Actifs numériques
Une semaine difficile pour Gemini, Binance et KuCoin en décembre 2022

Les plateformes centralisées d’échange de cryptoactifs ont traversé une semaine difficile en décembre 2022. Après l’effondrement de FTX, leur fonctionnement était examiné de plus près. Fuites de données, avertissements officiels et limites des rapports sur les réserves alimentaient l’incertitude. Ce point d’actualité décrit la situation au 16 décembre 2022.
Gemini
Les informations de la semaine faisaient état d’une interruption de Gemini de plus de sept heures, pendant laquelle les clients ne pouvaient pas accéder à leurs comptes. Cointelegraph rapportait aussi avoir obtenu des documents sur une fuite de données. Gemini a répondu à l’incident en expliquant :
« Certains clients de Gemini ont été visés par des campagnes d’hameçonnage que nous pensons liées à un incident chez un prestataire externe. Des adresses électroniques et des numéros de téléphone partiels ont été recueillis. Les informations des comptes et les systèmes de Gemini n’ont pas été touchés par cet incident externe, et les fonds ainsi que les comptes des clients restent en sécurité. » Il s’agissait de la déclaration de l’entreprise du 14 décembre, pas d’une évaluation indépendante de tous ses risques.
Selon les articles de presse, les données comprenaient environ 5,7 millions d’enregistrements. Cela ne prouvait pas à lui seul qu’autant de clients uniques étaient concernés. Une fuite de données ne doit pas non plus être automatiquement assimilée au doxxing, c’est-à-dire à la divulgation délibérée de renseignements personnels. Dans une actualité distincte et plus positive, Gemini a annoncé le 16 décembre l’ouverture de ses services aux clients de Grèce et de Bulgarie, dans le cadre de son expansion internationale.
Binance
Binance a subi une forte pression. La portée de son rapport sur les réserves était contestée et Mazars aurait suspendu l’établissement de ces rapports pour les entreprises du secteur. Les commentaires du dirigeant Changpeng Zhao, dit CZ, sur la conservation personnelle des cryptoactifs ont également suscité des débats. Des clients ont retiré leurs fonds, sans que l’on puisse attribuer tous ces mouvements à une cause unique.
Binance affirmait avoir traité un important volume de retraits. La prudence après FTX était compréhensible et ne pouvait pas être automatiquement qualifiée d’excessive. L’article original citait une analyse de la blockchain par CryptoQuant qui confortait certaines observations sur les réserves en bitcoins. Cela ne vérifiait ni l’ensemble du passif ni la solvabilité de toute l’entreprise. Le travail de Mazars était un rapport de procédures convenues, sans opinion d’audit ni conclusion d’assurance.
La gestion des retraits pouvait influencer la réputation, mais ne constituait pas un test de résistance officiel ni une garantie de solvabilité future. Cette appréciation concernait les informations disponibles en décembre 2022.
KuCoin
La banque centrale néerlandaise DNB a, de son côté, publié un avertissement concernant MEK Global Limited, qui exerçait sous le nom de KuCoin :
« MEK Global Limited (MGL), qui opère sous le nom de KuCoin, fournit des services sur cryptoactifs aux Pays-Bas sans l’enregistrement légal requis auprès de DNB. Elle ne respecte donc pas la loi néerlandaise de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, Wwft, et propose illégalement des services d’échange entre monnaies virtuelles et fiduciaires ainsi que des portefeuilles de conservation. »
DNB précisait le 15 décembre 2022 que les clients de MGL n’enfreignaient pas eux-mêmes cette obligation d’enregistrement. Son absence pouvait néanmoins accroître leur risque d’être impliqués dans des opérations de blanchiment ou de financement du terrorisme. L’avertissement n’accusait pas chaque client d’avoir commis une infraction.
DNB avait déjà averti Binance en août 2021. En avril 2022, elle lui avait infligé une amende de 3,325 millions d’euros pour des services fournis sans enregistrement ; l’équivalent en dollars dépendait du taux de change. Le paiement d’une sanction ne valait pas, à lui seul, enregistrement ni résolution de toutes les questions réglementaires.












