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Arbitrum connaît des débuts difficiles dans la gouvernance communautaire après l’airdrop

Après l’airdrop d’ARB du 23 mars 2023, Arbitrum a voulu avancer vers une gouvernance communautaire. La première proposition, AIP-1, a toutefois provoqué un différend sur le budget de la fondation et sur la ratification de décisions déjà exécutées. Cet article décrit la situation au début d’avril 2023.
Des débuts mouvementés pour ARB et sa gouvernance
Arbitrum Odyssey était un programme d’activités distinct lancé en 2022. Les adresses éligibles pouvaient réclamer leurs ARB à partir du 23 mars 2023. Le débat sur la gouvernance concernait notamment la concordance entre la mise en œuvre et la communication initiale du projet. Le plan donnait à une DAO des pouvoirs de décision sur Arbitrum One et Arbitrum Nova. L’offre initiale totale était de dix milliards d’ARB, sans que tous soient en circulation. Environ 55,53 % étaient destinés à des objectifs liés à la communauté.
Sur l’offre initiale, 11,62 % étaient réservés à l’airdrop des utilisateurs, 1,13 % aux DAO de l’écosystème et 42,78 % à la catégorie initialement présentée comme trésorerie de la DAO. Les 44,47 % restants se partageaient entre équipe, contributeurs et conseillers (26,94 %) et investisseurs (17,53 %). Tous ces jetons n’étaient pas vendables dès le lancement.

Répartition de l’offre initiale d’ARB. Source : Dune Analytics/Blockworks
La part de l’équipe et des investisseurs a suscité des débats. Arbitrum présentait ce modèle comme une étape vers la décentralisation. Steven Goldfeder, directeur général d’Offchain Labs, indiquait que l’entreprise resterait prestataire de services tandis que la DAO recevrait de nouveaux pouvoirs de gouvernance.
L’airdrop amorce la transition vers la gouvernance de la DAO
Avant l’airdrop, Coinbase a ajouté ARB à sa feuille de route de cotations possibles. Certaines plateformes proposaient des reconnaissances de dette liées aux futurs jetons. Bitrue, Huobi (devenu HTX), MEXC, Binance et Bybit figuraient parmi les plateformes ayant annoncé des cotations. L’intérêt a accru l’activité sur Arbitrum. L’article indiquait alors environ 5,8 milliards de dollars de valeur totale sécurisée selon L2Beat. Ce chiffre historique n’est pas nécessairement identique à la TVL des protocoles DeFi.

Graphique de la valeur sécurisée sur Arbitrum
Selon les mesures de L2Beat à l’époque, Arbitrum représentait environ 55 % du marché comparé des solutions Ethereum de couche 2. Arbitrum One avait migré vers Nitro le 31 août 2022. Les développeurs mettaient en avant le traçage Geth, une capacité accrue et une meilleure intégration à Ethereum. Le gain annoncé de sept à dix fois en capacité ne garantissait pas une réduction équivalente du temps d’attente de chaque transaction.
Avant l’airdrop, Goldfeder expliquait qu’Arbitrum avait privilégié les développements techniques, notamment les mécanismes permettant de prouver des transactions invalides, plutôt qu’un lancement plus précoce du jeton. C’était son explication du calendrier comparé à celui d’Optimism.
Des signalements de portefeuilles compromis
La société Arkham Intelligence a signalé le 20 mars 2023 qu’environ 2 400 adresses éligibles à l’airdrop pouvaient être compromises. Selon ce signalement, jusqu’à trois millions d’ARB, soit environ 0,26 % de l’allocation aux utilisateurs, pouvaient être menacés. Cela ne démontrait pas une compromission de tout le réseau Arbitrum. Si un attaquant possède les clés privées, révoquer une autorisation de contrat ne rétablit pas à lui seul la sécurité : l’attaquant peut toujours signer des transactions.
L’article évoquait une course pour réclamer les jetons avant l’attaquant et la possibilité de bloquer des adresses. Aucune de ces options ne constituait une solution garantie, et le blocage pouvait aussi pénaliser les propriétaires légitimes. Les outils de transactions privées propres à Ethereum ne pouvaient pas être supposés fonctionner de manière identique sur Arbitrum.
Le budget de la fondation suscite des désaccords
AIP-1 portait notamment sur 750 millions d’ARB destinés au budget administratif de l’Arbitrum Foundation, alors évalués à près d’un milliard de dollars. Selon la fondation, cette somme avait déjà été séparée de la catégorie auparavant présentée globalement comme trésorerie de la DAO. Il ne s’agissait pas d’une augmentation de l’offre initiale totale. Le budget devait financer le fonctionnement, les prestataires et des subventions spéciales au développement.

La répartition d’ARB en discussion
Outre le montant, des participants critiquaient les dispositions de l’AIP-1 sur la marge de manœuvre de la fondation pour attribuer les subventions. Le différend s’est aggravé lorsqu’il est apparu que les jetons avaient déjà été transférés et qu’une partie avait été utilisée avant la fin du vote. Les critiques concernaient la transparence et l’absence d’autorisation préalable.
Le déroulement de la première proposition
AIP-1 décrivait l’Arbitrum Foundation aux îles Caïmans et un compte budgétaire administratif sous son contrôle. Sur les 750 millions d’ARB initiaux, 50 millions avaient déjà été transférés ailleurs, expliquant un solde proche de 700 millions. Cela ne signifiait pas que toute la somme avait été vendue.
Des inquiétudes sur la décentralisation
La présentation initiale de la trésorerie de la DAO portait sur 4,278 milliards d’ARB. Le retrait de 750 millions pour la fondation laissait environ 3,528 milliards avant d’autres petits mouvements. La controverse concernait surtout l’utilisation anticipée du budget et le manque de critères clairs pour les subventions.
ARB conférant des droits de gouvernance, de nombreux participants jugeaient insuffisante une ratification après coup. La fondation a décidé de scinder AIP-1 en propositions plus petites. Cela ne signifiait pas que tous les votes initiaux avaient été effacés.
La fondation annonce des propositions plus petites
Le 2 avril, la fondation reconnaissait qu’AIP-1 ne serait probablement pas adoptée et promettait des propositions distinctes sur le budget, la transparence et les subventions. Affirmer que les 50 millions d’ARB transférés avaient tous été vendus confondait plusieurs utilisations.
Les critiques et la réponse de la fondation
La fondation a publié une mise à jour le 2 avril 2023. Selon son explication, 40 millions d’ARB avaient été prêtés à un acteur de marché identifié dans les débats comme Wintermute. Les dix millions restants avaient été convertis en monnaie classique pour payer des contrats existants et des dépenses de fonctionnement proches. L’explication n’a pas éteint les critiques ; certains y voyaient une tentative de rétablir la confiance.
« Si l’équipe avait besoin de financement, elle aurait dû le dire clairement. Vous ne pouvez pas faire comme si tout allait bien, puis piller secrètement la trésorerie et attendre que les gens l’acceptent. Parler ensuite de ratification ne résout pas le problème. Cela ressemble aux projets qui lancent et vendent des jetons en profitant de la peur des investisseurs de manquer une occasion. Il semble évident que vous avez essayé de dissimuler votre financement dans une vaste proposition, en espérant que personne ne le remarque. »
D’autres estimaient que la fondation devrait proposer de racheter les jetons vendus et laisser la DAO discuter des critères, calendriers et méthodes de futures allocations et ventes.
« Il faut un nombre incroyable de mots pour dire que le vote n’avait pas de sens. Les détenteurs doivent comprendre les achats et ventes d’ARB maintenant que le jeton se négocie. L’incertitude sur la part des jetons de la fondation vendue à l’insu des utilisateurs provoque la panique. Il faut beaucoup plus de transparence sur les soldes, les calendriers et les méthodes de vente. »
Ces commentaires exprimaient les critiques de participants au forum, et non des conclusions juridiques établies. La fondation annonçait un vote séparé sur les 750 millions d’ARB et envisageait une libération progressive sur quatre ans. Le programme de subventions devait être renommé Fonds de développement de l’écosystème et décrit plus précisément.
« AIP-1 est trop vaste et couvre trop de sujets. Nous suivrons les conseils de la DAO et scinderons la proposition », écrivait le représentant de la fondation.
La fondation disait ne pas prévoir de nouvelles ventes à court terme et vouloir proposer des rapports de transparence sur l’utilisation du budget. Patrick McCorry expliquait sur le forum qu’AIP-1 était considérée comme la ratification d’une organisation déjà créée, et non comme une première demande de fonds. Il comparait la création d’une DAO au dilemme de l’œuf et de la poule. Cette justification ne supprimait pas la responsabilité de la fondation envers la DAO. Ani Banerjee, Campbell Law et Edward Noyons étaient les administrateurs cités dans la proposition.
L’évolution historique du cours d’ARB
ARB a baissé pendant le week-end évoqué, au début d’avril 2023, parallèlement au différend sur la gouvernance. L’article indiquait un cours proche de 1,21 dollar et un recul quotidien d’environ 5 %. Il s’agissait de données historiques, pas de cours actuels ni de la preuve d’une cause unique. La baisse annoncée de 89 % dépend du choix d’un cours d’introduction momentané et ne doit pas être interprétée comme une mesure incontestable du rendement depuis l’airdrop.

Graphique historique du cours ARB/USD
Le vote initial devait se terminer le 3 avril 2023. Après les nouvelles informations, davantage de participants ont choisi de voter contre la proposition. Les 82,92 % de voix contre et 1,85 % d’abstentions indiqués décrivaient la situation à cet instant, pas nécessairement le résultat final. La fondation espérait alors présenter des propositions plus petites dans la suite de la même semaine.












