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Hiver crypto de 2022 : fermetures de plateformes et licenciements massifs

Le secteur des cryptomonnaies avait déjà traversé des périodes difficiles de baisse et de consolidation prolongée. Cette analyse décrit les fermetures de plateformes et les réductions d’effectifs à la fin de 2022, dans leur contexte historique.
La crise de TerraUSD et l’effondrement de FTX durant les six mois précédents avaient fait craindre une baisse durable à de nombreux investisseurs. Pendant la hausse antérieure, l’idée que les cours ne pouvaient que monter avait au contraire gagné du terrain.
La situation présentait des similitudes avec 2018, lorsque les cours avaient chuté, des entreprises fermé et des licenciements massifs été annoncés. Selon le tableau de marché présenté alors dans l’article, les principaux cryptoactifs avaient perdu jusqu’à 75% depuis leurs sommets, et de nombreuses altcoins entre 90% et 99%. Les réductions d’effectifs et les fermetures soulevaient des questions sur la viabilité des entreprises, sans rendre toutes les crises ou sociétés identiques.
Le japonais Line Corp avait annoncé la fermeture de sa plateforme américaine Bitfront. Les nouvelles inscriptions et les paiements par carte de crédit ont été suspendus le 28 novembre 2022. Selon le calendrier de l’entreprise, tous les services devaient cesser au plus tard en mars 2023. Le groupe expliquait vouloir poursuivre le développement de l’écosystème blockchain LINE et de l’économie du token LINK.
Atom Asset Exchange (AAX), basée à Hong Kong, ne fonctionnait plus normalement après le gel des retraits et la suppression de comptes sur les réseaux sociaux. L’article associait ces difficultés à des pertes de l’unité de négociation affiliée 10kM Trading. De son côté, Hoo.com avait également disparu d’internet après des mois d’inactivité et des retraits précédemment interrompus, laissant les fonds des clients bloqués.
Certains observateurs pensaient que les effets de contagion de l’effondrement de FTX étaient déjà passés. À la publication, l’étendue des dommages restait pourtant inconnue. De nouvelles baisses et le départ d’autres investisseurs ou entreprises demeuraient possibles, sans certitude quant à leur ampleur ou leur calendrier.
Licenciements massifs dans les cryptomonnaies
Les petites plateformes figuraient parmi les premières à annoncer des suppressions de postes, souvent en raison du ralentissement économique. De plus grandes entreprises ont ensuite annoncé des licenciements, des mises à pied temporaires et des gels des embauches.
Bybit a annoncé une nouvelle vague de licenciements après les réductions de juin 2022, autour de la crise Terra/Luna. Début décembre, le cofondateur et directeur général Ben Zhou a présenté une restructuration prévoyant environ 30% de salariés en moins.
Malgré les licenciements, Zhou restait optimiste concernant l’avenir de Bybit. Il remerciait les salariés concernés pour leur contribution et affirmait que l’entreprise ne les oublierait pas. Il s’agissait du point de vue de la direction.
L’australienne Swyftx a supprimé 90 postes, soit environ 35% de ses effectifs. Son directeur général Alex Harper estimait qu’une équipe réduite aiderait la plateforme à traverser les conditions difficiles du marché.
En novembre 2022, Coinbase (COIN), plateforme de cryptomonnaies cotée en bourse, a supprimé environ 60 postes. Rain Financial, soutenue par Coinbase, a également réduit ses effectifs en invoquant les besoins opérationnels et les conditions de marché.
Kraken a annoncé le 30 novembre 2022 le départ d’environ 1.100 personnes, soit 30% de ses effectifs. Le cofondateur et alors directeur général Jesse Powell évoquait des facteurs macroéconomiques et géopolitiques ayant réduit les volumes de négociation et les nouvelles inscriptions.
Selon Powell, cette réduction ramenait l’équipe à une taille comparable à celle d’un an auparavant. Il se disait néanmoins toujours très optimiste au sujet des cryptomonnaies et de Kraken.
Selon les informations de l’époque, Digital Currency Group (DCG), de Barry Silbert, a réduit ses effectifs d’environ 13% en novembre. Unchained Capital a annoncé le 18 novembre une réduction d’environ 15%. Meta a supprimé plus de 11.000 postes. L’article mentionnait aussi des réductions de 10% chez Mythical Games, de 22% chez Dapper Labs et de 53 postes chez BitMEX. Pour Galaxy Digital (GLXY ), il était question de projets de réduction d’environ un cinquième des effectifs ; l’estimation de 170 personnes figurant dans l’article n’était pas un chiffre confirmé.
FTX et plusieurs sociétés affiliées ont demandé la protection américaine du Chapter 11 le 11 novembre 2022. Cette date diffère de la demande de BlockFi du 28 novembre. L’article évoquait également plusieurs centaines de postes perdus pendant la restructuration de FTX, comme estimation de l’époque.
L’article reprenait des informations faisant état d’environ 2.000 postes supprimés chez Crypto.com pendant les réductions de l’automne 2022. Il mentionnait aussi des baisses d’environ 33% chez NYDIG, 10% chez le fournisseur de liquidité GSR et 40% chez l’indienne WazirX. Ces chiffres relevaient de la couverture de 2022.
L’effondrement de FTX a accru la pression, mais les licenciements avaient commencé plus tôt en 2022, notamment en juin et juillet après la crise de TerraUSD en mai.
Pour juin et juillet, l’article indiquait des réductions de 45–60% chez CoinFLEX, le développeur de l’écosystème Cosmos Ignite et l’argentine Buenbit. Blockchain.com, la place de marché de NFT OpenSea, HTX et Bybit étaient cités avec des baisses de 20–30%. Compass Mining, Gemini et Bullish.com auraient réduit leurs effectifs de 10–15%.
L’article mentionnait aussi environ 100 licenciements chez le prêteur Celsius Network, la brésilienne 2TM et l’australienne Banxa sur la même période. Pour juin, il indiquait environ 1.100 postes chez Coinbase, 400 chez BlockFi et 270 chez Bitpanda. Ce sont les estimations de la couverture d’origine, pas une nouvelle vérification des registres de personnel de chaque société.
La fintech TrueLayer, l’opérateur de validateurs Stakefish, Snap, le mineur de cryptomonnaies Core Scientific (CORZ ), Robinhood, la latino-américaine Bitso et BitMEX étaient également cités parmi les entreprises ayant supprimé des emplois en 2022.
Perspectives après la vague de licenciements
Dans les statistiques citées par l’article, les cryptomonnaies occupaient la dixième place parmi les sous-secteurs technologiques pour les licenciements déclarés en 2022.
CoinGecko estimait leur part à environ 4% des licenciements recensés dans le secteur technologique. Il ne s’agissait pas de 4% de tous ses salariés. Le résultat dépendait du périmètre et des données publiques recueillies. Le nombre d’entreprises touchées suggérait un ralentissement plus large qu’un problème temporaire dans une seule société.
Certaines entreprises, dont Ripple Labs, continuaient à recruter selon les informations de l’époque. Binance était présentée comme un exemple d’expansion pendant la baisse. Cela ne démontrait pas qu’aucune autre plateforme ne se développait.
Malgré le pessimisme des investisseurs particuliers, certains espéraient que le secteur avait progressé depuis 2018 et pouvait apprendre des crises précédentes. Ces possibilités ne garantissaient pas la réussite de chaque entreprise ou investissement.
La technologie blockchain peut soutenir de nouveaux services financiers et d’autres applications. En 2022, des progrès restaient nécessaires concernant le passage à l’échelle, l’utilisation et les modèles économiques. Le développement technologique pouvait favoriser la croissance sans supprimer les risques des projets ou tokens individuels.
Une utilisation accrue pouvait soutenir la demande, mais ni un point bas du marché ni un rebond ultérieur des cours n’étaient garantis. La baisse poussait les projets à privilégier les revenus, les coûts et la valeur réelle plutôt que la seule spéculation. Cette pression ne rendait pas automatiquement chaque projet viable.
L’hiver crypto représentait donc des difficultés à court terme et une voie possible vers un secteur plus mûr à long terme. Le résultat dépendait de la gestion des risques par les entreprises et les utilisateurs ; les améliorations ne profiteraient pas automatiquement à tous.












