Actifs numériques
S’engager au Canada à la suite de l’hostilité au sud de la frontière – quelles plateformes prévoient une présence croissante ?

Il n’est pas secret que l’administration Biden et divers régulateurs aux États-Unis travaillent d’arrache-pied pour garder le secteur des actifs numériques sous contrôle. Ces efforts ont récemment abouti à diverses actions d’application de la loi contre des géants du marché tels que Coinbase, Kraken, Binance et d’autres. Ces mesures surviennent alors qu’une crise bancaire ayant entraîné la faillite de plusieurs banques se déroule, et beaucoup se demandent jusqu’où les autorités sont prêtes à aller pour limiter les entrées et sorties de capitaux dans le pays.
Naturellement, le Canada et les États-Unis étant plus interconnectés et dépendants l’un de l’autre que, sans doute, toute autre paire de nations dans le monde, les craintes des investisseurs canadiens ont également été attisées, se demandant si des mesures similaires seront prises au nord de la frontière.
À cette fin, plusieurs de ces grandes plateformes ont pris le temps, cette semaine, d’apaiser ces craintes, exprimant leur intention de renforcer leur engagement d’expansion au Canada en rejoignant Crypto.com dans le dépôt d’un ‘engagement de pré‑enregistrement’.
Coinbase
Parmi toutes les actions d’application prises au cours des dernières semaines, l’une des plus surprenantes concernait Coinbase. En tant qu’entité cotée en bourse qui affirme être en contact constant avec les régulateurs, on pensait que le niveau de transparence et de coopération affiché permettrait à l’entreprise de bénéficier d’au moins le bénéfice du doute.
Ce ne fut pas le cas, car la SEC a surpris la plateforme avec des accusations découlant du programme de staking de Coinbase, alléguant que la plateforme offrait des valeurs mobilières non enregistrées. Inutile de dire que Coinbase n’a pas été impressionné et a publié une réponse très ferme indiquant qu’elle se battra bec et ongles devant les tribunaux pour prouver que la SEC agit de mauvaise foi lorsqu’elle affirme que les entreprises n’ont qu’à se présenter et s’enregistrer.
Dans ce contexte, Coinbase a pris le temps de partager des informations sur ses efforts renouvelés au Canada, déclarant que “Le vendredi 24 mars, Coinbase Canada a signé un engagement de pré‑enregistrement renforcé (PRU).” En faisant cela, Coinbase a notamment remercié les régulateurs canadiens pour leurs ‘efforts visant à apporter de la clarté à l’industrie’ et a indiqué que l’entreprise ‘est impatiente de poursuivre sa collaboration avec eux sur une réglementation qui protège les consommateurs tout en favorisant l’innovation’. Bien que cela puisse être vrai, il s’agit également d’une pique claire à l’encontre de la SEC.
Dans l’ensemble, Coinbase déclare que,
“Nous croyons que les Canadiens sont désireux d’accéder aux avantages des cryptomonnaies, et nous sommes ravis de pouvoir leur offrir une plateforme fiable à cet effet. Avec notre expansion au Canada, nous sommes un pas de plus près de réaliser notre mission de créer un système financier ouvert et d’accroître la liberté économique à travers le monde.”
À un moment où les Canadiens luttent contre l’inflation, le coût du logement exorbitant et une multitude d’autres pressions financières, il est toujours positif de voir des entreprises créer des emplois qualifiés. À cet égard, Coinbase indique que son équipe canadienne compte déjà plus de 200 personnes.
Kraken
Ne voulant pas être laissé derrière par Coinbase, Kraken a annoncé des plans similaires cette semaine qui le verront étendre ses opérations à travers le Canada. En partageant son dépôt d’un engagement de pré‑enregistrement, la plateforme a déclaré,
“Étant donné le travail supplémentaire nécessaire pour obtenir une licence réglementaire, certaines plateformes mondiales ont restreint ou cessé d’offrir leurs services aux clients canadiens. Kraken, en revanche, s’engage à soutenir le Canada en tant que pierre angulaire de notre activité mondiale. En fait, nous sommes fiers d’employer actuellement 250 Canadiens qui travaillent tous d’arrache-pied pour apporter la liberté financière aux clients dans leur juridiction d’origine!”
Kraken est également allé jusqu’à expliquer pourquoi il prévoit une expansion supplémentaire au Canada, notant que le pays est ‘en train de devenir rapidement un acteur majeur du marché crypto’. Cette affirmation repose sur le fait que 13 % des Canadiens possèdent déjà des actifs numériques, tandis que 31 % supplémentaires prévoient d’entrer sur le marché dans les mois à venir.
Avec une population d’environ 39 000 000 d’habitants, cela pourrait potentiellement représenter plus de 17 000 000 de participants au marché ayant besoin de services fiables avant le passage à 2024.
Existing Competitors
Bien que Coinbase et Kraken puissent étendre leurs efforts au Canada, le duo ne fonctionnera en aucun cas sans concurrence. Les restrictions imposées par les régulateurs canadiens ayant déjà entraîné l’éviction de diverses sociétés telles que KuCoin, Bittrex et d’autres du marché canadien, cela a permis à quelques plateformes locales de gagner une forte emprise sur le marché. La liste suivante présente les entreprises qui ont déjà franchi les procédures d’enregistrement et sont autorisées à exercer leurs activités au Canada.
- Bitbuy
- Bitvo
- Coinberry
- Coinsquare
- Fidelity
- Netcoins
- Newton
- CoinSmart
- VirgoCX
- WealthSimple
À ce jour, les seules plateformes à être explicitement interdites par la CSA sont KuCoin et Poloniex.
Final Word
À l’heure actuelle, il n’y a pas de pénurie de plateformes que les Canadiens peuvent utiliser. Cependant, plusieurs d’entre elles, déjà limitées en volume, pourraient peiner face aux efforts accrus de Coinbase et Kraken, le duo étant sans doute capable d’offrir des services plus rationalisés, fiables et polyvalents via leurs plateformes respectives.
Il convient de noter que la plus grande plateforme du monde, Binance, envisagerait actuellement de rester ou de quitter le Canada alors qu’elle fait face à ses propres problèmes réglementaires aux États-Unis. Bien qu’elle n’ait pas annoncé le dépôt d’un engagement de pré‑enregistrement officiel, il est dit que la plateforme travaille avec les régulateurs pour éventuellement le faire.












