiance solaire et les conditions météorologiques qui affectent la production solaire récoltée, et, par conséquent, l’efficacité énergétique de leur plateforme proposée, ce qui nécessite une attention particulière.

Les futures recherches de l’étude devraient se concentrer sur l’analyse de l’impact des facteurs environnementaux sur les systèmes quantiques et sur le développement de conceptions robustes pour le déploiement réel des QC‑HAP.

« Nos prochaines étapes consistent à passer de la phase conceptuelle et analytique à des études davantage axées sur la mise en œuvre. »

– Co‑auteur de l’étude, Osama Amin

En regardant vers l’avenir, les chercheurs s’attendent à ce que les solutions quantiques aériennes ne remplacent pas mais coexistent avec les centres de données conventionnels au sol dans un cadre de cloud hybride.

La course mondiale pour rendre les ordinateurs quantiques une réalité

Alors que les chercheurs explorent les plateformes quantiques basées dans le ciel, les grands acteurs de l’industrie continuent de faire progresser le matériel nécessaire à l’ère quantique que ces plateformes pourraient éventuellement soutenir. 

IBM (IBM ), par exemple, fait partie de ceux qui sont profondément impliqués dans les ordinateurs quantiques, espérant livrer Starling, un ordinateur quantique tolérant aux fautes à grande échelle, avant la fin de la décennie.

Récemment, la société a annoncé le développement de nouveaux unités de traitement quantique (QPU) qui, selon les prévisions, aideront à atteindre un avantage quantique ainsi qu’un ordinateur quantique entièrement tolérant aux fautes.

Avec 120 qubits, l’IBM Quantum Nighthawk est son premier nouveau processeur capable de traiter 30 % de calculs quantiques plus complexes que le QPU précédent d’IBM (R2 Heron). Chacun de ces qubits peut se connecter aux quatre voisins les plus proches grâce à des coupleurs réglables. Ce cadre permettra aux scientifiques d’explorer des problèmes nécessitant 5 000 portes à deux qubits, IBM espérant que les futures versions de Nighthawk offriront jusqu’à 10 000 portes d’ici la fin 2027.

IBM Loon est l’autre processeur plus petit, qui possède 112 qubits et tous les éléments matériels nécessaires à une tolérance totale afin de traiter le taux élevé d’échecs des qubits. Cela aidera l’équipe à apprendre avant Kookaburra, un autre processeur proof‑of‑concept, qui sera le premier QPU à conception modulaire à stocker et traiter l’information encodée. Il est prévu pour l’année prochaine.

De plus, IBM a partagé que son nouveau format de fabrication de processeurs quantiques sur une plaquette de 300 mm (12 pouces) réduit de moitié le temps nécessaire à la construction de chaque puce tout en augmentant de 10 fois la complexité physique des puces.

Alors que le matériel s’accélère, les calendriers pour une informatique quantique grand public varient considérablement selon les leaders de l’industrie.

Les ordinateurs quantiques, selon l’ancien PDG d’Intel, Pat Gelsinger (INTC ), deviendront grand public beaucoup plus rapidement, en environ deux ans, et marqueront la fin des GPU. Pendant ce temps, Nvidia (NVDA ), acteur dominant du marché des GPU, a déclaré qu’il faudrait deux décennies pour que le quantique devienne grand public.

« Nous entrons dans la décennie la plus passionnante, voire les deux prochaines, pour les technologues, » a déclaré Gelsinger dans une interview avec le FT. Il a également qualifié l’informatique quantique de « sainte trinité » du monde informatique, aux côtés de l’informatique classique et de l’IA.

Mais alors que Gelsinger croit également qu’une « percée quantique » fera éclater la bulle de l’IA, Sundar Pichai de Google la voit comme le prochain boom de l’IA elle‑même.

Le PDG de la troisième plus grande entreprise mondiale en capitalisation boursière, évaluée à 3,86 trillions de dollars, a déclaré dans une récente interview que l’informatique quantique approche rapidement d’un moment décisif similaire à ce que l’IA a connu il y a quelques années.

« Je dirais que le quantique est là, où l’IA était peut‑être il y a cinq ans. Donc je pense que dans cinq ans, nous traverserons une phase très excitante du quantique. »

– Pichai

Et Google se positionne de manière agressive pour ce changement. Selon Pichai :

« Nous disposons des efforts d’informatique quantique les plus avancés au monde… construire des systèmes quantiques, je pense, nous aidera à mieux simuler et comprendre la nature et à débloquer de nombreux bénéfices pour la société. »

ont signalé la mise en œuvre d’un code de surface2 utilisant trois circuits dynamiques distincts.

Le QEC est la façon de faire fonctionner ces ordinateurs de manière fiable. Il est également essentiel pour construire des ordinateurs quantiques tolérants aux fautes, mais « mettre en œuvre le QEC est un défi majeur car les circuits de détection et de correction d’erreurs sont complexes et exigent des opérations extrêmement précises », a déclaré le co‑auteur Matt McEwen.

Le code de surface en question fonctionne en organisant les qubits sur une grille 2D puis en vérifiant de manière répétée les défauts.

Auparavant, McEwen a travaillé sur une proposition théorique montrant qu’il existe plusieurs façons de le mettre en œuvre, en particulier en démontrant la faisabilité de trois implémentations distinctes du code de surface dynamique : hex, iSWAP et circuits de marche.

En s’appuyant sur cela, l’équipe a poursuivi le travail en prouvant qu’ils fonctionnent dans des expériences en conditions réelles.

Lors des tests, ils ont constaté que les circuits iSWAP amélioraient la suppression des erreurs de 1,56 fois et le circuit de marche de 1,69 fois, tandis que le circuit hex le faisait de 2,15 fois.

« La principale leçon tirée de notre travail est la confirmation que ces implémentations de circuits dynamiques fonctionnent en réalité. »

– McEwen

Les avancées dans la stabilité des qubits s’accélèrent également. Des ingénieurs de Princeton ont récemment pu prolonger la durée de vie des qubits dans leurs dernières recherches, qui ont été partiellement financées par Google Quantum AI.

Une avancée majeure vers le développement d’ordinateurs quantiques utiles, les ingénieurs ont créé un qubit supraconducteur qui est resté stable pendant plus d’une milliseconde, soit trois fois plus longtemps que les versions les plus performantes existantes.

« Le vrai défi, la chose qui nous empêche d’avoir des ordinateurs quantiques utiles aujourd’hui, c’est que vous construisez un qubit et l’information ne dure tout simplement pas longtemps, » a déclaré le co‑auteur Andrew Houck, doyen de l’ingénierie à Princeton. « C’est le prochain grand saut en avant. »

Pour confirmer l’amélioration de la cohérence de leurs qubits, les chercheurs ont construit une puce quantique fonctionnelle utilisant la nouvelle architecture, similaire aux systèmes développés par Google et IBM (IBM )

L’option de qubit transmon utilisée repose sur des circuits supraconducteurs qui fonctionnent à des températures extrêmement froides et offrent une protection solide contre le bruit environnemental. Ils fonctionnent également bien avec les processus de fabrication actuels. Augmenter le temps de cohérence de ces qubits, cependant, est extrêmement difficile.

Ainsi, l’équipe de Princeton a redessiné le qubit en utilisant le tantale exceptionnellement robuste pour prévenir la perte d’énergie et le silicium de haute qualité largement disponible comme substrat. Cette puce tantale‑silicium est non seulement plus facile à produire en masse, mais surpasse également les conceptions actuelles.

En combinant ces deux éléments, ainsi qu’en affinant les techniques de fabrication, l’équipe a réalisé l’une des améliorations les plus significatives de l’histoire du transmon. Un ordinateur hypothétique de 1 000 qubits pourrait fonctionner environ un milliard de fois mieux si la meilleure conception actuelle de l’industrie était remplacée par le design de Princeton, grâce à son évolutivité exponentielle avec la taille du système, selon Houck.

Théau Peronnin, PDG d’Alice & Bob, une société développant un système d’informatique quantique tolérant aux fautes avec Nvidia (NVDA ), a récemment déclaré que bien que la technologie quantique ne soit pas encore assez avancée pour menacer les systèmes cryptographiques actuels, elle pourrait devenir suffisamment puissante pour les percer quelques années après 2030.

Cela représente une menace non seulement pour le Bitcoin (BTC ) et les cryptomonnaies, mais aussi pour tout chiffrement bancaire. Il a déclaré à Fortune dans une interview :

« La promesse de l’informatique quantique est une accélération exponentielle, mais si vous prenez du recul sur une courbe exponentielle, elle devient plate – puis c’est un mur vertical. Nous ne sommes donc qu’au début de l’inflexion. Aujourd’hui, elle n’est pas plus puissante que votre smartphone. Mais donnez‑lui quelques années, et elle sera plus puissante que le plus grand superordinateur jamais construit. »

Les entreprises travaillent toutefois sur des solutions, tandis que les chercheurs élargissent la portée des réseaux quantiques. Le mois dernier, des chercheurs de l’Université de Chicago Pritzker School of Molecular Engineering (UChicago PME) ont augmenté la portée des connexions quantiques de quelques kilomètres à 2 000 km.

« Pour la première fois, la technologie permettant de construire un internet quantique à l’échelle mondiale est à portée de main. »

– Assistant Professor Tian Zhong

Dans leur étude, l’équipe a augmenté le temps de cohérence d’atomes d’erbium individuels de 0,1 milliseconde à plus de 10 millisecondes, et dans un cas, ils ont même atteint 24 millisecondes.
L’innovation résidait dans la construction des cristaux essentiels à la création d’intrication quantique d’une manière différente. Pour cela, ils ont utilisé la croissance par jet moléculaire (MBE), qui ressemble à l’impression 3D. « Nous partons de rien et assemblons ensuite cet appareil atome par atome, » a ajouté, « la qualité ou la pureté de ce matériau est si élevée que les propriétés de cohérence quantique de ces atomes deviennent exceptionnelles. »

Investir dans la technologie quantique

IonQ, Inc. (IONQ ) est une société pure‑play quantique qui construit et commercialise des ordinateurs quantiques en se concentrant sur les qubits à ions piégés. L’entreprise propose du matériel quantique via les principales plateformes cloud, rendant l’informatique quantique plus accessible et bien positionnée pour une adoption commerciale à mesure que le quantique se rapproche d’une utilisation réelle. 
La performance boursière d’IonQ reflète cela, ses actions s’échangeant actuellement à 48,10 $, en baisse de 21 % le mois dernier mais en hausse de plus de 18 % depuis le début de l’année et de 67,56 % sur les trois dernières années. Elle affiche un BPA (TTM) de -5,35 et un PER (TTM) de -9,21.

(IONQ )

En ce qui concerne la solidité financière de l’entreprise, elle a déclaré un chiffre d’affaires de 39,9 millions de dollars pour le troisième trimestre 2025, en hausse de 222 % d’une année sur l’autre. Sa perte nette était de 1,1 milliard de dollars, tandis que le BPA GAAP était de (3,58) $ et le BPA ajusté de (0,17) $.
IonQ disposait de 1,5 milliard de dollars en liquidités, équivalents de trésorerie et investissements à la fin du trimestre. 

« Nous avons livré notre jalon technique 2025 de #AQ 64 trois mois en avance, débloquant 36 quadrillions de fois plus d’espace de calcul que les principaux systèmes supraconducteurs commerciaux. Nous avons atteint un jalon véritablement historique en démontrant une performance de porte à deux qubits de 99,99 %, soulignant notre trajectoire vers 2 millions de qubits et 80 000 qubits logiques en 2030. »

– CEO Niccolo de Masi

Au cours de ce trimestre, IonQ a également finalisé l’acquisition d’Oxford Ionics et de Vector Atomic et a obtenu un nouveau contrat avec le Oak Ridge National Laboratory pour développer des flux de travail quantique‑classique accélérés et des applications énergétiques avancées.
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Dernières nouvelles boursières d’IonQ, Inc. (IONQ)

Points clés pour les investisseurs
  • L’informatique quantique a atteint un tournant. Les véritables obstacles ne concernent plus la physique, mais la capacité à construire ces machines à grande échelle. Toute percée qui rend les qubits plus faciles à refroidir ou plus stables nous rapproche d’un système réellement utilisable et commercialisable. En fait, même des idées audacieuses comme lancer des ordinateurs quantiques dans la stratosphère commencent à avoir du sens si elles résolvent de vrais problèmes d’ingénierie.

  • Pour les investisseurs qui souhaitent s’exposer sans choisir une seule entreprise, le choix judicieux consiste à se concentrer sur celles qui construisent les bases. IBM possède une longue expérience du matériel. IonQ, quant à elle, progresse rapidement avec la technologie des ions piégés. Bien que Nvidia ne fabrique pas de qubits pour le moment, les ordinateurs quantiques ont besoin de systèmes de contrôle et de puissance de calcul, ce qui correspond parfaitement à l’expertise de Nvidia.

  • Si vous suivez l’évolution, surveillez quelques signaux : des qubits qui restent stables plus longtemps, les premières preuves que la correction d’erreurs peut s’échelonner, des tests réussis d’enchevêtrement à distance, et la montée des configurations hybrides qui combinent processeurs quantiques et infrastructure informatique traditionnelle.

Conclusion : Quand le « cloud » devient quantique

L’informatique quantique évolue rapidement d’une simple curiosité de laboratoire à une course technologique mondiale, où des géants de l’industrie comme IBM, Google et Nvidia repoussent les capacités matérielles à des niveaux sans précédent. Parallèlement, les percées dans la cohérence des qubits, la correction d’erreurs quantiques et l’intrication à longue distance résolvent progressivement les défis de longue date du domaine.

Dans ce contexte, la proposition de la KAUST travaille à rendre le « cloud computing » une réalité tangible, alimentée par des températures cryogéniques naturelles et une lumière solaire perpétuelle. 

Ces avancées montrent que nous approchons d’un point d’inflexion historique. D’ici la prochaine décennie, il est très probable que l’informatique quantique passe enfin de la théorie à la praticité, remodelant le chiffrement, la science et, éventuellement, peut‑être même le sens même du « cloud ». 

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Références

1. Abderrahim W., Amin O., & Shihada B. Informatique quantique verte dans le ciel. npj Wireless Technology 1, Article 5 (2025). https://doi.org/10.1038/s44459-025-00005-y
2. A. Eickbusch, M. McEwen, V. Sivak, A. Bourassa, J. Atalaya, J. Claes, D. Kafri, C. Gidney, C. Warren, J. Gross, A. Opremcak, N. Zobrist, K. C. Miao, G. Roberts, K. J. Satzinger, A. Bengtsson, M. Neeley, W. P. Livingston, A. Greene, R. Acharya, L. Aghababaie Beni, G. Aigeldinger, R. Alcaraz, T. I. Andersen, M. Ansmann, F. Arute, …, A. Morvan et al. Démonstration de codes de surface dynamiques. Nature Physics, 2025, Article publié le 17 octobre 2025. https://doi.org/10.1038/s41567-025-03070-w
3. Gupta, S., Huang, Y., Liu, S., Pei, Y., Gao, Q., Yang, S., Tomm, N., Warburton, R. J., & Zhong, T. (2025). Interfaces spin‑photon télécom épitaxiales doubles avec cohérence à longue durée de vie. Nature Communications, 16, 9814. https://doi.org/10.1038/s41467-025-64780-6

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