Mégaprojets

NEOM: Réinventer l’Arabie Saoudite et ce que signifie une ville

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NEOM et la Vision Saoudienne 2030: Une nouvelle ville pour une nouvelle économie

Historiquement, il était fréquent que de nouvelles villes soient financées dans des régions inhabitées, représentant l’expansion d’une civilisation vers de nouveaux territoires, comme par exemple les Romains fondant Londinium (Londres), Colonia Claudia Ara Agrippinensium (Cologne), Barcino (Barcelone) et Vindobona (Vienne), ou les puissances occidentales fondant Boston, New Amsterdam (New York), Buenos Aires, São Paulo et de nombreux autres centres urbains dans les Amériques.

C’est beaucoup plus rare à l’époque moderne, et reflète généralement le désir d’un pays de changer la direction de son développement urbain et/ou de sa politique. Par exemple, Brasilia a été créée de toutes pièces dans les années 1950 pour devenir la capitale du Brésil, afin d’établir un centre politique plus situé au centre du pays que Rio de Janeiro.

D’autres pays empruntent cette voie ; par exemple, l’Égypte construit une nouvelle capitale dans le désert, la Nouvelle Capitale Administrative (NCA), prévue pour accueillir finalement 6,5 millions d’habitants.

Un projet similaire se déroule aujourd’hui, mais il est encore plus ambitieux que Brasilia ou la NCA de loin: Saudi Arabia’s NEOM.

Dépendance pétrolière de l’Arabie Saoudite et raisons d’être de NEOM

L’Arabie Saoudite possède une économie célèbre pour être construite sur ses gigantesques ressources énergétiques de pétrole (et un peu de gaz). Le pétrole et le gaz représentent environ 40 % du PIB saoudien, et 70‑80 % des recettes gouvernementales. C’est également essentiellement la seule exportation du pays, le pétrole et le gaz constituant 80‑90 % des exportations.

En pratique, la dépendance au pétrole est encore plus forte, car la survie d’une grande population dans l’extrêmement aride Arabie Saoudite dépend d’un approvisionnement constant en électricité (principalement produite à partir du pétrole et du gaz) et en eau douce fournie par des usines de dessalement, elles‑mêmes alimentées en électricité.

Pour aggraver le problème, la population saoudienne croît rapidement, passant de moins de 3 millions au début des années 1960 à dix fois plus aujourd’hui.

Source: Macrotrends

Passer du pétrole à la technologie verte

Pivot de capacité pétrolière et signaux de transition énergétique

Bien que les réserves ne soient pas encore épuisées, il existe un signe clair que la manne pétrolière touche à sa fin à un moment donné pour l’Arabie Saoudite.

Cela pourrait d’abord être dû à une baisse de la production, car tous les méga‑gisements pétroliers du pays ont été découverts il y a plusieurs décennies, et il est probable que la production stagne à l’avenir. Un fait qui, pour l’instant, est présenté comme un choix.

« Le nombre de plateformes pétrolières en Arabie Saoudite a chuté à son plus bas niveau depuis plus de 20 ans, le royaume se concentrant sur le développement de son infrastructure gazière.

Le 30 janvier 2024, Aramco, cotée en Arabie Saoudite, a annoncé que, sur ordre du gouvernement, elle abandonnait les plans d’extension à 13 millions de barils par jour d’ici 2027, partant de la capacité actuelle de 12 millions de bpd. »

L’autre menace pour l’économie saoudienne est la transition énergétique en cours, qui risque de rendre le pétrole beaucoup moins précieux, alors que les énergies solaire et nucléaire, ainsi que l’électrification généralisée, réduisent la valeur future des combustibles fossiles. Les préoccupations liées au changement climatique n’ont fait qu’accélérer cette tendance.

À l’intérieur de la Vision Saoudienne 2030: Objectifs de diversification

Pour éviter un éventuel effondrement économique et social lorsque le pétrole ne sera plus aussi précieux qu’auparavant, l’Arabie Saoudite cherche à révolutionner le cœur de son économie, la transformant en un pays industriel et technologique moderne.

C’est le cœur de la « Vision 2030 », avec des objectifs très ambitieux:

  • 50 % des exportations saoudiennes seront non pétrolières, contre seulement 18,7 % aujourd’hui.
  • Augmenter la contribution du secteur privé au PIB à 65 %, contre 40 % aujourd’hui
    • Comme presque toutes les dépenses publiques sont aujourd’hui financées par le pétrole, on pourrait soutenir que le pétrole représente en réalité bien plus que 40 % du PIB.
    • Faire passer la contribution des investissements étrangers au PIB de 3,8 % à 5,7 %.
  • Faire passer le rôle des PME (Petites et Moyennes Entreprises) dans le PIB de 20 % à 35 %.
  • Élever le classement de l’Arabie Saoudite dans le Global Logistics Performance Index de la 49e place actuelle à la 25e.
  • Faire passer la participation des femmes à la force de travail de 22 % à 30 %.
  • Réduire le chômage de 12,3 % à 7 %.

Pour atteindre tous ces objectifs, des réformes sociales sont progressivement mises en œuvre, et de meilleurs outils de gouvernance et politiques sont déployés. Mais la partie la plus spectaculaire est une série de mégaprojets visant à remodeler radicalement l’économie saoudienne.

Mégaprojets de la Vision 2030

Au‑delà de NEOM: ROSHN, Red Sea Global, Qiddiya, Diriyah

Alors que la nouvelle mégalopole NEOM est la partie la plus impressionnante des mégaprojets de la Vision 2030, quelques autres méritent également d’être mentionnés:

  • ROSHN: La nouvelle ville construira plus de 400 000 logements, 1 000 écoles et un canal de 11 km pour l’alimenter en eau.
  • The Red Sea Project: Un mégaprojet de tourisme régénératif sur la mer Rouge, visant à construire 50 hôtels avec 8 000 chambres, ainsi que plus de 1 000 résidences sur 22 îles et 6 sites intérieurs.
  • Qiddiya: Un vaste projet de divertissement, incluant Six Flags Qiddiya City, le parc aquatique Aquarabia, un circuit de Formule 1, un quartier gaming et esports, un gigantesque stade et un centre d’arts du spectacle.
  • Diriyah: Le berceau de la Maison de Saoud, cette ville sera transformée par un investissement de 62,2 milliards de dollars en un site touristique durable, avec 38 hôtels et complexes en construction, ainsi que 9 musées, 31 mosquées et 20 000 logements au design traditionnel.

Cependant, l’ensemble de ces projets ne rivalise pas avec l’ambition de NEOM.

Aperçu de NEOM

NEOM tire son nom d’un néologisme signifiant « Nouvel Avenir », dérivé du préfixe grec ancien « neo » (qui signifie « nouveau ») et du mot arabe « Mustaqbal » (qui signifie « avenir »). La lettre « M » rend hommage au nom de l’instigateur du projet, le de‑facto futur dirigeant du pays, le prince héritier Mohammed bin Salman.

La ville et ses projets annexes seront entièrement alimentés par des énergies renouvelables, optimisés pour un impact environnemental minimal, et changeront notre façon de concevoir le fonctionnement d’une ville (par exemple, aucune voiture), tout en transformant presque à lui seul l’Arabie Saoudite traditionnelle et centrée sur le pétrole en une nation futuriste.

Au cœur se trouvera « The Line », entourée des autres projets dans un large rayon de dizaines de kilomètres.

Source: NEOM

Le budget estimé pour ce projet fait l’objet d’un débat animé, avec une estimation initiale de 500 milliards de dollars, mais pouvant atteindre 8,8 trillions dollars, soit 25 fois le budget annuel saoudien.

L’ampleur même de NEOM en a naturellement fait un sujet de débat et de critique, que nous aborderons également ci‑dessous.
Glissez pour faire défiler →

Région Points forts prévus Échelle Statut / Jalons Sources clés
The Line Ville linéaire sans voitures ; accès en 5 min ; train de bout en bout en 20 min Longueur de 170 km ; hauteur de 500 m ; largeur de 200 m ; empreinte de 34 km² ; jusqu’à 9 M d’habitants Objectifs d’échelle à <300 k résidents d’ici 2030 ; construction en cours (Hidden Marina) NEOM, Bloomberg, Dezeen
Oxagon Plateforme industrielle flottante, port, dessalement, hydrogène Zone centrale de 48 km² ; objectif portuaire de 1,5 M TEU Terrassements et approfondissement du port en cours ; grues livrées ; Terminal 1 prévu pour 2026 NEOM, IPCSA, NEOM newsroom
Trojena Station de montagne toute l’année ; ski, lac, 3 600 chambres Surface de 1 413 km² ; sommet le plus haut ~2 600 m En construction ; hôte des Jeux d’hiver asiatiques 2029 (discussions de contingence rapportées) Portail Vision 2030 ; Dezeen
Sindalah Île de luxe ; marina ; commerce haut de gamme ~0,84 km² ; marina de 86 postes d’amarrage Ouverture officielle oct. 2024 ; coût d’environ 4 milliards de dollars (~3 fois le budget initial) Wikipedia ; compte rendu d’opérateur touristique

The Line

Le cœur de NEOM est « The Line », qui serait la première ville linéaire de l’histoire de l’humanité.

Longue de 170 kilomètres (105 miles), la ville s’étirerait directement de la mer Rouge jusqu’au désert saoudien. Malgré cette taille, le réseau ferroviaire à grande vitesse central devrait permettre un temps de trajet maximal inférieur à 20 minutes.

Depuis le centre de la ligne, il ne faudrait pas plus de 5 minutes à pied pour atteindre la nature et toutes les installations. The Line devrait accueillir 9 millions d’habitants.

Des déplacements réduits créeront plus de temps de loisir. Ne pas payer d’assurance automobile, de carburant et de stationnement augmentera le revenu disponible des citoyens.

La ville cherche à minimiser son empreinte et à gagner du temps. Ainsi, habitations, bureaux, parcs et écoles sont empilés verticalement afin de préserver le paysage désertique naturel.

La vision initiale voit ces bâtiments verticaux comme deux structures parallèles massives et continues séparant la ville du désert environnant.

Source: NEOM

L’extérieur aurait une surface réfléchissante, et mesurerait jusqu’à 500 m (1 640 pieds) de hauteur et 200 m (656 pieds) de largeur, réduisant l’empreinte totale à seulement 34 kilomètres carrés (13 miles carrés).

Source: NEOM

Le design devrait générer un flux d’air naturel, réduisant l’impact de la température souvent torride de la région.

Source: NEOM

L’emplacement de The Line a été considéré comme stratégique:

  • Il se situe à moins de 6 heures de vol de 40 % de la population mondiale.
    • The NEOM Bay Airport possède actuellement 2 terminaux, et ne sera qu’un des quatre aéroports prévus dans la ville.
  • Il est proche de la mer Rouge et du canal de Suez, par lesquels 13 % du commerce international transite.
  • Il comprendra des paysages variés, de la côte de la mer Rouge aux déserts en passant par des montagnes enneigées.

Source: NEOM

Oxagon

Au coin sud‑ouest du projet NEOM, au sud de The Line, sera également construit Oxagon, une ville flottante dédiée à la production industrielle.

Le site mesurera 7 kilomètres de largeur (4,3 miles) et 48 kilomètres carrés de surface (18,5 miles carrés). Il sera également alimenté à 100 % par des énergies renouvelables, et devrait héberger 90 000 habitants.

Source: NEOM

Les infrastructures clés comprendront une usine de dessalement, une installation de production d’hydrogène, 4 GW de production d’énergie renouvelable et un institut de recherche marine.

L’objectif principal de la ville sera de créer « des industries de bout en bout », telles que l’hydrogène vert et les énergies propres, les semi‑conducteurs, les centres de données et l’IA, les biotechnologies, le recyclage, etc.

L’infrastructure industrielle sera soutenue logiquement par 2 millions de mètres carrés d’installations portuaires automatisées, incluant un terminal d’une capacité de 1,5 million de TEU (Twenty‑Foot Equivalent Unit).

Trojena

Plus similaire aux autres projets touristiques et destinés aux étrangers que NEOM, Trojena sera une destination montagneuse mondiale toute l’année, offrant ski et sports d’aventure.

Elle sera située dans une région montagneuse de 1 413 kilomètres carrés, dont 57 kilomètres carrés (22 miles carrés) seront dédiés à la construction et au développement. Le pic le plus élevé de la zone s’élève à 2 600 m d’altitude (8 500 pieds).

Le projet comprendra un lac artificiel de 2,8 km², 30 km de pistes de ski, 3 600 chambres d’hôtel et appartements, avec une prévision de 700 000 touristes par an.

La température moyenne annuelle sera de 10 °C, permettant de maintenir la capacité de ski toute l’année.

Sindalah

Réservée aux touristes fortunés et aux « passionnés de yachting », l’île de Sindalah est conçue comme une destination de luxe premium, incluant 3 hôtels de luxe, une marina de 86 postes d’amarrage et 81 boutiques de détail haut de gamme.

En tant que site ultra‑premium, il devrait recevoir seulement 2 400 visiteurs quotidiens et servir de porte d’entrée pour les plus riches vers NEOM.

Critiques de NEOM: Droits humains, budget et retards

Construction & Droits humains

Loin d’être un parangon de démocratie ou de libéralisme, même s’il s’ouvre lentement, l’Arabie Saoudite est souvent la cible d’activistes des droits humains.

Une préoccupation concerne le sort des habitants locaux sur le tracé du projet NEOM. Par exemple, la BBC a rapporté en 2024 que « les forces saoudiennes ont reçu l’ordre « de tuer » pour défricher le terrain destiné à la ville écologique ».

Des villages rasés et des minorités ethniques déplacées (par exemple la tribu Huwaitat) semblent avoir été considérés comme un « prix à payer » pour faire avancer NEOM.

L’opposition au projet, parfois violente, a conduit à une série d’arrestations.

47 autres villageois ont été détenus après avoir résisté aux expulsions, dont beaucoup ont été poursuivis pour des chefs d’accusation liés au terrorisme, selon l’ONU et ALQST. Parmi eux, 40 restent en détention, dont cinq sont condamnés à mort, indique ALQST.

Budget réaliste

Les mégaprojets en Arabie Saoudite, et généralement dans la région du Golfe, ont souvent un démarrage très ambitieux, avec d’importantes relations publiques, pour être ensuite discrètement réduits quelques années plus tard.

Par exemple, les « World Islands » abandonnées qui devaient être construites à Dubaï pour les ultra‑riches.

Source: Unilad

De même, NEOM et les projets associés de la Vision 2030 semblent un peu trop ambitieux, même pour un pays aussi riche en ressources naturelles que l’Arabie Saoudite.

Un problème clé est que le pays est connu pour ses difficultés de corruption, le népotisme et les liens politiques avec la famille royale jouant souvent un rôle plus important que le mérite pour obtenir des contrats.

Alors que les coûts augmentaient, plusieurs rapports de mi‑2025 indiquaient que NEOM envisageait des licenciements d’environ 1 000 postes et le transfert d’environ 1 000 autres employés à Riyad ; les décisions finales n’étaient pas confirmées à ce moment‑là.

Retards

NEOM a été annoncée pour la première fois en 2017. Huit ans plus tard, il reste encore très peu de choses à montrer, et il semble que l’objectif initial de tout avoir opérationnel d’ici 2030 ne se réalisera pas.

Selon Bloomberg, moins de 300 000 personnes vivront dans la ville d’ici 2030, au lieu des 1,5 million attendus. Globalement, il semble que The Line soit la partie du projet qui rencontre le plus de difficultés, ce qui n’est pas surprenant, étant donné que c’est de loin l’élément le plus complexe et le plus vaste de NEOM.

Cela ne veut pas dire qu’aucun progrès n’est réalisé ; une vue aérienne montre la ville en construction. Nommée Hidden Marina, cette première phase de construction devrait suffire à accueillir 200 000 personnes.

Source: Dezeen

En revanche, des progrès sérieux ont été réalisés sur d’autres composantes:

  • En pratique, il semble que l’ouverture ait été un peu prématurée, et il n’y a pas encore beaucoup de visiteurs à Sindalah.
    • Trojena, qui accueillera les Jeux d’hiver asiatiques 2029, progresse également dans sa construction.
  • Mais il se peut qu’il ne soit pas terminé à temps, ou du moins qu’on ne puisse pas garantir son achèvement dans les délais, ce qui pourrait obliger les Jeux d’hiver asiatiques à être déplacés en Corée ou en Chine, ce qui serait un coup dur pour l’image de NEOM.
    • Oxagon progresse également, les travaux de terrassement et d’approfondissement du port industriel étant en cours:

« Nous avons réalisé des progrès supplémentaires sur les activités de déplacement de terre sèche en Arabie Saoudite pour la phase 2 d’Oxagon, en préparation du travail de dragage à aspiration à cutter qui doit démarrer plus tard cette année. »

Conclusion

NEOM est peut‑être l’un des projets les plus ambitieux jamais entrepris, en grande partie alimenté par les richesses exceptionnelles que le pétrole a créées pour l’Arabie Saoudite.

C’est également une tentative impressionnante de réinventer le modèle économique du pays, qui possède aujourd’hui des sources de revenus au‑delà du pétrole et du gaz (et des pèlerinages aux sites saints de l’Islam).

Les parties plus petites et mieux définies de NEOM, comme Sindalah et Trojena, voire Oxagon, semblent être plus en phase, bien que le budget dépasse de plusieurs fois les estimations optimistes initiales.

Cependant, c’est The Line qui déterminera probablement le succès ou l’échec du projet NEOM, car c’est le seul à l’échelle suffisante pour offrir des opportunités économiques et de l’emploi à la grande et croissante population saoudienne.

C’est aussi le seul projet qui n’est pas simplement un autre complexe de luxe pour les ultra‑riches, mais une tentative véritablement innovante de réinventer ce à quoi une ville peut ressembler.

Sur ce point, le design très ambitieux a peut‑être été un peu trop audacieux, avec des coûts probablement dans le multi‑trillions plutôt que les 500 milliards prévus initialement. Avec les prix du pétrole peinant à rester au‑dessus de 70 $/baril, même l’Arabie Saoudite pourrait manquer de fonds pour concrétiser la vision initiale.

Il est probable qu’une version réduite de The Line sera terminée en premier, afin d’avoir quelque chose à montrer d’ici 2030, avec davantage de constructions à venir, financées soit par l’argent pétrolier, soit par des investissements étrangers.

Investir dans NEOM

Saudi Arabia and NEOM are taking outside money for the project, but if you are not a large international fund or enterprise, this is likely not a possibility open to you.

Similarly, the NEOM Investment Fund is mostly a vessel for the Saudi state to channel oil money into the project.

So investors interested in benefiting from NEOM should mostly look to participate through contractors hired to build The Line and other infrastructure.

This includes quite a few companies listed in Europe and in Asia:

  • The Italian WeBuild(MI), hired for $4.7B to build the dam for Trojena.
  • Larsen & Toubro(NS), a large Indian conglomerate with contracts for renewable energy infrastructure.

Air Products & Chemicals

APD Graphique du prix

Among American companies, Air Products & Chemicals is one of the important partners of NEOM, with a role in the creation of what should be the world’s largest green hydrogen plant, in collaboration with the German industrial group Thyssenkrupp (TKA.DE).

The NEOM hydrogen plant, able to produce about 600 tons of hydrogen per day, which will be converted into ~1.2 million tons per year of green ammonia for export, with commissioning targeted around 2027, will include:

  • 257 wind turbines, generating 1.6GW.
  • A 2.2 GW solar farm the size of Manhattan.
  • A dedicated transmission grid to carry all that energy to the hydrogen plant.

Founded in 1940, APD was a producer of purified gas, starting with oxygen used for high‑elevation flights of the US and Allied Air Forces.

Today, APD is the #1 supplier of hydrogen in the world, with $12.1B in sales in 2024.

The company is active in 50 countries, controls 1,800 miles of industrial gas pipelines, and produces from 750+ facilities.

Most of the sales are very stable, embedded into the company’s clients’ industrial process, with contracts lasting 15‑20 years.

Its expertise in hydrogen might make it a key actor in the replacement of fossil fuels by hydrogen or ammonia, including for shipping. In that context, the location of the ammonia plant in the Red Sea makes a lot of sense, as it could refuel ships on route from Europe to Asia.

While NEOM makes for a large part of Air Products’ future projects, it is also not the only one, limiting the risk if it gets delayed some more.

The company has been growing its dividends for 40+ years consecutively, demonstrating its commitment to shareholders. So it could be a good bet to capitalize on NEOM as a green energy hub for ammonia production, irrespective of the cost overrun or delays affecting The Line, with the Oxagon a much more important part of the project for APD.

Dernières actualités boursières d’Air Products & Chemicals (APD) et développements

Jonathan est un ancien chercheur en biochimie qui a travaillé dans l'analyse génétique et les essais cliniques. Il est maintenant analyste boursier et rédacteur financier, spécialisé dans l'innovation, les cycles de marché et la géopolitique dans sa publication 'The Eurasian Century'.