Réglementation
Mise à jour réglementaire – SEC enquête sur Coinbase, restructuration de la CFTC, Infrawatch PH demande l’interdiction de Binance

Alors que le marché des actifs numériques continue de trouver son équilibre, divers développements impliquant les régulateurs ont commencé à se manifester ces derniers jours. Voici quelques exemples de ces développements et ce qu’ils impliquent.
SEC enquête sur Coinbase
Tout juste après les nouvelles concernant d’anciens employés de Coinbase inculpés pour délit d’initié par le Département de la Justice (DoJ), on estime que la SEC a désormais décidé d’ouvrir une enquête sur l’entreprise elle‑même. L’enquête, rapportée pour la première fois par Bloomberg, semblerait découler des accusations présentées dans le dossier de délit d’initié sus‑mentionné, qui laissent entendre que Coinbase vendait des titres non enregistrés.
Alors que le DoJ n’a pris aucune mesure contre Coinbase, la SEC aurait vu là une occasion d’intervenir et de poursuivre son approche de longue date consistant à « réguler par l’application de la loi » – un sentiment repris par la commissaire de la CFTC Caroline Pham.

Source: Twitter @CarolineDPham
Ceux qui sont dans le secteur des actifs numériques depuis un certain temps se souviendront peut‑être d’une époque où Coinbase était notoirement lent et restrictif dans la liste de ses actifs. Ce n’est qu’après des discussions avec la SEC que l’entreprise a commencé à élargir les actifs pris en charge pour atteindre le groupe étendu que l’on trouve aujourd’hui. Selon Coinbase, ces discussions ont impliqué un examen par la SEC du processus de validation des actifs de l’entreprise – le même processus utilisé pour déterminer si les actifs aujourd’hui qualifiés de titres pouvaient être listés.
Cette situation a poussé le directeur juridique de Coinbase, Paul Grewal, à publier une longue déclaration critiquant l’action entreprise par la SEC.
“Nous avons coopéré avec l’enquête de la SEC sur les méfaits reprochés par le DOJ aujourd’hui. Mais au lieu d’engager un dialogue avec nous au sujet des sept actifs présents sur notre plateforme, la SEC est passée directement à l’action judiciaire. Les accusations de la SEC mettent en lumière un problème important : les États‑Unis n’ont pas de cadre réglementaire clair ou fonctionnel pour les titres d’actifs numériques. Et au lieu d’élaborer des règles sur mesure de manière inclusive et transparente, la SEC s’appuie sur ce type d’actions d’application ponctuelles pour tenter d’intégrer tous les actifs numériques sous sa juridiction, même ceux qui ne sont pas des titres.”
Ce problème n’est pas nouveau. Depuis des années, l’ensemble de l’industrie a clairement indiqué qu’un cadre actualisé pour les titres d’actifs numériques devait être établi. Malgré cela, ainsi que les appels d’autres organes de régulation, l’administration Biden a publié un ordre exécutif appelant à l’élaboration de cadres mis à jour, et des commissaires de la SEC elle‑même ont réaffirmé une position similaire, des problèmes comme celui impliquant Coinbase continuent d’apparaître alors que la SEC persiste dans son approche de régulation par l’application de la loi.
Restructuration de la CFTC
Parallèlement, à la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), une modeste restructuration a récemment été annoncée alors que l’organisme de régulation cherche à « …promouvoir une innovation fintech responsable ».
Dans un récent discours d’ouverture du président Rostin Behnam, il déclare : “Nous nous trouvons ici en grande partie parce que l’industrie des actifs numériques aux États‑Unis ne relève pas d’un régime réglementaire complet unique. Au lieu de cela, la CFTC, d’autres agences fédérales et les régulateurs d’État sont le plus souvent comparés à une couverture patchwork qui devient de plus en plus insuffisante à mesure que les températures baissent et que les vulnérabilités se dévoilent.”
Il poursuit : “Nos divisions politiques principales s’attaquent désormais directement à la manière dont la CFTC peut exploiter son autorité existante pour apporter des protections réglementaires importantes à ce marché [des actifs numériques]”
“LabCFTC évolue de nouvelles manières et adoptera une nouvelle identité sous le nom de Office of Technology Innovation (OTI)… L’OTI continuera de diriger les efforts de la CFTC pour intégrer l’innovation et la technologie dans notre supervision réglementaire et nos fonctions critiques, et le fera de manière délibérée en soutenant les divisions opérationnelles et la participation de la Commission à la coordination nationale et internationale.”
Essentiellement, la CFTC fait ce que la SEC refuse : créer une division spécifiquement dédiée à l’élaboration d’un cadre réfléchi pour réguler une industrie qui ne correspond à aucune des options existantes.
Infrawatch PH demande l’interdiction de Binance
Ce n’est pas seulement aux États‑Unis que les régulateurs et le secteur des actifs numériques continuent de s’affronter. La Securities and Exchange Commission des Philippines enquête désormais sur la plus grande bourse du monde, Binance.
L’enquête découle d’une plainte déposée par un groupe de réflexion national nommé Infrawatch PH, qui affirme que la bourse opère illégalement dans le pays et continue de le faire. Dans sa plainte, divers problèmes sont mis en avant, allant de l’exploitation sans licence commerciale à l’offre des produits financiers suivants sans approbation, entre autres.
- Trading au comptant
- Trading sur marge
- Contrats à terme
- Options
- Prêts cryptographiques
- Trading P2P
En allant plus loin, la plainte souligne que Binance a déjà été interdit dans plusieurs pays et laisse entendre qu’elle a largement contribué à l’effondrement de LUNA et UST.
Le coordinateur d’Infrawatch PH, Terry Ridon, exprime une nette aversion envers l’entreprise, déclarant : “Des millions d’utilisateurs philippins de Binance sont exposés chaque jour à plusieurs autres risques financiers et se retrouvent sans recours. Binance exploite le marché philippin sans responsabilité.”
Pour le moment, on pense que Binance travaille avec les régulateurs afin d’obtenir les licences nécessaires pour opérer dans le pays. Le temps dira si Infrawatch PH réussira à faire fermer Binance, à l’infliger une amende et à l’interdire définitivement aux Philippines.












