Aerospace Actions

Top 10 des actions aérospatiales et de défense

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Dangers croissants

Il est malheureusement vrai que l’ordre international qui prévaut depuis 1990 et la chute de l’Union soviétique se désagrège. De la guerre en Ukraine à la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, la guerre entre Israël et le Hamas (et peut‑être davantage entre les États‑Unis, le Hezbollah et l’Iran), aux tensions autour de Taïwan et à la rivalité Chine‑États‑Unis, le monde devient rapidement un lieu dangereux.

Ceci pourrait être la période la plus dangereuse que le monde ait connue depuis des décennies.– Jamie Dimon, PDG de JPMorgan

Dans ce contexte, il peut être logique pour les investisseurs de s’intéresser à l’industrie de la défense. Le secteur a déjà bien performé mais pourrait n’en être qu’au début d’une croissance explosive. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait supposer d’après les gros titres, les principaux ETF de défense ont vu leur cours augmenter de 2007 à 2019 et sont depuis restés largement stagnants.

Source: Yahoo Finance: iShares U.S. Aerospace & Defense ETF

Une des raisons de cette performance relativement lente est que les États‑Unis ont en réalité réduit leurs dépenses de défense, mesurées en pourcentage du PIB, au cours des dernières années.

Source: Crescat Capital

Correspondre à une demande croissante

Le retour de la guerre industrielle en Ukraine a pris l’industrie de défense occidentale par surprise. À ce jour, elle peine encore à rattraper le retard et à produire tous les véhicules, missiles et obus d’artillerie nécessaires pour remplacer les stocks qui s’amenuisent. Et c’était avant l’explosion soudaine de la violence en Israël :

Bien que cela ne constitue pas une bonne nouvelle à court terme, c’est une bonne nouvelle pour l’industrie de la défense. Le monde se réarme et pourrait entrer dans une nouvelle guerre froide. De nombreuses armées qui avaient été réduites, notamment en Europe, cherchent maintenant à reconstruire leurs forces.

Certains investisseurs peuvent se sentir mal à l’aise à l’idée de gagner de l’argent avec les fabricants d’armes. Et, bien sûr, cela soulève des questions éthiques.

Seuls les morts ont vu la fin de la guerre. – Platon

Mais au final, chaque nation doit pouvoir se défendre. Le secteur est souvent considéré comme une « action péché », aux côtés du tabac, des jeux d’argent, de l’alcool, etc., qui ont tendance à générer des rendements supérieurs à ceux des autres secteurs.

Top 10 des actions aérospatiales et de défense

1. Lockheed Martin Corporation

Lockheed est à l’origine de certains des programmes d’armes les plus puissants (et les plus coûteux) aux États‑Unis, comme le F‑35. L’avion furtif développé conjointement avec Northrop Grumman et BAE Systems a connu un développement difficile mais est maintenant « débogué » et produit en grande quantité, la demande dépassant la production.

(LMT )

Bien qu’elle soit active dans toutes les branches militaires, l’entreprise se concentre surtout sur les technologies avancées et l’aérospatiale, l’aéronautique représentant 6,2 Mds $ de revenus au T1 2023, missiles & contrôle de tir 2,3 Mds $ (dont le désormais célèbre HIMARS en Ukraine), hélicoptères 3,5 Mds $ et espace 2,9 Mds $, pour un total de 15,1 Mds $ de ventes.

Lockheed intervient également dans la cybersécurité et les systèmes navals (systèmes anti‑aériens AEGIS et missiles anti‑navires à longue portée).

Source: Lockheed Martin

Elle est présente dans le segment le plus avancé de l’industrie de la défense, incluant IA & armes autonomes, guerre électronique, missiles hypersoniques, armes à laser,

Depuis le vaste réarmement militaire de la Seconde Guerre mondiale, Lockheed Martin occupe une place centrale dans l’industrie de défense américaine. Cela ne devrait pas changer de sitôt. La supériorité aérienne reste le principe central de la doctrine militaire de l’OTAN.

L’entreprise devrait également être un bénéficiaire majeur de l’augmentation des dépenses militaires des alliés américains, comme le montrent les récentes ventes de F‑35 à la Finlande, la Suisse et l’Allemagne, ou les 486 systèmes d’artillerie HIMARS commandés par la Pologne (plus que les États‑Unis eux‑mêmes n’en exploitent).

2. RTX Corporation

Souvent simplement appelée Raytheon, l’entreprise est un conglomérat regroupant le fabricant d’armes Raytheon, le constructeur de réacteurs aéronautiques Pratt & Whitney et Collins Aerospace.

(RTX )

L’entreprise est présente dans pratiquement tout ce qui vole, avec 11 millions de passagers déplacés chaque jour grâce aux équipements de Collins Aerospace, un avion propulsé par Pratt & Whitney décollant chaque seconde, et la moitié de la population mondiale protégée par les produits militaires de Raytheon (dont le système de défense aérienne Patriot, dont 15 Mds $ ont récemment été vendus à la Pologne).

Source: Raytheon

Dans la composante aéronautique, RTX sera un fournisseur clé pour le vaste carnet de commandes de 12 500 avions d’Airbus et Boeing.

L’entreprise prévoit une croissance de ses ventes de 6‑7 % CAGR jusqu’en 2025, avec 9 Mds $ de flux de trésorerie disponible en 2025.

RTX est une entreprise très innovante, ses technologies étant cruciales pour le transport aérien, tant militaire que civil. Elle travaille également à l’électrification du transport aérien et au déploiement de carburants d’aviation durables ou alternatifs, ainsi qu’à l’intégration des systèmes existants avec l’IA et des capteurs avancés. Du côté militaire, Raytheon développe aussi des missiles hypersoniques, une capacité clé où les États‑Unis accusent un certain retard face à la Russie et à la Chine, Lockheed Martin étant le seul véritable concurrent.

La guerre en Ukraine a mis en évidence l’importance de la domination aérienne et de la défense aérienne dans les conflits modernes. Et le boom post‑pandémique du voyage a montré que la demande de transport aérien ne disparaîtra pas. Ainsi, RTX devrait continuer à bien performer en tant que fournisseur central de systèmes de transport aérien et de défense aérienne aux États‑Unis et à l’OTAN. Cela en fait un bon choix pour les investisseurs cherchant une entreprise de défense aux activités civiles étendues.

3. Northrop Grumman Corporation

Northrop Grumman est une société aérospatiale de défense surtout connue pour la création du bombardier stratégique furtif B‑2, chaque exemplaire coûtant près d’un milliard de dollars. Ce design de plus de 20 ans sera remplacé par le B‑21, encore en développement.

(NOC )

L’entreprise se situe également à la pointe de la technologie spatiale et a notamment travaillé sur le télescope spatial James Webb.

Source: Northrop

L’entreprise tire la majeure partie de ses revenus des systèmes spatiaux et aéronautiques, avec un autre grand segment, la division des systèmes de mission, couvrant une large gamme de capteurs, logiciels de cyberdéfense, communications sécurisées et C4ISR (Commandement, Contrôle, Communications, Informatique, Renseignement, Surveillance et Reconnaissance). Elle est également un producteur majeur de munitions, des petits calibres aux projectiles guidés en passant par les gros calibres.

 

Source: Northrop

L’entreprise se projette comme fournisseur d’armes avancées, avec le développement et le déploiement de systèmes d’armes autonomes tels que le X‑47B, le drone hélicoptère Fire Scout, les drones de surveillance Global Hawk et MQ‑4C Triton, ou les futurs drones d’attaque autonomes.

Source: Northrop

L’entreprise est à la pointe du développement d’armes à énergie dirigée (lasers), de guerre électronique, de systèmes anti‑drone, et d’missiles balistiques intercontinentaux.

Alors que des entreprises comme RTX et Lockheed fournissent la majeure partie de la puissance de l’US Air Force (avions de combat, missiles, défense aérienne), Northrop Grumman offre la capacité la plus avancée, du spatial aux commandements intégrés en passant par les bombardiers lourds furtifs. Ainsi, investir dans cette société revient à parier sur la capacité de l’armée américaine à rester une force ultra‑technologique, guidée par l’innovation, les capacités de pointe et un avantage technologique écrasant.

Avec l’importance croissante des drones et de la guerre électronique, Northrop deviendra probablement de plus en plus central pour les capacités offensives et défensives des États‑Unis, et ses nouveaux bombardiers furtifs seront un facteur clé pour suivre le rythme des adversaires comme la Russie et la Chine.

4. General Dynamics Corporation

Certaines des armes les plus importantes (et les plus coûteuses) des États‑Unis sont des actifs aérospatiaux. Mais, maintes fois, les stratèges militaires redécouvrent la vérité simple : toute guerre se gagne d’abord sur terre et sur mer. De l’infanterie aux chars et à l’artillerie, des navires aux sous‑marins, le moyen le plus rentable de déployer la puissance de feu reste le sol ou la mer.

(GD )

General Dynamics est à l’origine du véhicule blindé Stryker, des chars M1 Abrams, des destroyers guidés Arleigh Burke, et des sous‑marins nucléaires des classes Virginia et Columbia. Elle possède également une activité civile avec ses jets privés Gulfstream.

Source: General Dynamics

Chaque système d’armes de General Dynamics est central pour les opérations de l’armée et de la marine américaines et peut souvent être décrit comme l’épine dorsale de leur puissance militaire.

Du côté naval, General Dynamics est le seul fournisseur de sous‑marins nucléaires aux côtés de Huntington Ingalls Industries (voir ci‑dessous pour le profil détaillé). La classe Arleigh Burke compte 73 navires actifs en octobre 2023, avec dix‑neuf autres prévus pour entrer en service.

Du côté terrestre, le char M1 Abrams, en service depuis 1980, est l’un des plus lourds au monde, avec plus de 10 000 unités produites. Environ 4 900 véhicules Stryker ont été produits depuis 2000.

La guerre en Ukraine a conduit une partie importante de l’OTAN, qui utilisait encore du matériel d’époque soviétique ou des chars allemands, à fournir ces armes à l’Ukraine. Cela a ouvert un marché d’exportation significatif pour General Dynamics, comme le montrent les ventes massives à la Pologne (affaire de 4,75 Mds $) et peut‑être bientôt à la Roumanie.

De l’autre côté du monde, la rivalité croissante avec la Chine a fait craindre aux États‑Unis de perdre du terrain en capacité navale, la Chine étant prévue pour devenir la plus grande flotte de sous‑marins d’ici 2030. Cela sera difficile à résoudre à court terme, les chantiers navals de General Dynamics et de Huntington Ingalls fonctionnant déjà à pleine capacité. Néanmoins, c’est une tendance encourageante pour General Dynamics, qui sera bien placé pour aider à renforcer la flotte du Pacifique américain.

Les deux guerres, en Ukraine puis en Israël, ont démontré l’importance des actifs militaires « ordinaires » dans l’architecture de sécurité mondiale. Les capacités navales et les troupes au sol comptent. Ainsi, les investisseurs dans General Dynamics peuvent compter sur le réarmement des alliés de l’OTAN et la rivalité croissante avec la Chine pour garder le carnet de commandes de l’entreprise plein, voire supérieur à sa capacité de production à court et moyen terme.

5. BAE Systems plc

BAE est la principale société de défense du Royaume‑Uni, le plus grand fabricant du pays et le plus grand contractant de défense en Europe (7e plus grand au monde). Malgré son statut britannique, BAE réalise la majorité de ses revenus aux États‑Unis, l’Europe étant son 3ᵉ plus grand marché et l’Arabie Saoudite le 4ᵉ.

Source: BAE Systems

L’entreprise possède des activités diversifiées, les systèmes aériens et maritimes étant les plus grands segments, suivis des systèmes électroniques (ES), des plateformes & services (P&S) et du cyber & intelligence (C&I). Le carnet de commandes total s’élève à 83 Mds $.

Source: BAE Systems

Parmi ses programmes les plus importants figurent les avions Eurofighter, la participation au programme F‑35, le Dreadnought, et les sous‑marins de classe Astute.

Dans le segment naval, le récent accord AUKUS (Australie, Royaume‑Uni, États‑Unis) a attribué à BAE 3,95 Mds £ pour la prochaine phase du programme concernant les sous‑marins nucléaires.

Sur terre, BAE a été sélectionnée pour fournir le véhicule blindé multi‑usage (AMPV), remplaçant la famille de véhicules M113, datant de la guerre du Vietnam, dans l’armée américaine.

La guerre en Ukraine a soudainement rendu vitale la capacité de la base industrielle de l’OTAN à produire suffisamment de obusiers de 155 mm, BAE, fournisseur de ces munitions, étant derrière Rheinmetall (voir ci‑dessous) et une capacité de production bien inférieure aux besoins, avec un carnet de commandes mesuré en décennies.

Source: BAE Systems

BAE envisage d’acquérir l’américain Ball Aerospace pour 5,55 Mds $, ce qui étendra la présence de BAE dans la technologie spatiale, tant civile que militaire.

L’entreprise innove dans des technologies comme la réalité virtuelle et augmentée, les munitions avancées, la cybersécurité, la guerre électronique, les drones et la surveillance. BAE travaille également sur des applications civiles d’électrification, incluant l’aviation hybride et électrique.

Le pacte AUKUS symbolise l’intégration croissante des industries de défense du Royaume‑Uni et de l’Australie avec celle des États‑Unis. Cette tendance devrait se poursuivre dans le contexte des tensions internationales croissantes, offrant de nouvelles opportunités à l’étranger pour BAE. Cela fait de l’entreprise l’un des principaux contractants de défense européens tout en étant profondément liée au budget de défense américain, la protégeant du risque d’un sous‑financement de la défense de l’UE.

6. L3Harris Technologies, Inc.

L3Harris est un fournisseur clé de l’industrie de la défense. Elle a généré 60 % de ses revenus en 2022 du Département de la Défense américain (DoD), 20 % des commandes de défense internationales et 20 % des industries civiles.

(LHX )

Elle vend des solutions dans les systèmes de mission intégrés (capteurs, centre de commandement, etc.), l’espace et les systèmes de communication. L’entreprise occupe une position de leader dans tous les domaines de l’air, du sol, de l’espace, de la mer et du cyber, Harris contrôlant notamment 45 % du marché mondial des radios tactiques, plusieurs fois plus que le concurrent suivant.

Source: L3Harris

À bien des égards, les systèmes L3Harris sont « invisibles » pour le grand public, qu’ils soient placés dans des satellites en orbite ou qu’ils ne soient pas aussi photogéniques que les chars et les destroyers, avec des équipements comme les radios, antennes, commandes de direction, radars, sonars, optiques, etc. Ces équipements sont néanmoins absolument vitaux pour presque tout le matériel militaire moderne dans un champ de bataille de plus en plus connecté.

L’entreprise se développe par acquisition, avec l’achat en juillet 2023 du développeur de réacteurs de missiles hypersoniques Aerojet Rocketdyne pour 4,7 Mds $, ajoutant un 4e département à la société.

En raison de sa présence dans la plupart des équipements de l’OTAN, L3Harris bénéficiera probablement du renforcement général de nouveaux équipements ou de leur mise à niveau, quel que soit le système d’armes choisi par une nation donnée.

Cela en fait un bon choix d’action pour les investisseurs cherchant une exposition au secteur de la défense sans vouloir se plonger dans les détails des armes spécifiques ou du bras militaire le plus intéressant.

7. Dassault Aviation société anonyme (AM.PA)

Avec les plus grands fabricants d’armes étant américains, il est facile d’oublier que d’autres pays sont également de grands fabricants et exportateurs d’armes. Un acteur important est la France, avec Dassault Aviation comme entreprise leader du pays. Elle fait partie du groupe Dassault, qui comprend également le plus grand Dassault Systèmes, le groupe média Dassault Figaro, ainsi que l’utilité publique Veolia.

Le système d’armes le plus célèbre et le plus important de Dassault est l’avion de combat français Rafale. L’avion a récemment vu croître les espoirs d’exportations supplémentaires vers le Moyen‑Orient, notamment 24 avions supplémentaires pour le Qatar, les récents événements en Israël rendant difficile l’évaluation de l’impact sur la probabilité de concrétisation de cet accord. 42 Rafale ont également été vendus à l’Indonésie en 2022, et l’Inde a sélectionné le Rafale pour ses forces navales en 2023, portant le total à 26 avions supplémentaires.

Au total, Dassault Aviation a enregistré 80 nouvelles commandes de Rafale au premier semestre 2023 et possède un carnet de commandes existant de 164 avions, dont 125 destinés à l’exportation. Ce vaste carnet donne à l’entreprise plus de 10 ans de visibilité.

Dassault produit également les jets d’affaires Falcon, avec 2 100 unités en service.

En plus de ses propres ventes, Dassault Aviation détient 25,23 % du principal autre contractant de défense français, Thales (HO.PA), actif dans l’aérospatiale, les logiciels et la cybersécurité.

Contrairement aux fabricants d’avions de combat américains, Dassault adopte une stratégie de production conjointe avec des pays tiers, y compris des pays non‑OTAN comme l’Inde ou l’Indonésie. Cela contribue grandement à ses récents succès à l’exportation, de nombreux pays souhaitant développer leurs industries de défense nationales et partiellement localiser la production de systèmes d’armes avancés, notamment en aéronautique et aérospatiale.

Cette tendance de collaboration internationale se manifeste également dans le programme nEUROn, le premier véhicule aérien de combat sans pilote (UCAV) européen, développé en coopération avec les gouvernements italien, suédois, espagnol, grec et suisse.

Le secteur européen de la défense connaît un essor après la guerre en Ukraine, et la nécessité pour tous les membres de l’OTAN d’augmenter leurs dépenses de défense au‑delà de 2 % du PIB. Combiné au succès de la stratégie d’exportation de Dassault Aviation, cela fait de l’entreprise une action de défense attrayante, diversifiant l’approche centrée sur les États‑Unis de nombreuses actions de défense.

8. Rheinmetall AG

Rheinmetall est le plus grand contractant de défense en Allemagne. Le pays a longtemps adopté une position de réduction de ses forces armées après la chute de l’Union soviétique. L’invasion de l’Ukraine a changé cela, l’Allemagne cherchant à porter rapidement ses dépenses à 2 % du PIB, et ayant déjà plus que doublé ses dépenses de défense entre 2014 et 2024.

Source: Rheinmetall

Les « produits principaux » de l’entreprise sont les chars (Leopard et, à l’avenir, Panther), les camions militaires, les systèmes de défense aérienne et les actifs aériens sans pilote (drones), ainsi que les capteurs et systèmes électroniques.

Source: Rheinmetall

Rheinmetall est également le plus grand producteur d’obus d’artillerie en Europe, notamment le calibre critique de 155 mm, avec des installations en Allemagne et en Afrique du Sud, et une nouvelle en cours de construction en Hongrie. Elle produit aussi une munition de persistance (drone kamikaze), HERO.

La guerre en Ukraine a montré aux planificateurs militaires européens le scénario probable d’une guerre terrestre en Europe :

  • Dépendance lourde à l’artillerie, avec une consommation d’ammunitions bien supérieure aux attentes précédentes.
  • Importance croissante des drones et des munitions de persistance.
  • Par conséquent, importance croissante des défenses aériennes locales et mobiles, ciblant non pas les avions mais les drones et les cibles plus petites/moins coûteuses.

Pour tous ces nouveaux besoins, Rheinmetall est bien positionnée pour fournir les armées européennes. C’est le seul grand contractant européen à avoir anticipé le besoin de nouvelles usines d’ammunitions. Elle peut également fournir son drone HERO, ainsi que des systèmes de défense aérienne fixes ou mobiles, terrestres ou navals, locaux et connectés.

Source: Rheinmetall

Au T2 2023, Rheinmetall a été sélectionnée comme finaliste pour le programme de véhicule de combat américain XM30. Le gagnant ne sera annoncé qu’en 2027, mais ce remplacement du véhicule M2 Bradley pourrait changer la donne pour Rheinmetall, les 6 785 unités de son prédécesseur ayant été produites.

Sur un thème plus pacifique, Rheinmetall travaille également sur la technologie hydrogène et a déjà commencé à recevoir des commandes pour cette technologie dans ce secteur. L’entreprise explore aussi le potentiel d’applications civiles pour ses systèmes de drones terrestres, par exemple un manutentionnaire de bagages sans pilote pour les aéroports.

En raison de son focus sur les munitions, les chars et la défense aérienne, Rheinmetall est très bien placée pour combler le vide de la défense européenne révélé par la guerre en Ukraine. Elle bénéficiera également de nouvelles commandes liées à la reconstruction des arsenaux après que les armes plus anciennes aient été envoyées en Ukraine.

9. Huntington Ingalls Industries, Inc.

Il existe une tendance dominante dans l’industrie de la défense, surtout aux États‑Unis, des fusions et acquisitions menant à la création de grands conglomérats de défense actifs dans tous les secteurs à la fois.

(HII )

Huntington Ingalls a jusqu’à présent résisté à cette tendance, se concentrant exclusivement sur la construction navale. L’entreprise est responsable de la construction de la majeure partie de la marine américaine, y compris les porte‑avions, les sous‑marins, les navires amphibies, les destroyers, etc. Cela comprend le porte‑avions de classe Ford, le plus grand navire militaire du monde.

Huntington Ingall n’est pas seulement responsable de la construction de ces navires, mais aussi de leur entretien et de leurs modernisations, offrant à l’entreprise une très bonne visibilité sur son travail plusieurs décennies à l’avance.

La construction navale est désormais le facteur limitant du renforcement de la marine américaine, plutôt que le budget ou le besoin de plus de navires. Il devient de plus en plus clair que les États‑Unis devront engager un processus d’une décennie pour augmenter leur capacité de chantiers afin de suivre la Chine, un seul des 13 chantiers militaires chinois ayant plus de capacité que les 7 chantiers militaires américains réunis.

Cela devrait assurer la croissance continue de Huntington Ingall jusqu’en 2040 voire au‑delà, et même alors, le besoin d’entretien, de réparations et de modernisations de la flotte existante devrait la maintenir à 100 % de capacité pendant encore longtemps.

Malgré ces perspectives, l’action de l’entreprise se négocie toujours au même prix qu’en 2017, la plupart de l’attention du marché restant concentrée sur les sociétés aérospatiales ou les contractants de défense européens. En cas de crise sécuritaire dans le Pacifique ou même le Golfe Persique, la nécessité d’une marine forte reviendra probablement au premier plan, et les marchés pourraient suivre en conséquence.

10. Leonardo S.p.A.

Le contractant de défense italien fournit de nombreux systèmes militaires utilisés sur plusieurs plateformes. Leonardo est davantage une entreprise technologique, vendant ses produits à d’autres pour intégration dans leurs équipements finis. Cela le rend légèrement différent des grandes entreprises de défense, généralement axées sur la vente d’un avion, d’un char ou d’un sous‑marin spécifique.

Source: Leonardo

L’entreprise vend principalement aux États‑Unis, à l’Italie et à l’Europe. Son activité est surtout tirée par les achats d’hélicoptères et d’avions, suivis de l’électronique (en particulier les radars et les outils de communication).

Source: Leonardo

Leonardo commence également à se transformer en une société holding d’équipements de défense de niche, cherchant à créer des synergies au sein du portefeuille et entre les partenaires.

Récemment, Leonardo a acquis une participation de 25,1 % dans la société allemande de capteurs Hensoldt, pour 606 M€ (autofinancé), suite à la fusion de 2022 avec l’entreprise israélienne RADA Electronic Industries (fusion entièrement en actions). Cela provient de multiples autres participations dans des sociétés d’hélicoptères, de fabricants de satellites et d’entreprises d’électronique de défense.

Source: Leonardo

Une opportunité de croissance clé pour Leonardo se situe sur le marché anti‑drone. Son système DRS de surveillance aérienne et Counter‑Unmanned Aerial Systems (C‑UAS) combine radar, missiles à courte portée et canon automatique (voir la vidéo) pour protéger contre toutes les menaces de drones, y compris les quadcopters et les munitions de persistance qui se sont avérées dévastatrices en Ukraine, même pour les chars les plus avancés. Il déploie également le SPEAR, utilisant le High Power Electromagnetic (HPEM) pour « frire » les électroniques des drones entrants, y compris le danger croissant des essaims de drones.

Ces systèmes peuvent être ajoutés à de nombreuses plateformes de véhicules et offrent une réponse flexible à une menace qui évolue rapidement. En 2021, Leonardo a reçu 600 M$ pour des packages anti‑drone de l’armée américaine en partenariat avec General Dynamics, grâce à un processus de prototypage rapide qui n’a duré que 2 ans.

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Le cœur de métier de Leonardo, l’électronique et l’avionique de défense, est très stable et en croissance. Associé aux systèmes anti‑drone, cela pourrait faire de Leonardo une entreprise de défense à forte croissance. Avec une action cotée à un ratio P/E inférieur à 10, la société est plutôt bon marché, et son cours ne reflète probablement pas son potentiel de croissance malgré des rendements remarquables de 3 x depuis 2020.

Jonathan est un ancien chercheur en biochimie qui a travaillé dans l'analyse génétique et les essais cliniques. Il est maintenant un analyste boursier et écrivain financier avec un focus sur l'innovation, les cycles de marché et la géopolitique dans sa publication The Eurasian Century.