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Les entreprises crypto s’efforcent de traverser la tempête réglementaire alors que les principaux soutiens de l’industrie se retirent

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Mastercard et Visa (V ), deux des principaux réseaux de paiement, auraient envisagé de reporter certaines nouvelles initiatives liées aux cryptomonnaies. Dans un article du 28 février, Reuters citait des sources anonymes connaissant les projets, qui évoquaient une attente jusqu’à l’amélioration du marché et une plus grande clarté réglementaire. Visa a toutefois contesté cette présentationet déclaré sa stratégie crypto inchangée. Mastercard a également réaffirmé son intérêt pour la technologie blockchain. Ces déclarations ne confirmaient donc pas un retrait général et définitif des deux réseaux.

Le débat faisait suite à plusieurs faillites dans le secteur, dont celle de FTX. La plateforme avait demandé la protection du chapitre 11 en novembre 2022, après une crise de liquidité.

Les réseaux de cartes réévaluent certaines nouvelles initiatives

Les deux réseaux travaillent principalement avec des banques et d’autres institutions pour l’émission des cartes et l’acceptation des paiements, plutôt que de fournir directement tous les services aux consommateurs. En octobre 2022, Visa avait annoncé l’élargissement d’un partenariat avec FTX pour des cartes liées aux comptes de la plateforme. La collaboration a pris fin après la faillite du mois suivant. Des partenariats avec plus de 70 autres sociétés crypto étaient également cités à l’époque. L’absence de perte particulière publiquement déclarée pour l’accord FTX ne démontrait pas l’absence de toute conséquence commerciale.

Mastercard avait collaboré avec Coinbase en janvier 2022 pour faciliter les achats de NFT. En avril, Mastercard et Nexo avaient lancé une carte garantie par des cryptoactifs dans certains marchés européens. Le 22 février 2023, Mastercard et Immersve ont annoncé une solution d’achat depuis des portefeuilles Web3 en Australie et en Nouvelle-Zélande, utilisant l’USDC, plutôt que des paiements directs en Ether. Mastercard avait aussi annoncé en janvier un programme de développement d’artistes musicaux utilisant les outils Web3 de Polygon.

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Coinbase annonce la suspension des échanges de BUSD

Les réseaux de paiement continuaient de défendre leur intérêt pour les blockchains, tout en évoluant dans un marché incertain. Le 27 février, Coinbase a annoncé la suspension des échanges de Binance USD (BUSD) à compter du 13 mars, après réexamen de ses critères de cotation. La mesure concernait Coinbase.com, Coinbase Pro, Coinbase Exchange et Coinbase Prime. Elle ne signifiait pas la confiscation des avoirs des clients.

En février, Paxos a annoncé avoir reçu une notification Wells du personnel de la SEC, signalant une possible recommandation de poursuites et non une décision judiciaire définitive. Séparément, le Département des services financiers de New York (NYDFS) lui a ordonné de cesser l’émission de nouveaux BUSD à compter du 21 février, tandis que Paxos mettait fin au partenariat correspondant avec Binance. Cet arrêt n’était pas imposé par la notification Wells. La SEC a aussi conclu un règlement de 30 millions de dollars avec Kraken sur son programme de staking non enregistré aux États-Unis. La somme comprenait restitution de revenus, intérêts et pénalités civiles ; Kraken a accepté de fermer ce programme aux clients américains.

Les plateformes de prêt et de négociation faisaient également l’objet de contrôles. Le 19 janvier, Nexo a accepté de payer 22,5 millions de dollars à la SEC pour l’offre non enregistrée de son Earn Interest Product. Les clients prêtaient ici des cryptoactifs à Nexo pour percevoir des intérêts, plutôt que d’emprunter eux-mêmes. Un autre règlement de 22,5 millions a été conclu avec les autorités des États pour des questions similaires. L’enregistrement d’une offre ne constitue pas une approbation du produit comme investissement.

Robinhood révèle une demande d’informations de la SEC reçue en décembre

Dans son rapport annuel 10-K, Robinhood a indiqué avoir reçu en décembre 2022 une subpoena d’enquête de la SEC concernant les cryptomonnaies prises en charge, leur conservation et les opérations de la plateforme. La société déclarait coopérer. La demande intervenait après les faillites de 2022, dans un contexte de surveillance accrue du secteur. Le krach de Terra et de LUNA/UST en mai 2022 avait affecté plusieurs entreprises, dont Three Arrows Capital (3AC). Les estimations publiées alors situaient son exposition à LUNA entre 200 et 560 millions de dollars.

Robinhood Crypto faisait aussi état de demandes du procureur général de Californie sur la plateforme, la conservation, les informations fournies aux clients et les actifs proposés. L’affaire du Massachusetts était distincte : elle concernait Robinhood Financial, avec une enquête ouverte en juillet 2020 et une plainte administrative en décembre de cette année. En août 2022, Robinhood Crypto avait conclu un règlement avec NYDFS, assorti d’une pénalité de 30 millions de dollars, pour des lacunes en matière de lutte contre le blanchiment et de cybersécurité. Il ne s’agissait pas d’une nouvelle sanction de février 2023.

DCG rapporte de lourdes pertes après la faillite de 3AC

Le fort endettement de 3AC a amplifié les conséquences de sa faillite pour ses contreparties, provoquant des pertes et des tensions de liquidité. Blockchain.com, Genesis, BlockFi et Voyager figuraient parmi les sociétés touchées. Les effets ont également atteint Digital Currency Group (DCG), maison mère de Genesis.

Selon la mise à jour destinée aux investisseurs pour le quatrième trimestre 2022, rapportée fin février, DCG avait enregistré plus d’un milliard de dollars de pertes annuelles, notamment en raison du défaut de 3AC envers Genesis. Pour le quatrième trimestre, les chiffres cités étaient de 24 millions de pertes et de 143 millions de revenus. La baisse du marché avait aussi pesé. Début février, un projet d’accord avec les créanciers de Genesis prévoyait le transfert de la participation de DCG dans l’activité de négociation de Genesis, puis un processus de vente des activités combinées dans le cadre de la restructuration. Il ne s’agissait pas d’une cession déjà achevée.

Les clients Voyager ayant voté valablement soutiennent le plan avec Binance.US

Une large majorité des votes valides de la classe des titulaires de comptes Voyager soutenait le plan prévoyant l’acquisition d’actifs par Binance.US. Dans le document judiciaire déposé le 28 février, Stretto dénombrait 59 183 votes favorables sur 61 300 bulletins valides de cette classe. Le résultat concernait les votants, et non l’ensemble des clients Voyager.

Le projet rencontrait des objections fédérales et étatiques. Le Texas State Securities Board et le Texas Department of Banking avaient soulevé le 24 février des insuffisances dans les informations communiquées. La SEC s’interrogeait aussi sur la conformité des transactions prévues avec le droit des valeurs mobilières. Ces objections ne constituaient pas un jugement déclarant déjà l’acquisition illégale. Le plan devait être examiné lors de l’audience de faillite du jeudi, les avocats sollicitant l’approbation du tribunal.

Sam est un spécialiste de contenu financier avec un intérêt aigu pour l'espace blockchain. Il a travaillé avec plusieurs entreprises et médias dans les domaines de la finance et de la cybersécurité.