Robotique

Adieu l’hydraulique – Atlas le robot passe à l’électrique

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Boston Dynamics poursuit ses travaux en robotique avec une nouvelle version entièrement électrique d’Atlas, dévoilée en avril 2024. Elle s’appuie sur plus de dix ans de recherche consacrée à cet humanoïde. Cette présentation marque une étape de développement, et non une mise en vente immédiate.

Une présentation spectaculaire

La nouvelle version a été dévoilée dans une annonce accompagnée d’une vidéo. Atlas apparaît d’abord allongé sur le ventre sur un sol en béton. Sa silhouette est épurée et ses articulations moins exposées. Ces images montrent son apparence, sans fournir à elles seules ses dimensions ou ses caractéristiques techniques complètes.

Dans la séquence, les jambes se replient et les pieds viennent se placer de part et d’autre du bassin. Le robot se redresse ensuite et ajuste sa posture. Cette façon de se relever illustre des mouvements qui diffèrent de ceux d’un humain.

Plus petit et plus élégant

Le robot fait ensuite pivoter ses articulations pour se tourner vers la caméra. Sa tête circulaire est entourée d’un anneau lumineux. L’apparence de cette tête ne suffit pas à déterminer précisément les capteurs qu’elle contient ni ses capacités de navigation.

Atlas s’approche de la caméra, puis sort du champ. La séquence donne un aperçu de sa démarche et de sa conception. Elle ne constitue pas une mesure comparative complète de ses performances par rapport à la version précédente.

Robotique humanoïde

Les robots humanoïdes nourrissent depuis longtemps l’imagination des ingénieurs et des auteurs de science-fiction. Des assistants domestiques aux machines capables de travailler dans des environnements dangereux, leurs usages envisagés sont nombreux. Les progrès récents rendent certaines applications plus accessibles, même si leur déploiement reste complexe.

Atlas fait partie des humanoïdes développés pour accomplir des tâches dans des espaces conçus pour les humains. L’objectif est notamment de réaliser des opérations répétitives, précises ou dangereuses. La fiabilité, la sécurité et l’intégration dans les ateliers restent des conditions essentielles à leur utilisation.

La version hydraulique prend sa retraite

En avril 2024, Boston Dynamics a retiré du programme sa version hydraulique d’Atlas. Ce projet de recherche avait fourni pendant plus de dix ans des enseignements sur la mobilité et la manipulation. Atlas n’était toutefois pas le tout premier robot de l’entreprise.

L’ancien Atlas utilisait des actionneurs hydrauliques. Ils lui permettaient de produire des efforts importants et d’exécuter des mouvements dynamiques. Ce choix imposait aussi des contraintes de conception, d’alimentation et d’entretien.

Sa silhouette et sa démarche différaient de celles du nouvel Atlas. Malgré cela, les démonstrations de la version hydraulique montraient des capacités remarquables, notamment pour le parkour et d’autres mouvements acrobatiques. Une démarche inhabituelle ne signifiait donc pas une incapacité à se déplacer efficacement.

Du déplacement de caisses au franchissement d’obstacles, Atlas hydraulique a servi de plateforme d’expérimentation. Les enseignements tirés de ce programme ont contribué à la nouvelle génération.

Pourquoi passer de l’hydraulique à l’électrique ?

Ce changement répond aux objectifs de la nouvelle plateforme et aux enseignements des essais précédents. Il ne signifie pas que l’hydraulique serait inadaptée à toute application robotique. Chaque technologie présente des avantages et des contraintes.

L’hydraulique est complexe

Un système hydraulique utilise du fluide sous pression, des pompes, des conduites et des organes de commande. Ces éléments doivent fonctionner ensemble correctement. Une chaîne d’actionnement électrique évite certains problèmes liés au fluide, mais conserve ses propres composants mécaniques, électriques et électroniques susceptibles de tomber en panne.

Entretien et réparations

L’entretien hydraulique exige notamment de surveiller les fuites, la pression et l’état du fluide. Une contamination ou une anomalie peut dégrader le fonctionnement. La gravité dépend du système et de ses protections; toute erreur n’entraîne pas nécessairement une défaillance catastrophique.

Des modules électriques peuvent faciliter certaines interventions, selon leur conception et leur accessibilité. Le remplacement d’un servomoteur n’est cependant pas toujours moins cher ou plus rapide que celui d’un composant hydraulique. La fiabilité et les coûts doivent être évalués pour l’application concernée.

La taille compte

Le passage à l’électrique modifie aussi l’intégration des composants. Un système hydraulique a besoin d’une alimentation en fluide sous pression, généralement assurée par une pompe, et non par un simple compresseur d’air. La masse et l’encombrement dépendent de l’ensemble de la conception.

Le nouvel Atlas présente une apparence plus compacte et moins de conduites visibles. La vidéo ne permet toutefois pas de chiffrer une réduction de masse ou de taille, ni de conclure que tous les câbles ont disparu. Ceux-ci peuvent être intégrés à la structure.

Une plus grande amplitude de mouvement

L’amplitude d’une articulation dépend de l’actionneur, des transmissions et des contraintes mécaniques. Il existe aussi des actionneurs hydrauliques rotatifs. On ne peut donc pas opposer systématiquement une hydraulique limitée à des moteurs électriques capables de tourner sans contrainte sur 360 degrés.

Mouvement efficace

Le nouvel Atlas conserve une forme humanoïde tout en explorant des mouvements qui dépassent les possibilités du corps humain. Ses articulations sont conçues pour répondre aux besoins des tâches, plutôt que pour reproduire exactement les gestes d’une personne.

Cette approche apparaît dès le début de la démonstration, lorsque le robot se relève puis pivote. Une telle souplesse peut offrir davantage de façons d’accomplir une opération. Son efficacité réelle doit néanmoins être évaluée en situation de travail.

Une meilleure prise

La préhension reste un défi majeur. Le robot doit adapter ses efforts à la forme, à la masse et à la fragilité de l’objet. Chez l’humain, la perception tactile et la coordination rendent ce geste souvent intuitif; en robotique, il faut associer capteurs, commande et conception du préhenseur.

Les possibilités de préhension sont un axe de développement du nouvel Atlas. Différents outils peuvent être nécessaires selon les objets et les environnements. L’annonce ne signifie pas que toutes ces variantes sont déjà disponibles commercialement.

Plus facile à contrôler, programmer, surveiller

Les progrès des moteurs, de l’électronique de puissance et des capteurs permettent d’affiner la commande des articulations. Ils facilitent aussi le suivi du fonctionnement. Ils ne démontrent pas une supériorité universelle de l’électrique sur toutes les autres solutions.

Le logiciel joue également un rôle important. Il peut aider à coordonner les robots, suivre leurs missions et conserver des données d’exploitation. Les fonctions disponibles dépendent du robot et de la plateforme utilisée.

Le rôle de l’IA

L’apprentissage automatique et la vision par ordinateur peuvent améliorer la perception et la commande des robots. Les interfaces en langage naturel constituent une autre piste de recherche. La présence de ces technologies dans le secteur ne prouve pas qu’Atlas dispose déjà de toutes ces fonctions dans une offre destinée aux clients.

Un écosystème plus large

L’utilisation de robots en entreprise exige davantage qu’une machine performante. Elle suppose aussi une infrastructure informatique, des connexions, des procédures, de la formation et des règles de sécurité. Ces éléments conditionnent la valeur d’un déploiement.

Un réseau de services et d’outils adaptés peut faciliter l’exploitation et la maintenance. La préparation de cet environnement fait donc partie du travail nécessaire avant un déploiement à grande échelle.

Flottes de robots

La gestion de flotte permet de réunir les informations provenant de plusieurs robots et de suivre leurs missions. Des données cohérentes sur un site peuvent aider à organiser les inspections et à analyser les changements dans l’environnement.

Logiciel Orbit

Orbit est la plateforme centralisée de Boston Dynamics pour la gestion des flottes et des données. Lors de l’annonce de 2024, elle était disponible pour Spot; l’intégration de Stretch et d’Atlas était annoncée pour la suite. Il ne fallait donc pas la présenter comme permettant déjà de piloter tous ces robots.

Boston Dynamics

Boston Dynamics développe des robots mobiles depuis bien avant cette nouvelle version d’Atlas. Hyundai Motor Group a acquis une participation de contrôle de 80 % en juin 2021. Le nouvel Atlas devait commencer par des essais avec Hyundai, avant un éventuel déploiement plus large.

Hyundai Motor Company

Hyundai Motor Company, fondée en 1967, a son siège à Séoul, en Corée du Sud. Le constructeur automobile fait partie de Hyundai Motor Group, qui détient la participation de contrôle dans Boston Dynamics.

La photographie de marché présentée dans cet article de 2024 indique une hausse d’environ 6 % de l’action Hyundai Motor Company sur les deux semaines précédentes. L’annonce d’Atlas pouvait attirer l’attention sur les activités robotiques du groupe, sans garantir une hausse future du titre.

Expérience de déploiement

L’expérience acquise lors de la commercialisation d’autres robots peut aider à préparer les essais d’Atlas. Un déploiement industriel exige de valider les usages et les services associés, au-delà d’une démonstration technique.

Boston Dynamics indiquait alors plus de 1 500 déploiements de Spot. Pour Atlas, l’entreprise prévoyait des essais avec un petit groupe de clients, en commençant par Hyundai, selon une démarche comparable à celle suivie pour Stretch.

Un déploiement progressif permet de relever les difficultés en conditions réelles et d’améliorer le matériel, le logiciel et les services. Il ne garantit pas l’absence de défauts, mais aide à les identifier avant une utilisation plus étendue.

Concurrents

Plusieurs entreprises développent désormais des robots humanoïdes. Leurs projets diffèrent par les tâches visées, le niveau de maturité et les moyens de production. Voici deux autres acteurs à suivre dans ce domaine.

Tesla

TSLA Graphique du prix

Tesla, dirigée par Elon Musk, développe elle aussi un humanoïde. Son expérience dans les véhicules électriques et la production industrielle peut apporter des ressources au projet, sans suffire à démontrer sa réussite future.

Tesla a son siège à Austin, au Texas, et travaille notamment sur les véhicules électriques et l’énergie. L’article rapporte une hausse d’environ 20 % de son action sur les deux semaines précédentes en 2024. En décembre 2023, un rappel concernant plus de 2 millions de véhicules aux États-Unis avait prévu une mise à jour logicielle destinée à renforcer les contrôles d’utilisation d’Autosteer.

Optimus

Optimus est le projet humanoïde de Tesla (TSLA ). Un prototype avait été présenté en septembre 2022, puis une version de deuxième génération en décembre 2023. Les vidéos de tâches quotidiennes, comme le pliage d’un vêtement, ne doivent pas être considérées à elles seules comme la preuve d’une exécution autonome ou d’une disponibilité commerciale.

 Figure

Figure est une jeune entreprise soutenue notamment par Microsoft (MSFT ) et Nvidia (NVDA ). En février 2024, elle a annoncé un financement de 675 millions de dollars auquel participaient aussi OpenAI Startup Fund, Jeff Bezos via Bezos Expeditions, Intel Capital, lié à Intel (INTC ), et ARK Invest. ChatGPT est un produit, pas un investisseur.

La vision par ordinateur aide ces robots à interpréter leur environnement, tandis que les méthodes d’apprentissage peuvent améliorer certaines tâches. Leurs performances doivent être évaluées selon les conditions de démonstration et les usages réellement validés.

L’évolution des robots humanoïdes sous vos yeux

La nouvelle version électrique d’Atlas ouvre une étape importante du programme. L’annonce met l’accent sur la mobilité et la manipulation, mais ne fournit pas toutes les mesures nécessaires pour comparer vitesse, masse ou autonomie de batterie. Les essais industriels doivent préciser ce que le robot peut accomplir de façon fiable. Un assistant domestique généraliste ne découle pas automatiquement de cette présentation.

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David Hamilton est un journaliste à plein temps et un bitcoiniste de longue date. Il se spécialise dans la rédaction d'articles sur la blockchain. Ses articles ont été publiés dans plusieurs publications bitcoin, notamment Bitcoinlightning.com