Finances personnelles

Accessibilité financière de l’énergie et capacité d’investir

mm
Ajouter Securities.io à vos sources préférées sur Google

Comment la précarité énergétique limite les investissements des ménages

Ouvrir un compte d’investissement est devenu plus facile. Trouver de l’argent à y placer reste un autre défi. Pour les ménages confrontés à des factures élevées de chauffage, de climatisation et d’électricité, les obstacles à l’investissement peuvent apparaître bien avant le choix d’un courtier ou la comparaison de fonds.

Une nouvelle étude publiée dans l’International Review of Economics and Finance examine ce lien. Les chercheurs Chenwen Bai, Yupeng Shi, Qin Si et Wentao Zhang constatent que la précarité énergétique est associée à une participation moindre aux actifs financiers risqués et à des investissements plus faibles dans ces actifs chez les ménages chinois.1

Les résultats suggèrent que l’inclusion financière ne dépend pas seulement de l’accès aux produits financiers. Les ménages doivent aussi disposer d’une marge de manœuvre suffisante pour les utiliser. Cela soulève une question plus générale pour les investisseurs et les décideurs publics : améliorer l’accessibilité financière de l’énergie pourrait-il renforcer les bases financières nécessaires à l’investissement à long terme ?

Les conclusions de l’étude sur la précarité énergétique

Les chercheurs ont analysé cinq vagues de la China Family Panel Studies, couvrant la période de 2014 à 2022. Leur ensemble de données comprend 49 485 observations ménage-année, ce qui signifie qu’un même ménage peut apparaître dans plusieurs années d’enquête. Les ménages urbains et ruraux sont inclus.

La définition principale de la précarité énergétique retenue était une dépense énergétique annuelle du ménage supérieure à 10 % de son revenu. Les chercheurs ont également testé d’autres mesures, notamment des combinaisons de faibles revenus et de coûts énergétiques élevés, ainsi que le recours à des combustibles de cuisson non propres.

La participation financière a été mesurée à partir de la détention d’actifs financiers risqués, notamment des actions, des fonds et des produits de gestion de patrimoine sans garantie. La part du portefeuille correspondait à la proportion de ces actifs dans l’ensemble des actifs du ménage, et non uniquement dans son portefeuille financier.

Mesure de l’étude Résultat
Couverture de l’enquête Cinq vagues, de 2014 à 2022
Taille de l’ensemble de données 49 485 observations ménage-année
Seuil principal de précarité énergétique Dépenses énergétiques supérieures à 10 % du revenu du ménage
Effet estimé sur la participation Baisse de 1,64 point de pourcentage
Effet estimé sur la part des actifs risqués Baisse de 0,72 point de pourcentage

La distinction entre points de pourcentage et pourcentages est importante. L’estimation de la participation décrit une variation de la probabilité de détenir des actifs risqués. Elle ne signifie pas que les soldes des comptes d’investissement ont diminué de 1,64 % ni que les rendements des placements ont baissé.

Le lien est resté négatif lors des tests de robustesse et de l’analyse par variables instrumentales, qui s’appuyait sur les différences d’exposition aux chocs des prix du pétrole. Les auteurs reconnaissent toutefois que leur analyse des mécanismes ne permet pas d’établir toute la chaîne causale reliant la précarité énergétique, les contraintes financières et les décisions relatives aux portefeuilles.

Pourquoi les factures d’énergie peuvent réduire la capacité d’investir

L’analyse des mécanismes menée dans l’étude met en évidence une baisse des liquidités et des contraintes d’emprunt. Lorsque les dépenses énergétiques essentielles absorbent une part plus importante du revenu, les ménages disposent de moins de liquidités pour faire face à une dépense imprévue. Un accès limité au crédit peut accentuer cette pression.

Cela aide à comprendre pourquoi éviter les actifs risqués peut être une décision rationnelle. Un ménage peut parfaitement comprendre la diversification et les effets de la capitalisation à long terme tout en ayant besoin de garder son épargne disponible pour payer les factures du mois suivant. Les connaissances financières ne permettent pas de lever une contrainte de trésorerie.

Les effets observés étaient également plus marqués chez les ménages urbains et ceux du nord de la Chine. Le lien était plus fort et plus robuste pour le groupe situé entre les 50e et 75e centiles du revenu par habitant que chez les ménages dont le revenu était inférieur à la médiane. La vulnérabilité financière liée à l’énergie ne suit donc pas une progression simple des revenus les plus élevés aux plus faibles.

Pour les ménages qui ont une certaine capacité d’investissement, une hausse des dépenses essentielles peut interrompre leur participation. Ceux qui ne sont déjà pas en mesure d’investir ont moins à perdre en matière de participation. Il s’agit d’une interprétation plausible de cette tendance, et non d’un mécanisme établi par l’étude.

L’accessibilité financière de l’énergie est un enjeu d’inclusion financière

Le contexte plus général confère à cette recherche une portée qui dépasse la Chine, même si ses estimations chiffrées ne doivent pas être transposées directement à d’autres pays. Les systèmes de chauffage, les tarifs de l’électricité, la qualité des logements et les marchés financiers varient considérablement.

L’analyse 2026 de l’Agence internationale de l’énergie sur l’accessibilité financière de l’énergie pour les ménages indique que plus de 120 millions de ménages dans les économies avancées consacrent plus de 10 % de leurs revenus au chauffage résidentiel, à la climatisation et aux appareils. Les dépenses énergétiques peuvent entrer en concurrence avec d’autres besoins essentiels.

Une conséquence est qu’il faut évaluer l’inclusion financière à l’aune d’un usage durable, et pas seulement de la détention d’un compte. Un ménage qui possède un compte de courtage, mais ne dispose d’aucun excédent de trésorerie fiable, a accès aux services financiers au sens technique du terme, mais sa capacité à se constituer un patrimoine reste limitée.

La baisse des dépenses essentielles pourrait aider à préserver un fonds d’urgence, à réduire le recours aux emprunts coûteux ou à investir régulièrement. L’ordre des priorités compte. Renforcer sa résilience financière peut être précieux, même si le premier dollar économisé n’est jamais investi en Bourse.

L’efficacité énergétique peut-elle préserver la capacité d’épargne et d’investissement ?

L’efficacité énergétique constitue une piste de réponse, car elle vise à réduire la quantité d’énergie nécessaire pour assurer le confort. L’isolation, les équipements performants et de meilleurs systèmes de régulation permettent d’agir sur la consommation, sans compter uniquement sur une baisse des prix des combustibles.

La récente analyse de l’électrification de l’AIE explique que les pompes à chaleur captent la chaleur présente dans leur environnement et fournissent généralement plusieurs unités de chaleur pour chaque unité d’énergie consommée. Toutefois, l’efficacité physique ne se traduit pas automatiquement par une baisse des factures des ménages. La rentabilité dépend des prix locaux de l’électricité, du coût du combustible remplacé, du climat et de la qualité de l’installation.

L’innovation ne se limite pas non plus aux appareils individuels. Dans son article d’août 2026 sur la récupération de la chaleur résiduelle des bâtiments intelligents, Securities.io étudie la possibilité d’utiliser la chaleur produite par les activités minières comme ressource énergétique pour les bâtiments. Ces approches illustrent les possibilités plus vastes de réduction du gaspillage, même si leur pertinence dépend de l’adéquation entre l’offre de chaleur et la demande réelle.

Le problème du coût initial

Le principal dilemme est que les ménages soumis à des difficultés financières peuvent avoir du mal à acheter des équipements qui réduiraient leurs dépenses futures. Un coût total avantageux sur toute la durée de vie de l’équipement ne signifie pas nécessairement que le remplacement soit abordable aujourd’hui.

Le Heat Pump Monitor 2026 de l’AIE relève que les coûts initiaux, la complexité de l’installation et les conditions de financement constituent des obstacles au déploiement. Ces difficultés sont directement liées aux problèmes de liquidités mis en évidence par l’étude sur les investissements des ménages.

Prenons l’exemple hypothétique d’une rénovation qui permettrait d’économiser 900 $ par an, mais nécessiterait une dépense initiale de 7 200 $. Hors financement, différences de coûts d’entretien et évolution des prix de l’énergie, le délai de récupération simple serait de huit ans. Des mensualités de remboursement supérieures à 75 $ pourraient absorber les économies estimées tant que le prêt n’est pas remboursé.

Un ménage qui évalue des travaux devrait donc prendre en compte :

  • Le coût total de l’installation après déduction des aides confirmées.
  • Les économies attendues, calculées à partir des tarifs locaux et de conditions d’utilisation réalistes.
  • Les mensualités de remboursement et le montant de l’épargne de précaution restant après l’installation.

Cette approche tient compte de l’accessibilité financière autant que de l’efficacité. Un projet qui réduit la consommation d’énergie tout en épuisant l’épargne de précaution peut, dans un premier temps, fragiliser la résilience du ménage. Une aide ciblée au financement initial ou un prêt structuré de manière appropriée pourrait contribuer à remédier à ce décalage.

Le rôle de Carrier dans l’innovation en matière d’efficacité énergétique

Pour les investisseurs qui s’intéressent aux entreprises développant les équipements indispensables à cette transition, Carrier Global (CARR ) constitue un exemple pertinent. Ses technologies de chauffage et de climatisation visent à réduire la consommation d’énergie dans les logements et les bâtiments commerciaux.

CARR Graphique du prix

Le développement par Carrier de pompes à chaleur adaptées aux climats froids montre comment l’innovation dans les équipements peut élargir les situations où le chauffage électrique performant est une solution pratique. Dans son annonce de juin 2025, l’entreprise indiquait que le système présenté pouvait fonctionner jusqu’à −23 degrés Fahrenheit et conserver sa pleine capacité de chauffage à zéro degré Fahrenheit.

Ces caractéristiques techniques, communiquées par le fabricant, décrivent les capacités de l’équipement. Elles ne garantissent pas un niveau d’économies particulier pour un ménage donné, ce qui nécessite une évaluation propre au bâtiment concerné.

Les perspectives commerciales dépendent de la capacité à transformer les progrès techniques en systèmes installés à un coût abordable. Les cycles de remplacement des équipements, les capacités des installateurs, le financement et les prix de l’électricité peuvent tous influer sur la demande. Les investisseurs devraient évaluer si l’innovation peut soutenir des ventes et une rentabilité durables, en plus d’examiner la solidité de la technologie elle-même.

L’étude menée auprès de ménages chinois n’évalue pas Carrier et ne démontre pas que l’entreprise dispose de perspectives de bénéfices qui lui soient propres. Elle fournit un cadre économique plus général pour considérer l’accessibilité financière de l’énergie comme un enjeu qui dépasse les seules questions environnementales.

Dernières actualités et évolutions de Carrier Global (CARR)

La réduction des dépenses énergétiques peut renforcer la résilience financière

L’étude met en évidence une contrainte concrète souvent absente des débats sur l’accès à l’investissement : les ménages doivent disposer des moyens financiers nécessaires pour prendre des risques d’investissement. Les dépenses essentielles peuvent réduire cette capacité, même lorsque des produits adaptés et des informations financières sont facilement accessibles.

Les technologies d’efficacité énergétique offrent une piste prometteuse, à condition que leurs coûts et leurs avantages soient adaptés au ménage qui les utilise. Les progrès les plus utiles associeront des équipements fiables, des estimations crédibles des économies et des coûts d’installation abordables.

Une moindre charge énergétique ne garantit pas une plus grande détention d’actions. Elle peut toutefois permettre aux ménages de reconstituer leurs réserves et de prendre des décisions à plus long terme. C’est un fondement raisonnable pour l’optimisme et un angle d’analyse pertinent pour évaluer l’innovation dans le secteur de l’énergie.

Références :

1 Bai, C., Shi, Y., Si, Q. et Zhang, W. (2026). Comment la pauvreté énergétique façonne-t-elle l’investissement dans les actifs financiers ? Éléments probants issus des ménages chinois. International Review of Economics and Finance, 112, article 105953. https://doi.org/10.1016/j.iref.2026.105953

Daniel est un ardent défenseur du potentiel de la blockchain pour perturber la finance traditionnelle. Il a une passion profonde pour la technologie et explore toujours les dernières innovations et gadgets.