Énergie
Enbridge confirme ses prévisions pour 2026 alors que des projets gaziers sont mis en service

Le 6 novembre 2026, Enbridge a fait état d’un BAIIA ajusté de 4,434 milliards de dollars canadiens au troisième trimestre, contre 4,267 milliards un an plus tôt. Le BAIIA, ou bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement, est ajusté pour tenir compte des éléments inhabituels, peu fréquents ou liés à d’autres facteurs hors exploitation. La vigueur des résultats du transport de gaz et des services publics a compensé le recul des résultats des pipelines de liquides. L’entreprise a également mis en service des projets gaziers d’une valeur supérieure à 3 milliards de dollars canadiens et confirmé ses prévisions pour 2026 : un BAIIA ajusté de 20,2 à 20,8 milliards de dollars canadiens et des flux de trésorerie distribuables de 5,70 à 6,10 dollars canadiens par action. Sauf indication contraire, les résultats ne sont pas audités et sont exprimés en dollars canadiens.
Les résultats trimestriels font apparaître une hausse beaucoup plus marquée du bénéfice selon les PCGR que du bénéfice ajusté, ainsi qu’une baisse des flux de trésorerie liés aux activités d’exploitation :
| Trois mois clos le 30 septembre | T3 2026 | T3 2025 |
|---|---|---|
| Bénéfice selon les PCGR attribuable aux actionnaires ordinaires | 1 288 millions de dollars canadiens | 682 millions de dollars canadiens |
| Bénéfice selon les PCGR par action ordinaire | 0,59 dollar canadien | 0,30 dollar canadien |
| Bénéfice ajusté | 1 074 millions de dollars canadiens | 997 millions de dollars canadiens |
| Bénéfice ajusté par action ordinaire | 0,49 dollar canadien | 0,46 dollar canadien |
| Trésorerie générée par les activités d’exploitation | 2 703 millions de dollars canadiens | 2 868 millions de dollars canadiens |
| Flux de trésorerie distribuables | 2 689 millions de dollars canadiens | 2 566 millions de dollars canadiens |
Enbridge a attribué principalement la hausse du bénéfice selon les PCGR à des variations latentes, sans effet sur la trésorerie, de la valeur des produits dérivés utilisés pour gérer les risques de change, de taux d’intérêt et de prix des matières premières, après impôt, ainsi qu’à la performance opérationnelle. Cela aide à comprendre pourquoi le bénéfice publié a augmenté davantage que le bénéfice ajusté, qui exclut les éléments inhabituels, peu fréquents ou liés à d’autres facteurs hors exploitation. La hausse de l’amortissement découlant de la mise en service d’actifs depuis le troisième trimestre de 2025, ainsi que les intérêts plus élevés sur la dette supplémentaire, ont également limité l’amélioration du bénéfice ajusté.
Les flux de trésorerie distribuables ont évolué à l’inverse des flux de trésorerie liés aux activités d’exploitation. Enbridge définit les FTD comme les flux de trésorerie liés aux activités d’exploitation avant variation des actifs et passifs d’exploitation, diminués des distributions aux participations ne donnant pas le contrôle, des dividendes sur les actions privilégiées et des dépenses d’investissement d’entretien, et ajustés pour tenir compte d’éléments inhabituels ou hors exploitation. Les dépenses d’investissement d’entretien ont diminué, passant de 303 à 231 millions de dollars canadiens grâce à des mesures d’économies déployées dans l’ensemble de l’entreprise, ce qui a contribué à la hausse des FTD malgré l’augmentation des charges d’intérêts.
Le gaz et les services publics compensent la faiblesse des liquides
Le BAIIA ajusté du secteur du transport de gaz a augmenté de 165 millions de dollars canadiens pour atteindre 1,427 milliard. Cette hausse s’explique principalement par le règlement du dossier tarifaire d’East Tennessee, une augmentation tarifaire déjà approuvée pour Texas Eastern, des conditions contractuelles favorables pour Texas Eastern et une hausse du rendement autorisé sur les fonds propres affectés à la construction. Le BAIIA ajusté du secteur de la distribution et du stockage de gaz a progressé de 105 millions de dollars canadiens pour atteindre 665 millions, sous l’effet de tarifs de base plus élevés en Utah et en Caroline du Nord, ainsi que de tarifs plus élevés et de la croissance du nombre de clients en Ontario.
Les pipelines de liquides ont suivi la tendance inverse : leur BAIIA ajusté a reculé de 101 millions de dollars canadiens pour s’établir à 2,206 milliards. Le segment a pâti de la baisse des volumes du réseau Mainline, après partage des bénéfices, de la diminution des tarifs de Line 9 et de la sous-utilisation des contrats Market Access vers la côte américaine du golfe du Mexique. La conversion favorable des bénéfices en dollars américains a partiellement compensé ces pressions. La composition des résultats entre segments explique pourquoi la croissance consolidée du BAIIA ajusté est restée modeste malgré les contributions plus solides du gaz et des services publics.
Les mises en service et les acquisitions remodèlent le portefeuille de projets
Le projet d’expansion Aspen Point sur le gazoduc B.C. Pipeline de Westcoast et le projet d’expansion Tennessee Ridgeline sur le gazoduc East Tennessee Natural Gas Pipeline sont entrés en service au cours du trimestre et ont été retirés du portefeuille de projets sécurisés. Des ajouts d’environ 1 milliard de dollars canadiens liés à Pony Express 2 et au projet d’expansion de Long Lake ont partiellement reconstitué le portefeuille, qui s’élève toujours à environ 38 milliards de dollars canadiens. Le secteur du transport de gaz dispose encore d’un portefeuille de projets approuvés de 15 milliards de dollars canadiens, comprenant le projet d’expansion Sunrise, d’une valeur de 4 milliards, et des projets d’expansion des capacités de stockage totalisant près de 90 milliards de pieds cubes, le long de la côte américaine du golfe du Mexique et en Colombie-Britannique.
La présentation des résultats d’Enbridge indique que la capacité d’Aspen Point peut atteindre 535 millions de pieds cubes par jour et précise que Tennessee Ridgeline desservira une centrale au gaz de TVA.
La mise à jour trimestrielle a également fait le point sur deux opérations liées au pétrole brut. Le 9 septembre, Enbridge a convenu d’acquérir les activités de Tallgrass Energy dans le secteur du pétrole brut pour 2,55 milliards de dollars américains en espèces, notamment 75 % de Pony Express et 51 % de Powder River Gateway. La transaction demeure assujettie aux approbations réglementaires et aux conditions de clôture. Enbridge prévoit que le projet d’expansion Pony Express 2, évalué à 0,3 milliard de dollars américains, portera la capacité à environ 515 000 barils par jour vers la fin de 2027.
Par ailleurs, l’acquisition des activités de collecte de Salt Creek Midstream, annoncée le 26 août pour 0,6 milliard de dollars américains, a été finalisée avec effet au 9 octobre. La durée moyenne restante des contrats liés à ces actifs est d’environ 10 ans. Combinés aux activités de transport de Gray Oak et aux infrastructures d’exportation d’Ingleside, ces actifs étendent le service d’Enbridge, du puits jusqu’à l’exportation maritime du pétrole brut du bassin permien.
Les besoins de financement façonnent les perspectives
Enbridge prévoit de financer son programme de croissance sécurisé grâce à une capacité annuelle prévue d’investissement en capital de croissance de 10 à 11 milliards de dollars canadiens. Les partenariats constituent une autre source de financement : KKR et Apollo ont apporté environ 0,7 milliard de dollars canadiens à la clôture et se sont engagés à investir environ 2,0 milliards de dollars canadiens supplémentaires dans les programmes Aspen Point et Sunrise. Leur participation dans Westcoast devrait atteindre 29 % lors de la mise en service de Sunrise en 2028, tandis qu’Enbridge restera l’actionnaire majoritaire et l’exploitant.
Le plan de financement comprenait également un placement par prise ferme de 44,7 millions d’actions ordinaires, d’un montant de 3,0 milliards de dollars canadiens, clôturé le 14 septembre, en partie pour réduire les risques de financement liés aux acquisitions de Tallgrass et de Salt Creek. Le ratio dette/BAIIA sur 12 mois glissants — la mesure non conforme aux PCGR d’Enbridge comparant la dette au BAIIA ajusté — s’établissait à 5,1x à la fin du trimestre, soit légèrement au-dessus de sa fourchette cible. L’entreprise a attribué ce résultat aux différents taux de change utilisés pour convertir la dette à la fin de la période et le BAIIA des 12 mois précédents.
Enbridge a également réaffirmé son objectif à moyen terme d’une croissance annuelle composée d’environ 5 % du BAIIA ajusté, du flux de trésorerie distribuable par action et du bénéfice ajusté par action. Le trimestre illustre à la fois la contribution opérationnelle de cette expansion et les exigences financières qu’elle entraîne : les investissements dans le gaz et les services publics soutiennent la hausse des bénéfices et du flux de trésorerie distribuable, tandis que les nouveaux actifs et le financement des acquisitions alourdissent les amortissements, les charges d’intérêts et l’endettement. La question centrale pour les prochains résultats est de savoir si la trésorerie générée par le réseau élargi suivra le rythme des investissements nécessaires à sa construction et à son expansion par acquisitions.












